Sud-Kivu : 170 000 civils pris au piège, l'ONU alerte sur une catastrophe humanitaire

Sud-Kivu : 170 000 civils pris au piège, l'ONU alerte sur une catastrophe humanitaire

Dans l’est de la RDC, les groupes armés asphyxient des populations entières en bloquant l’aide humanitaire. À Minembwe, le taux de mortalité lié à la malnutrition frôle les 30%.

Une crise humanitaire d'une rare violence se déroule dans l'ombre, dans les territoires de Fizi et de Mwenga, au Sud-Kivu. Selon un récent rapport du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (BCAH), plus de 170 000 habitants sont coupés de toute aide essentielle, pris en tenaille par les restrictions imposées par les groupes armés qui ravagent la région. Une situation que l'ONU qualifie, sans détour, de « catastrophique ».


Un siège humanitaire


Depuis le mois de mai, les principaux axes routiers, véritables artères vitales, sont sciemment fermés. Les localités de Minembwe et d'Itombwe sont désormais « quasiment isolées du monde ». Les humanitaires, menacés, ont dû plier bagage. « Les menaces proférées ont contraint plusieurs ONG à se retirer de ces zones », confirme le BCAH, impuissant. Le résultat est un isolement calculé, un blocus qui frappe de plein fouet les civils, piégés par des combats persistants.


L’enfer à Minembwe : malnutrition et médicaments fantômes


Les conséquences, comme prévu, sont dévastatrices. Le système de santé, à bout de souffle, s'effondre. À l'hôpital de Minembwe, le chiffre glace le sang : le taux de mortalité dû à la malnutrition atteint près de 30%. Imaginez : un enfant sur trois admis pour faim sévère n'en sort pas vivant. Les pharmacies sont vides, les traitements pour des maladies pourtant curables sont devenus un luxe inaccessible.



Dans le même temps, la sécurité alimentaire s'effondre. Le blocus routier a engendré une flambée des prix vertigineuse. Des denrées de base comme le sucre et le manioc, autrefois accessibles, sont devenues des produits de luxe. Depuis janvier, le prix du sucre a été multiplié par six et celui du manioc par trois. Une inflation qui condamne des milliers de familles à la disette.


L’ombre du M23 et l’appel désespéré de l’ONU


Cette crise s'inscrit dans un conflit plus large qui ensanglante l'est de la RDC depuis des années. Le rapport note que les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) ont étendu leur emprise sur de vastes territoires du Nord et du Sud-Kivu, contribuant à l'instabilité généralisée.



Face à l'urgence, le BCAH lance un appel solennel à toutes les parties au conflit : protéger les civils et « garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave ». Mais sur le terrain, les mots de l'ONU peinent à percer le vacarme des armes. Pour 170 000 personnes, le temps n'est plus aux rapports, mais à la survie. Chaque jour de retard se paie en vies humaines.


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Sud-Kivu: 170,000 Civilians Trapped, UN Warns of Humanitarian Catastrophe


In eastern DRC, armed groups are suffocating entire populations by blocking humanitarian aid. In Minembwe, the mortality rate linked to malnutrition is close to 30%.



 A severe humanitarian crisis is unfolding in the shadows in the territories of Fizi and Mwenga, in South Kivu. According to a recent report from the UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs (OCHA), more than 170,000 people are cut off from all essential aid, caught in a stranglehold by restrictions imposed by armed groups ravaging the region. A situation the UN bluntly describes as "catastrophic."



A Humanitarian Siege



Since May, the main supply routes, vital arteries for the region, have been deliberately closed. The towns of Minembwe and Itombwe are now "virtually isolated from the world." Aid workers, under threat, have been forced to withdraw. "The threats made have forced several NGOs to withdraw from these areas," confirms OCHA, powerless. The result is a calculated isolation, a blockade that directly targets civilians, trapped by persistent fighting.



Hell in Minembwe: Malnutrition and Ghost Medicines



The consequences are, as expected, devastating. The healthcare system, on its last legs, is collapsing. At the Minembwe hospital, the statistic is chilling: the mortality rate due to malnutrition is close to 30%. Imagine: one in three children admitted for severe hunger does not survive. Pharmacies are empty, treatments for otherwise curable diseases have become an inaccessible luxury.



At the same time, food security is collapsing. The road blockade has led to a dizzying spike in prices. Staple foods like sugar and cassava, once accessible, have become luxury items. Since January, the price of sugar has increased sixfold and the price of cassava has tripled. This inflation condemns thousands of families to starvation.



The Shadow of M23 and the UN's Desperate Appeal



This crisis is part of a larger conflict that has been plaguing eastern DRC for years. The report notes that the March 23 Movement (M23) rebels have expanded their control over vast territories in North and South Kivu, contributing to the widespread instability.



Faced with the emergency, OCHA is making a solemn appeal to all parties to the conflict: protect civilians and "guarantee safe and unhindered humanitarian access." But on the ground, the UN's words are struggling to be heard over the noise of weapons. For 170,000 people, the time for reports is over; it's now about survival. Every day of delay is paid for in human lives.


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Didier Cebas K.

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