Mota dément une exclusion déjà annoncée
Dans une déclaration qui a surpris plus d’un, le président par intérim du MRC a tenu à clarifier la situation :
« Des rumeurs persistantes font état de l'exclusion d’Okala Ebode du MRC. Je tiens à rassurer tout le monde qu’aucune décision définitive n’a été prise dans ce sens. Le CNMA a soumis les conclusions de sa séance et elles sont en étude ».
Cette sortie vient contredire les informations confirmées hier par Me Simh et d’autres dirigeants du parti, plongeant l’opinion dans une certaine confusion.
Ce que le MRC reproche à Okala Ebode
Selon des confidences rapportées par la journaliste Angie Forbin, l’exclusion d’Okala Ebode aurait presque fait l’unanimité lors du conclave des dirigeants du parti, à l’exception de Sam Ekole qui aurait exprimé des réserves liées à « l’état psychologique » de l’intéressé.
Parmi les griefs retenus contre l’ex-trésorier national adjoint du parti :
- Avoir demandé à Maurice Kamto, lors d’un repas à Odza, de ne plus revenir à la tête du MRC.
- S’appuyer sur le contexte hostile du gouvernement envers Kamto pour contester tout retour de celui-ci à la présidence du parti.
- Être déjà sous le coup d’une sanction disciplinaire antérieure.
- Avoir menacé physiquement une membre du directoire.
- Revendiquer une capacité de « nuisance » pouvant « ébranler le parti ».
- Accuser Maurice Kamto et son bel-oncle Alain Fogué d’être « des pions de la France ».
- Avoir fait l’objet d’une plainte déposée par Fogué devant les instances du parti.
Selon plusieurs sources, ces charges cumulées auraient motivé une décision d’exclusion… que Mota refuse de valider pour l’instant.
Okala Ebode sort du silence et accuse
Dans une réaction exclusive, Okala Ebode dénonce une cabale interne :
– Il affirme que Maurice Kamto chercherait à revenir à la tête du parti “par tous les moyens”, au détriment de l’intérêt général.
– Il rejette toute accusation de rapprochement avec le régime ou avec le ministre Atanga Nji : « De la pure calomnie ».
– Il évoque l’existence d’un “cartel” qui aurait pris le MRC en otage.
Une accusation lourde qui renforce l’image d’un parti fracturé.
La lettre explosive d’Okala : une bombe politique
Dans une longue missive qui circule dans les réseaux militants, Okala Ebode développe une série d’arguments pour dénoncer un possible retour de Maurice Kamto à la présidence du MRC.
Il évoque notamment :
1) Une rupture de la parole donnée
Pour lui, Kamto avait déclaré publiquement s’être retiré des affaires du parti. Revenir aujourd’hui briserait la confiance interne.
2) Une désacralisation des organes et des textes
Court-circuiter la Convention nationale serait créer une jurisprudence dangereuse, un “passe-droit” qui affaiblirait les institutions du parti.
3) Un contresens politique dans un Cameroun en transition
Le pays vit selon lui une phase de renouvellement générationnel qui exige des institutions fortes, non un “culte des hommes”.
4) Le risque de lisibilité externe et de confusion politique
Il rappelle les incohérences passées, notamment le boycott des municipales et législatives de 2020, contraire à des déclarations antérieures.
5) Un impact négatif sur les élections de 2026
Tout vice de procédure au sommet pourrait paralyser le parti et offrir une prise judiciaire à l’adversaire.
6) Une projection d’avenir basée sur les institutions
Il cite Sankara : « Il faut oser inventer l’avenir », plaidant pour une “mue institutionnelle”.
Okala conclut en rappelant que seule la Convention nationale détient le pouvoir de modifier les textes ou d’élire la présidence, rejetant les arguments du Conseil national.
Une crise qui rebat les cartes
Entre accusations croisées, divergences de communication et tensions idéologiques, le MRC traverse l’une des plus sérieuses secousses internes de son histoire.
Et pendant que le CNMA poursuit l’étude des conclusions du conclave, les militants retiennent leur souffle.
MRC Crisis: Confusion, Accusations and Power Struggles at the Top
The MRC is facing a major internal crisis marked by contradictory announcements and escalating accusations. While several party officials confirmed the exclusion of Okala Ebode, interim president Mamadou Mota denied that any final decision has been made.
Okala Ebode, accused of insubordination, threats, and undermining party leadership, rejects all allegations. He claims that Maurice Kamto is trying to return to the head of the party “at all costs” and says a “cartel” has taken control of the MRC.
In an explosive letter, Okala argues that Kamto’s potential comeback would violate internal rules, damage the party’s credibility, and threaten future elections, especially in 2026. He insists on the importance of strong institutions over strong personalities.
The party remains deeply divided as the CNMA continues reviewing its findings, leaving militants and observers waiting for clarity.
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Ange NGO