Soudan : 50 000 Civils Pris au piège à El Facher, Otages d'une Guerre sans fin

Soudan : 50 000 Civils Pris au piège à El Facher, Otages d'une Guerre sans fin

Les Forces de Soutien Rapide (FSR) retiennent des dizaines de milliers de civils en violation flagrante du droit humanitaire, tandis que le pays sombre dans la pire crise humanitaire de la planète.

Une information glaçante, rapportée par le Sudan Tribune, jette une lumière crue sur l'enfer que vit le Soudan. Dans la ville stratégique d'El Facher, capitale de l'État du Darfour du Nord, plus de 50 000 civils seraient détenus contre leur gré par les Forces de Soutien Rapide (FSR) de Mohamed Hamdan Dagalo, dit « Hemeti ». Une situation de détention de masse qui confine à la prise d'otages à grande échelle.


Une Prison à Ciel Ouvert


Selon les sources du journal et des témoins oculaires, les populations sont retenues dans plusieurs sites : le port, le campus universitaire, l'hôpital et le village de Garni, pourtant présenté par les FSR comme un point de ralliement pour les évacuations. Les militaires interdisent tout simplement aux gens de quitter ces lieux, les coupant du monde en confisquant les téléphones portables et les kits de communication satellite Starlink, leur dernier lien avec l'extérieur.



Ce verrouillage intervient après la chute d'El Facher, dernier bastion de l'armée régulière soudanaise dans le Darfour, après un an et demi de siège. Une victoire stratégique amère pour les FSR qui, comme le souligne la BBC, a effectivement coupé le pays en deux, créant une fracture territoriale et humaine aux conséquences incalculables.


Un Contexte Apocalyptique


Le drame qui se joue à El Facher n'est qu'un épisode de la catastrophe nationale qui ravage le Soudan. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dresse un bilan accablant :

 



  •     Plus de 12 millions de déplacés : la plus grande crise de déplacement au monde.

  •     Plus de 30 millions de Soudanais ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence.

  •     70 à 80% des structures de santé dans les zones de conflit sont hors service.

  •     Une épidémie de choléra, la pire depuis des années, a déjà emporté plus de 2 400 vies.




Malgré les appels répétés et les rounds de discussions à Djeddah, les deux généraux ennemis, Abdel Fattah al-Burhan, chef de l'armée, et son ancien adjoint Hemeti, continuent leur guerre sans merci. Les cessez-le-feu, annoncés puis violés, ne sont que des leurres qui n'ont jamais permis de mettre un terme aux souffrances de la population.



Alors que le CICR tente de porter secours « malgré un accès très limité et une sécurité dégradée », la communauté internationale assiste, impuissante, à l'effondrement d'une nation et à l'emprisonnement de tout un peuple. Le sort des 50 000 civis d'El Facher est un cri d'alarme : au Soudan, le pire est en train d'arriver.

 




Sudan: 50,000 Civilians Trapped in El Fasher, Hostages to an Endless War


Rapid Support Forces (RSF) are holding tens of thousands of civilians in a flagrant violation of humanitarian law, as the country plunges into the world's worst humanitarian crisis.



 A chilling report from the Sudan Tribune has shed light on the hell unfolding in Sudan. In the strategic city of El Fasher, the capital of North Darfur State, more than 50,000 civilians are reportedly being held against their will by the Rapid Support Forces (RSF) of Mohamed Hamdan Dagalo, known as "Hemeti." A situation of mass detention that amounts to large-scale hostage-taking.



An Open-Air Prison



According to the newspaper's sources and eyewitnesses, people are being held in several locations: the port, the university campus, the hospital, and the village of Garni, which the RSF had previously designated as a gathering point for those wishing to leave the city. The militiamen are simply forbidding people from leaving these areas, cutting them off from the world by confiscating mobile phones and Starlink satellite communication kits, their last lifeline to the outside world.



This lockdown comes after the fall of El Fasher, the army's last stronghold in Darfur, after a year and a half of siege. A bitter strategic victory for the RSF that, as the BBC notes, has effectively split the country in two, creating a territorial and human divide with incalculable consequences.



An Apocalyptic Context



The drama in El Fasher is just one episode of the national catastrophe ravaging Sudan. The International Committee of the Red Cross (ICRC) paints a devastating picture:



  •     Over 12 million displaced people: the largest displacement crisis in the world.

  •     Over 30 million Sudanese are in need of urgent humanitarian assistance.

  •     70-80% of health facilities in conflict zones are non-operational.

  •     A cholera outbreak, the worst in years, has already claimed over 2,400 lives.




Despite repeated appeals and rounds of talks in Jeddah, the two rival generals, army chief Abdel Fattah al-Burhan and his former deputy Hemeti, continue their ruthless war. Announced then violated ceasefires have been nothing but decoys, failing to end the population's suffering.



As the ICRC struggles to provide aid "despite very limited access and a deteriorating security situation," the international community watches helplessly as a nation collapses and its people are imprisoned. The plight of the 50,000 civilians in El Fasher is a stark warning: in Sudan, the worst is happening.

 


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Moussa Nassourou

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