Cette accusation extrême, révélée par Reuters et confirmée par des documents judiciaires, fait suite aux violentes manifestations qui ont secoué le pays le jour du scrutin, le 29 octobre.
Selon les documents du ministère public, les accusés sont soupçonnés d'avoir eu "l'intention de perturber les élections générales de 2025 dans le but d'intimider l'exécutif tanzanien". Ils leur est également reproché d'avoir causé d'importants dégâts sur les biens publics.
Un scrutin sous tension et dans le sang
La journée électorale a été marquée par une flambée de violence inédite. Des témoins ont rapporté des affrontements d'une rare intensité entre des manifestants et les forces de l'ordre. La colère a incendié des véhicules, des stations-service, des commissariats et des bâtiments publics. Pour rétablir l'ordre, la police n'a pas hésité à tirer à balles réelles et à utiliser des gaz lacrymogènes pour disperser les foules.
La racine de ce mécontentement ? L'exclusion de la course à la présidence des deux principaux adversaires de la présidente sortante, Samia Suluhu Hassan. Les manifestants dénoncent une répression croissante contre toute voix critique. Le prix de cette répression a été lourd : le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a fait état d'au moins dix morts lors de ces manifestations. Un bilan que le gouvernement tanzanien n'a, à ce jour, toujours pas confirmé.
Une victoire écrasante dans un climat de crise
Sur fond de cette crise, la commission électorale a proclamé, le 1er novembre, la présidente Samia Suluhu Hassan vainqueur de l'élection présidentielle avec un score sans appel de 97,66 % des voix. Deux jours plus tard, elle prêtait serment et entamait officiellement son mandat.
Mais cette inauguration solennelle ne peut masquer la profonde fracture révélée par ces événements. L'inculpation pour haute trahison de près d'une centaine de personnes envoie un signal fort et glaçant sur la tolérance du régime face à la contestation. Une stratégie du choc qui risque de laisser des traces durables dans le paysage politique tanzanien.
Tanzania Shocker: 98 Charged with Treason in Post-Election Crackdown
The political tension in Tanzania is not subsiding. A week after a highly controversial general election, the public prosecutor has dropped a bombshell by charging 98 citizens with treason, a crime punishable by death. This extreme accusation, revealed by Reuters and confirmed by court documents, follows the violent protests that shook the country on election day, October 29.
According to the public prosecutor's documents, the accused are suspected of having "intended to disrupt the 2025 general elections with the aim of intimidating the Tanzanian executive." They are also accused of causing significant damage to public property.
A Bloody and Tense Poll
Election day was marked by an unprecedented surge of violence. Witnesses reported clashes of rare intensity between protesters and security forces. Anger set vehicles, gas stations, police stations, and public buildings ablaze. To restore order, police did not hesitate to fire live ammunition and use tear gas to disperse the crowds.
The root of this discontent? The exclusion of the two main opponents of incumbent President Samia Suluhu Hassan from the presidential race. Protesters denounce a growing repression of critical voices. The price of this crackdown was heavy: the UN High Commissioner for Human Rights reported at least ten deaths during these protests. A death toll the Tanzanian government has still not confirmed to date.
A Landslide Victory Amid Crisis
Against the backdrop of this crisis, the electoral commission proclaimed President Samia Suluhu Hassan the winner of the presidential election on November 1st with a staggering 97.66% of the vote. Two days later, she was sworn in and officially began her term.
However, this solemn inauguration cannot hide the deep fracture revealed by these events. The treason charges against nearly a hundred people send a strong and chilling signal about the regime's tolerance for dissent. A shock strategy that is likely to leave a lasting mark on the Tanzanian political landscape.
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Didier Cebas K.