Népal en feu : 15.000 prisonniers en cavale, un gouvernement de transition en gestation

Népal en feu : 15.000 prisonniers en cavale, un gouvernement de transition en gestation

Le Népal vit ses heures les plus sombres depuis la chute de la monarchie. Plus de 15.000 détenus se sont échappés de 25 prisons à travers le pays lors d’émeutes sanglantes, marquant la plus grande évasion carcérale de l’histoire du pays, selon le quotidien Kathmandu Post. Parmi les fugitifs figurent des criminels lourdement condamnés pour meurtres, viols, enlèvements et traite d’êtres humains.

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Le directeur du département de la gestion des prisons, Lila Prasad Sharma, a confirmé que toutes les forces de sécurité étaient mobilisées pour rattraper les évadés. « Nous utilisons toutes les ressources disponibles pour ramener les détenus derrière les barreaux dans les plus brefs délais », a-t-il déclaré.



Ces évasions massives surviennent alors que le pays est secoué par une vague de contestation contre la corruption et la récente interdiction des réseaux sociaux. Les 8 et 9 septembre, Katmandou et plusieurs grandes villes ont été le théâtre d’émeutes violentes : plus de 30 morts et 1.000 blessés selon le ministère népalais de la Santé. Le Parlement, la Cour suprême et d’autres institutions ont été incendiés, forçant le Premier ministre Sharma Oli à présenter sa démission.



Face à l’effondrement politique, l’armée a pris les devants. L’ancienne présidente de la Cour suprême, Sushila Karki, a été propulsée favorite pour diriger un gouvernement de transition. Soutenue par les militaires et une partie des manifestants du mouvement Gen-Z, elle promet de rétablir la paix et d’organiser des élections dans un délai de six mois à un an. « Je ne suis pas politicienne, je suis juge. Mon rôle est d’assurer des élections crédibles et de transférer le pouvoir », a-t-elle insisté.



La rue reste cependant divisée : des factions étudiantes et des partisans de maires influents comme Balendra Shah (Katmandou) et Harka Sampang (Dharan) contestent son leadership. Devant le siège de l’armée, les slogans pro-candidats ont fusé, contraignant les forces de l’ordre à utiliser des haut-parleurs pour calmer la foule.



En attendant, le pays reste sous couvre-feu partiel, assoupli seulement à certaines heures de la journée. Le mouvement Gen-Z, fer de lance de la révolte, refuse toute compromission et réclame une refondation totale du système politique.



Le Népal, aujourd’hui en crise profonde, illustre la colère d’une jeunesse déterminée à en finir avec la corruption et la censure numérique. Une transition historique est en marche, mais à quel prix ?



 




Nepal in Chaos: 15,000 Prisoners Escape as Transition Government Emerges


Nepal is facing an unprecedented crisis after more than 15,000 inmates escaped from 25 prisons during riots, marking the largest jailbreak in the nation’s history. Among the fugitives are convicts serving sentences for murder, rape, abduction, and human trafficking, reports the Kathmandu Post.



The unrest, sparked by protests against corruption and a controversial social media ban, left over 30 dead and 1,000 injured. Government buildings, including Parliament and the Supreme Court, were set ablaze, forcing Prime Minister Sharma Oli to resign.



Former Chief Justice Sushila Karki has emerged as the leading candidate to head a transitional government, supported by the army and part of the Gen-Z protest movement. She pledged to restore peace and organize elections within a year.



Meanwhile, Nepal remains under partial curfew as the army seeks to stabilize the nation.



 


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Moussa Nassourou

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