Un paradoxe dénoncé avec force par le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, le 17 juin dernier lors de la Finance Week à Yaoundé.
Pour le patron de la Banque des États de l’Afrique centrale, la solution est claire : construire des raffineries locales pour transformer le brut disponible et alléger ainsi la pression sur les réserves de change de la zone. « Nous disposons de la matière première… Transformons notre pétrole ! », a-t-il lancé, insistant sur la nécessité de produire localement non seulement les carburants, mais aussi le bitume, les lubrifiants, voire les engrais.
? La Sonara, symbole d’un potentiel en veilleuse
Dans cette perspective, le cas du Cameroun interpelle particulièrement. Depuis l’incendie de la Sonara en mai 2019, le pays importe 100 % de ses produits pétroliers finis. Et bien que les travaux de réhabilitation de cette infrastructure stratégique soient évalués à 250 milliards de FCFA, le chantier est toujours en suspens, malgré les premières annonces pour 2022.
Ce manque à gagner a été dénoncé à plusieurs reprises par le gouverneur Yvon Sana Bangui, qui avait déjà appelé à une relance rapide de la Société nationale de raffinage en 2024. « Au Cameroun, je plaide pour que la Sonara soit très rapidement restaurée », avait-il déclaré.
? Un regain d’espoir venu des banques internationales
Un vent d’espoir souffle néanmoins sur Limbé. Le 17 juin, une délégation composée de banques internationales (UBAF, ING, MCB) s’est rendue au siège de la Sonara pour s’enquérir des efforts de relance. Selon un communiqué de l’entreprise, cette démarche stratégique vise à projeter la raffinerie vers un avenir « prometteur ».
Le Premier ministre Joseph Dion Ngute s’est lui aussi récemment penché sur le dossier, déplorant la lenteur du processus et appelant à l’accélération des démarches pour une reprise rapide des activités.
? Un appel à la souveraineté énergétique
En somme, le cri d’alarme du gouverneur de la BEAC va bien au-delà du seul cas camerounais. Il s’agit pour la CEMAC de reprendre la main sur sa souveraineté énergétique, d’arrêter l’hémorragie financière liée aux importations, et de construire une véritable industrie de transformation du brut local.
Un chantier de taille, mais une opportunité historique pour le développement et l’autonomie économique de la sous-région.
CEMAC’s Oil Paradox: CFAF 2000 Billion Spent on Fuel Imports Despite Local Crude
Around CFAF 2000 billion is spent each year by the CEMAC region (Cameroon, Congo, Gabon, Equatorial Guinea, Chad, CAR) to import refined petroleum products—despite the fact that five out of six countries in the bloc produce crude oil.
This staggering figure was revealed by Yvon Sana Bangui, Governor of the Bank of Central African States (BEAC), on June 17 during the Finance Week held in Yaoundé. He urged regional leaders to invest in building oil refineries to reduce dependency on costly imports and preserve foreign exchange reserves.
“We have the raw material, whose global price is on the decline. Let’s transform our own oil!”, Sana Bangui advocated, highlighting the potential for local production of fuel, lubricants, bitumen, and even fertilizer.
The Sonara Case: Cameroon’s Refining Dream on Hold
The Cameroonian situation perfectly illustrates the problem. Since a devastating fire in May 2019, the Sonara refinery has ceased operations. All fuel consumed in the country is now imported, and plans to rehabilitate the facility, estimated at CFAF 250 billion, remain in limbo.
Despite calls in 2024 from the BEAC governor and renewed interest from international banks like UBAF, ING, and MCB, concrete action is still awaited. Prime Minister Joseph Dion Ngute recently urged faster processing to revive production.
Regional Energy Sovereignty at Stake
This call for action is more than just economic. It's a strategic push for energy sovereignty across Central Africa. Building local refining capacity could curb the massive outflow of foreign reserves and create a self-sustaining energy system for the region.
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Ange NGO