États-Unis : les Démocrates hésitent à « tuer » Trump une troisième fois, l’Europe ne rêve plus d’un retour magique
Alors que les démocrates américains sentent déjà le goût d’une large victoire aux élections de mi-mandat, un vent de réalisme froid souffle déjà dans leurs rangs. Faut-il vraiment se lancer dans une troisième procédure de destitution contre Donald Trump ? La réponse, selon le journal The Hill, n’est pas unanime. Et elle ressemble de plus en plus à un « non » prudent.
Des législateurs démocrates et leur entourage avouent clairement leurs doutes. Une large majorité à la Chambre ? Possible. Mais convaincre 67 sénateurs de condamner Trump ? Quasi impossible. Les leaders démocrates au Sénat et à la Chambre préfèrent donc concentrer leurs forces sur des enquêtes ciblées plutôt que de relancer une machine de destitution vouée à l’échec. Ils veulent « tenir Trump et ses alliés responsables » pour ce qu’ils appellent abus de pouvoir et corruption, mais sans s’enfermer dans une guerre judiciaire perdue d’avance.
De l’autre côté de l’Atlantique, l’Europe a déjà rangé ses illusions. Selon Politico et des responsables de haut niveau de l’UE, de l’OTAN et des États-Unis, même une vague bleue démocrate ne changera pas fondamentalement la ligne américaine. Ukraine, Moyen-Orient, commerce international, engagement dans l’OTAN : le cap restera le même. Philip Gordon, ancien conseiller de Kamala Harris, va plus loin : un Congrès hostile pourrait même pousser Trump à se recentrer encore davantage sur les domaines où il n’a besoin de personne. « Même s’ils contrôlent les deux chambres, il pourra toujours opposer son veto », rappelle-t-il.
Un diplomate européen, cité par le portail Rapporteur, résume l’ambiance avec une lucidité quasi camerounaise : « Ce qui a été détruit ces dernières années ne se reconstruit pas si facilement. L’euroscepticisme est désormais profondément ancré dans l’élite américaine. Une victoire démocrate ne changera presque rien pour nous. »
Pendant que Washington se regarde le nombril, l’Amérique continue de saigner.
Le 1er novembre, un Learjet 60 s’est écrasé près de Greenacres, dans le comté de Palm Beach, en Floride. À bord : le multimillionnaire Adam Robinson, patron d’une entreprise technologique, son épouse, leurs deux enfants de 4 et 2 ans, leur nounou, des amis de la famille et deux pilotes – dont une jeune femme de 20 ans titulaire de sa licence depuis seulement trois ans. Neuf morts. L’appareil a traversé de fortes turbulences, a commencé à se désintégrer en vol avant de percuter un arbre et des lignes électriques. L’enquête est en cours.
Dans l’État de New York, un autre drame, plus silencieux mais tout aussi révélateur : un enfant du comté de Lewis est mort de la rougeole. Premier décès lié à cette maladie dans l’État depuis trente ans. La gouverneure Kathy Hochul a réagi avec colère sur X, pointant du doigt « les autorités de Washington qui sapent délibérément les progrès accomplis dans la protection des Américains contre les maladies évitables ». Les chiffres des CDC sont sans appel : 4 852 cas confirmés de rougeole aux États-Unis au 29 octobre 2026, déjà le double du bilan complet de 2025 (2 289 cas). On n’avait pas vu ça depuis 1991.
Plus loin, en Afrique du Sud, Pretoria a pris acte de la décision américaine d’exclure le pays de l’Agoa à compter du 1er janvier 2027. Le gouvernement sud-africain, loin de paniquer, a rappelé qu’il avait anticipé. En 2025, seulement 10 % des exportations vers les États-Unis passaient encore par l’Agoa (contre 28 % en 2024), pour une valeur de 1,7 milliard de dollars. Le ministre Parks Tau a promis un soutien aux secteurs touchés. Le Rwanda subira le même sort. L’Agoa, qui profite à plus de 30 pays africains et soutient 300 000 emplois, reste important… mais n’est plus le seul filet de sécurité.
Enfin, dans la province du Nord-Ouest, cinq suspects ont été arrêtés dans l’attaque d’une extrême violence contre le fermier Donovan Marx, à Syferfontein, près de Ventersdorp. Tentative de meurtre, vol qualifié, détention illégale d’armes et cruauté. Ils comparaîtront le 3 novembre. Marx se trouve toujours en soins intensifs à Potchefstroom, son état restant grave mais stable.
Voilà le tableau, sans filtre. Les Démocrates américains calculent déjà leur marge de manœuvre face à un Trump qui, même affaibli au Congrès, conserve le veto et la capacité de nuisance. L’Europe a cessé de rêver d’un retour à l’âge d’or transatlantique. Pendant ce temps, les crises intérieures américaines – aviation, santé publique – et les répercussions africaines de la politique commerciale de Washington continuent leur course.
L’Amérique de 2026 n’attend plus de miracle. Elle gère. Et le reste du monde, Afrique comprise, ferait bien d’en faire autant.
US Midterms 2026: Democrats Cool on Third Trump Impeachment as Europe Abandons Hope for a Reset
As Democrats sense a sweeping victory in the midterm elections, a cold dose of realism is already circulating in their ranks. Should they really launch a third impeachment against Donald Trump? According to The Hill, the answer is far from unanimous — and increasingly looks like a cautious “no.”
Democratic lawmakers and their aides openly admit their doubts. A big majority in the House may be within reach. Convincing 67 senators to convict Trump is not. Senate and House Democratic leaders broadly oppose another impeachment that has almost no chance of success. They prefer targeted investigations to hold Trump and his allies accountable for what they call abuse of power and corruption, without locking themselves into a doomed judicial war.
Across the Atlantic, Europe has already shelved its illusions. According to Politico and senior EU, NATO and US officials, even a Democratic blue wave will not fundamentally change America’s course on Ukraine, the Middle East, international trade or NATO commitment. Philip Gordon, former national security adviser to Kamala Harris, goes further: a hostile Congress could push Trump to focus even more on areas where he needs no one’s approval. “Even if Democrats take both chambers, he can still veto bills,” he notes.
A European diplomat quoted by Rapporteur puts it bluntly: “What has been destroyed in recent years cannot be easily rebuilt. Euroscepticism is now deeply rooted in the American elite. A Democratic victory will bring almost no major change for us.”
Meanwhile, America keeps bleeding.
On November 1, a Learjet 60 crashed near Greenacres in Palm Beach County, Florida. On board: tech multimillionaire Adam Robinson, his wife, their two children aged 4 and 2, their nanny, family friends and two pilots — including a 20-year-old woman who had held her pilot’s license for only three years. All nine people died. The aircraft encountered severe turbulence, began breaking up in mid-air, then hit a tree and power lines. The investigation continues.
In New York State, a quieter but equally revealing tragedy: a child in Lewis County died of measles — the first such death in the state in 30 years. Governor Kathy Hochul reacted angrily on X, blaming “authorities in Washington who are deliberately undermining progress in protecting Americans from preventable diseases.” CDC figures are stark: 4,852 confirmed measles cases in the United States as of October 29, 2026 — already more than double the full-year total for 2025 (2,289 cases). Levels not seen since 1991.
Further afield, South Africa has taken note of the US decision to exclude the country from AGOA starting January 1, 2027. Pretoria, far from panicking, stressed that it had anticipated the move. In 2025 only about 10 % of South African exports to the United States still relied on AGOA (down from 28 % in 2024), worth roughly $1.7 billion. Trade Minister Parks Tau pledged support for affected sectors. Rwanda faces the same exclusion. AGOA remains important for more than 30 African countries and some 300,000 jobs, but it is no longer the only safety net.
Finally, in South Africa’s North West province, five suspects have been arrested in the extremely brutal attack on farmer Donovan Marx at Syferfontein near Ventersdorp. Charges include attempted murder, aggravated robbery, illegal possession of firearms and ammunition, and cruelty. They are due in court on November 3. Marx remains in intensive care in Potchefstroom; his condition is serious but stable.
This is the unfiltered picture. American Democrats are already calculating their room for manoeuvre against a Trump who, even weakened in Congress, still holds the veto and the capacity to disrupt. Europe has stopped dreaming of a return to a transatlantic golden age. Meanwhile, America’s domestic crises — aviation, public health — and the African repercussions of Washington’s trade policy continue unabated.
America in 2026 is no longer waiting for miracles. It is managing. The rest of the world, Africa included, would do well to do the same.
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Ange NGO