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Gouvernance : le Cameroun 40e sur 54, et ce chiffre qui glace : ?43,1 points pour la protection des civils

Indice Ibrahim 2026 : le Cameroun est 40e sur 54 avec 44,1/100, sans progrès depuis 2016. Violences contre les civils, État de droit, mais aussi transparence et mobile money : les chiffres clés.

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Gouvernance en Afrique : le Cameroun fait du surplace depuis dix ans, la sécurité des civils au plus bas


Yaoundé, 2 novembre 2026. Le Cameroun reste englué à la 40e place sur 54 pays africains dans l’Indice Ibrahim de la gouvernance en Afrique (IIAG) 2026. Derrière cette stagnation se cachent une dégradation sécuritaire très lourde et des progrès réels, mais insuffisants, en matière de transparence et d’inclusion économique.


Publiée le 31 octobre 2026 par la Fondation Mo Ibrahim, la nouvelle édition de l’IIAG couvre la décennie 2016-2025. L’indice s’appuie sur 96 indicateurs, répartis en 16 sous-catégories et quatre grandes catégories : Sécurité et État de droit, Participation, droits et inclusion, Fondements des opportunités économiques et Développement humain. Les données proviennent de 51 sources internationales.


44,1/100 : un score figé depuis 2016


Le Cameroun obtient 44,1 points sur 100 en Gouvernance globale, un score rigoureusement identique à celui de 2016. Il se classe 40e sur 54 pays. Le pays reste sous la moyenne continentale (50,1) mais devance la moyenne de l’Afrique centrale (41,4).


Le rapport de la Fondation range le Cameroun dans la tendance « redressement ». Le terme est à manier avec prudence : le score global n’a pas bougé en dix ans. Cette immobilité masque deux dynamiques contraires.



  • Fondements des opportunités économiques : 49,6/100 (+3,8 point depuis 2016)

  • Développement humain : 50,9/100 (+0,8)

  • Participation, droits et inclusion : 39,0/100 (−0,8)

  • Sécurité et État de droit : 36,9/100 (−3,7)


Autrement dit, les progrès économiques et sociaux compensent à peine le recul des libertés et de la sécurité. La catégorie la plus faible du pays est précisément celle qui touche le plus directement la vie des citoyens.


Sécurité : le signal d’alarme


C’est le volet le plus sombre du profil camerounais. Selon les données communiquées par la Fondation, le Cameroun :



  • enregistre la plus forte détérioration d’Afrique pour l’indicateur « Absence de violences à l’encontre de la population civile » : −43,1 points sur la période, avec un score de 28,7/100 et un classement à la 52e place ;

  • figure, avec le Burkina Faso, le Nigéria et le Soudan, parmi les pays ayant subi les plus fortes dégradations en « Sécurité et sûreté » (−16,1 points) ;

  • compte parmi les quatre seuls pays africains en recul sur l’ensemble des indicateurs d’État de droit et justice.


Le profil pays détaille d’autres reculs marqués : « Absence de conflit armé », « Liberté d’expression et de croyance », « Liberté des médias » ou encore « Libertés d’association et de réunion ». Les indicateurs d’« Absence de migration forcée » (9,8/100, −23,7 points) et de perception citoyenne en matière de sécurité figurent parmi les plus dégradés.


Ces chiffres reflètent les crises que traverse le pays, notamment dans les régions anglophones et dans l’Extrême-Nord. L’IIAG est un indice composite fondé sur des sources externes : il mesure des tendances et ne remplace pas les statistiques officielles.


Ce qui progresse : transparence, parité, mobile money


Le tableau n’est pas uniformément noir. Sur les cinq dernières années, le Cameroun signe la troisième plus forte progression d’Afrique en matière de Transparence des archives publiques (+15,6 points). D’autres avancées ressortent :



  • Parité : +9,0 points

  • Économie rurale : +9,3 points

  • Accès aux comptes d’argent mobile : +45,8 points


Sur dix ans, le profil pays souligne aussi des gains sur la législation contre les violences faites aux femmes (80,0/100, +40,0 points, le meilleur indicateur du pays), le contrôle des maladies transmissibles, les communications mobiles et l’accès au marché en milieu rural. Ces améliorations reposent sur des textes, des infrastructures et des usages, mais restent fragiles sans sécurité durable.


Un message du continent : on ne peut pas progresser durablement sans sécurité


L’IIAG 2026 dresse un constat à l’échelle africaine : la gouvernance globale s’améliore légèrement, portée par les infrastructures, la santé et l’éducation, tandis que la sécurité, l’État de droit et la participation citoyenne reculent. Mo Ibrahim, fondateur de la Fondation, prévient qu’un tel compromis « n’est pas viable à long terme » : sans avancées en sécurité, en État de droit et en participation, les gains économiques et sociaux ne dureront pas.


Pour le Cameroun, l’enjeu est clair. Le pays dispose de leviers de progrès (économie rurale, numérique, transparence, parité), mais la dégradation de la protection des civils et de l’État de droit pèse sur l’ensemble de l’édifice.


Pour aller plus loin


Les données complètes du Cameroun sont consultables sur le portail officiel de l’IIAG (iiag.online).




Governance in Africa: Cameroon Stuck in Place for a Decade, as Civilian Safety Hits Rock Bottom


Yaoundé, November 2, 2026. Cameroon remains stuck in 40th place out of 54 African countries in the 2026 Ibrahim Index of African Governance (IIAG). Behind this stagnation lie a severe deterioration in security and real, yet insufficient, progress in transparency and economic inclusion.


Released on October 31, 2026 by the Mo Ibrahim Foundation, the new edition of the IIAG covers 2016-2025. The index draws on 96 indicators, grouped into 16 sub-categories and four main categories: Security & Rule of Law, Participation, Rights & Inclusion, Foundations for Economic Opportunity, and Human Development. The data comes from 51 international sources.


44.1/100: a score unchanged since 2016


Cameroon scores 44.1 out of 100 in Overall Governance, exactly the same as in 2016. It ranks 40th out of 54. The country remains below the continental average (50.1) but ahead of the Central Africa average (41.4).


Behind this flat line are two opposing trends:



  • Foundations for Economic Opportunity: 49.6/100 (+3.8 points since 2016)

  • Human Development: 50.9/100 (+0.8)

  • Participation, Rights & Inclusion: 39.0/100 (−0.8)

  • Security & Rule of Law: 36.9/100 (−3.7)


Economic and social gains barely offset the decline in freedoms and security. The country’s weakest category is the one that most directly affects citizens’ daily lives.


Security: the alarm bell


According to figures provided by the Foundation, Cameroon:



  • records the steepest deterioration in Africa for “Absence of violence against civilians”: −43.1 points, ranking 52nd;

  • is among the countries, alongside Burkina Faso, Nigeria and Sudan, with the sharpest decline in “Safety & Security” (−16.1 points);

  • is one of only four African countries to decline across all Rule of Law & Justice indicators.


The country profile also shows sharp declines in “Absence of armed conflict”, “Freedom of expression and belief”, “Media freedom” and “Freedom of association and assembly”. “Absence of forced displacement” stands at 9.8/100 (−23.7 points). These figures reflect the crises affecting the country, notably in the Anglophone regions and the Far North. The IIAG is a composite index based on external sources; it measures trends and does not replace official statistics.


What is improving: transparency, gender parity, mobile money


Over the past five years, Cameroon posts the third-largest improvement in Africa for Transparency of public records (+15.6 points). Other gains include:



  • Gender parity: +9.0 points

  • Rural economy: +9.3 points

  • Access to mobile money accounts: +45.8 points


Over ten years, the country’s best-scoring indicator is legislation against violence against women (80.0/100, +40.0 points), alongside gains in communicable disease control, mobile communications and rural market access.


A continental message


Across Africa, governance is improving slightly, driven by infrastructure, health and education, while security, rule of law and participation decline. Mo Ibrahim warns that such a trade-off is “not sustainable in the long term”: without progress in security, rule of law and participation, economic and social gains will not last.


For Cameroon, the challenge is clear: it has levers for progress, but the decline in civilian protection and the rule of law weighs on the whole structure.


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Didier Cebas K.

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