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Il a facturé 6,3 milliards d’intérêts au Cameroun en un an : voici pourquoi Globeleq encaisse autant sur les lignes de Kribi et Dibamba

Globeleq a enregistré 6,3 milliards FCFA d’intérêts en 2025 sur les lignes électriques de Kribi et Dibamba, dues par l’État. Taux implicite : 26,3 %. Décryptage.

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6,3 milliards FCFA d’intérêts pour Globeleq : l’État camerounais paie cher le transport de son électricité


C’est un chiffre qui donne le vertige dans un pays où le moindre franc CFA compte pour équilibrer le budget. 10,8 millions de dollars, soit environ 6,3 milliards de FCFA. Voilà ce que le producteur britannique Globeleq a comptabilisé en 2025 au titre des intérêts sur les créances financières liées aux lignes de transport d’électricité des centrales de Kribi et de Dibamba .


Le montant, quasi stable par rapport aux 10,7 millions de dollars de 2024, ne sort pas de nulle part. Il figure noir sur blanc dans les comptes consolidés de Globeleq Africa Holdings, déposés le 20 octobre 2026 au registre britannique des entreprises, le fameux Companies House . Autrement dit, une trace officielle, vérifiable, pas une rumeur de corridor.


Un taux de 26,3 % qui fait tousser


Le détail qui tue : le taux d’intérêt effectif moyen implicite de ces contrats de crédit-bail s’établit à 26,3 % en 2025, inchangé par rapport à 2024 . Dans un environnement où les banques commerciales camerounaises prêtent souvent autour de 12 à 15 % sur des projets structurés, la comparaison est brutale.


Mais attention aux raccourcis. Ce taux n’est pas une pénalité de retard infligée à l’État. C’est le rendement financier implicite utilisé pour comptabiliser les intérêts sur la durée des contrats de crédit-bail. Une subtilité comptable qui ne change rien à la réalité économique : les infrastructures de transport électrique construites dans le cadre des projets Kribi et Dibamba rapportent gros à Globeleq, et c’est l’État camerounais qui est présenté comme le débiteur de ces créances .


Provision en baisse, mais pas de preuve de remboursement


Au 31 décembre 2025, Globeleq affichait une provision pour pertes de crédit attendues de 300 000 dollars sur ces créances de crédit-bail, contre 700 000 dollars un an plus tôt. Une baisse de 400 000 dollars qui pourrait laisser croire à une amélioration . Sauf que les données examinées ne permettent pas d’établir que le gouvernement a effectivement remboursé quoi que ce soit. Le montant total restant dû au titre de ces contrats n’a pas non plus pu être déterminé .


Traduction pour le contribuable : on sait ce que Globeleq encaisse comptablement, on ne sait pas ce qui rentre réellement dans ses caisses.


Le vrai gouffre : 147 milliards FCFA impayés par l’ex-Eneo


Il faut distinguer deux dossiers, sinon on mélange tout. Les 6,3 milliards d’intérêts concernent les créances financières liées aux lignes de transport. À côté, il y a les factures d’électricité impayées par Eneo, devenu Société camerounaise d’électricité (Socadel) en mai 2026 .


Et là, les chiffres donnent le tournis. À fin décembre 2025, les créances commerciales liées aux centrales de Kribi et Dibamba atteignaient 251,6 millions de dollars, soit environ 146,9 milliards de FCFA . En un an, l’encours a grimpé de 37,9 %, soit 40,4 milliards de FCFA supplémentaires .


Plus inquiétant encore : sur ces 146,9 milliards, 181,2 millions de dollars (environ 105,8 milliards FCFA) étaient échus depuis plus de 90 jours à fin 2025, soit 72 % du total . Des arriérés qui, selon Globeleq, ont entraîné l’arrêt de certaines unités de production et réduit les distributions financières perçues et attendues .


Ce qu’il faut retenir


Globeleq ne fait pas de sentiment. L’entreprise britannique applique ses contrats, encaisse ses intérêts, et documente tout. Le Cameroun, de son côté, hérite d’une double facture : celle des lignes de transport, avec un taux implicite de 26,3 %, et celle des factures d’électricité impayées, qui frôle les 147 milliards FCFA.


La transformation d’Eneo en Socadel, actée par décret présidentiel en mai 2026, n’efface pas ces ardoises . Elle change juste le nom du débiteur. Et pendant ce temps, les centrales de Kribi et Dibamba continuent d’alimenter le Réseau interconnecté Sud, rappelant que sans elles, c’est une bonne partie du pays qui plonge dans le noir.




Globeleq Books CFA6.3 Billion in Interest on Cameroon Power Lines: The Price of Keeping the Lights On


He charged Cameroon CFA6.3 billion in interest in one year: why Globeleq earns so much on Kribi and Dibamba lines


Globeleq recorded CFA6.3 billion in interest in 2025 on Kribi and Dibamba transmission lines owed by the State. Implicit rate: 26.3%. Here’s what it means.


It is a figure that makes heads spin in a country where every CFA franc counts. $10.8 million, or roughly CFA6.3 billion. That is what British power producer Globeleq booked in 2025 as interest income on financial receivables tied to the transmission lines serving the Kribi and Dibamba power plants .


The amount is virtually unchanged from the $10.7 million recorded in 2024, and it appears in black and white in Globeleq Africa Holdings’ consolidated accounts, filed on 20 October 2026 with the UK’s Companies House . In other words, an official, verifiable record—not a corridor rumour.


A 26.3% rate that raises eyebrows


Here is the detail that stings: the average implicit effective interest rate on these finance lease agreements stands at 26.3% in 2025, unchanged from 2024 . In an environment where Cameroonian commercial banks often lend at around 12–15% on structured projects, the comparison is brutal.


But beware of shortcuts. This rate is not a late-payment penalty imposed on the State. It is the implicit financial return used to recognise interest over the life of the contracts. A accounting subtlety that does not change the economic reality: the transmission infrastructure built under the Kribi and Dibamba projects is highly profitable for Globeleq, and the Cameroonian State is identified as the debtor on these receivables .


Provision down, but no proof of repayment


As of 31 December 2025, Globeleq reported an allowance for expected credit losses of $300,000 on these finance lease receivables, down from $700,000 a year earlier. A $400,000 reduction that might suggest improvement . Except the available data does not establish that the government actually repaid anything. The total amount still owed under these contracts could not be determined either .


Translation for the taxpayer: we know what Globeleq books, we do not know what actually lands in its coffers.


The real hole: CFA147 billion unpaid by former Eneo


Two files must be kept separate. The CFA6.3 billion in interest concerns financial receivables tied to transmission lines. Separately, there are the unpaid electricity bills owed by Eneo, which became Société camerounaise d’électricité (Socadel) in May 2026 .


And there, the numbers are dizzying. At end-December 2025, trade receivables linked to the Kribi and Dibamba plants reached $251.6 million, or about CFA146.9 billion . In one year, the outstanding amount rose 37.9%, equivalent to CFA40.4 billion more .


More worrying still: of that CFA146.9 billion, $181.2 million (about CFA105.8 billion) was more than 90 days overdue at end-2025, or 72% of the total . Arrears that, according to Globeleq, led to the shutdown of some generating units and reduced financial distributions received and expected .


The bottom line


Globeleq is not in the business of sentiment. The British company applies its contracts, books its interest, and documents everything. Cameroon, for its part, inherits a double bill: the transmission lines, with an implicit rate of 26.3%, and the unpaid electricity bills, approaching CFA147 billion.


Eneo’s transformation into Socadel, enacted by presidential decree in May 2026, does not wipe these slates clean . It merely changes the debtor’s name. Meanwhile, the Kribi and Dibamba plants keep feeding the Southern Interconnected Network—a reminder that without them, a good part of the country would go dark.


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Mouahna Divine

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