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Tangui et Vitale : la SEMC voit son bénéfice fondre de 84 %… alors que ses ventes tiennent presque bon

Bénéfice net en chute de 84 % à 105,7 millions FCFA : la SEMC (Tangui, Vitale) voit sa marge nette tomber à 1,92 %. Maintenance, groupes électrogènes, taxe environnementale : ce que disent les chiffres du premier semestre 2026.

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Tangui et Vitale : la SEMC perd 84 % de son bénéfice net au premier semestre 2026


Les ventes reculent à peine, mais les profits s’effondrent. Au premier semestre 2026, la Société des eaux minérales du Cameroun (SEMC), productrice des marques Tangui et Vitale, a vu son bénéfice net passer de 660,3 millions à 105,7 millions de FCFA. Derrière cette chute, une équation que la direction explique en partie seulement.


Un bénéfice net divisé par six


Selon son rapport d’activité semestriel établi suivant les normes Syscohada, la SEMC affiche un résultat net de 105,7 millions de FCFA à fin juin 2026, contre 660,3 millions un an plus tôt. Soit une baisse de 84 %.


Le paradoxe saute aux yeux : sur la même période, le chiffre d’affaires n’a reculé que de 2,2 %, pour atteindre 5,5 milliards de FCFA. Autrement dit, l’entreprise a vendu presque autant, mais gagné beaucoup moins.


692 millions de FCFA envolés en un an


La dégradation est encore plus visible dans le résultat d’exploitation, tombé de 983,7 millions à 291,3 millions de FCFA, soit une baisse de 70,4 %. La SEMC a perdu 692,4 millions de FCFA de résultat d’exploitation, alors que la diminution de ses ventes ne représente que 123 millions de FCFA.


Les marges racontent la même histoire :



  • Marge d’exploitation : de 17,5 % à 5,3 %

  • Marge nette : de 11,74 % à 1,92 %


Concrètement, pour 100 FCFA de ventes, le bénéfice net dégagé par l’entreprise est désormais inférieur à 2 FCFA, contre près de 12 FCFA un an auparavant.


Maintenance, groupes électrogènes, taxe : les explications de la SEMC


Dans ses commentaires financiers, la SEMC attribue principalement la baisse du résultat d’exploitation à l’augmentation des dépenses de maintenance et d’entretien. L’entreprise a engagé des opérations de maintenance pluriannuelle sur ses lignes de conditionnement, qui ont réduit sa production et, selon elle, les volumes vendus.


Le rapport ne précise toutefois ni la diminution de ces volumes en hectolitres, ni le montant des dépenses supplémentaires engagées.


La société cite également :



  • la baisse de sa marge brute ;

  • l’application de la taxe environnementale ;

  • un recours accru aux groupes électrogènes, en raison de l’indisponibilité de l’électricité du réseau conventionnel.


Elle ne chiffre pas séparément l’incidence de chacun de ces facteurs sur ses résultats.


La part de la taxe environnementale reste à établir


L’explication fiscale appelle une réserve. La réforme introduite par la loi de finances 2026 a notamment transféré vers la taxe environnementale des prélèvements sur les emballages non retournables, qui existaient auparavant sous forme de droits d’accises. L’exposé des motifs du budget 2026 décrit explicitement cette réorganisation.


Le Code général des impôts 2026 fixe notamment une taxe de 5 FCFA par unité pour les emballages non retournables autres que ceux des boissons alcooliques et gazeuses, dans la limite de 5 % de la valeur du produit.


Faute de précisions sur les quantités d’emballages taxées et les charges correspondantes, il est impossible de mesurer le coût réellement supporté par la SEMC, ni de dire si sa fiscalité effective s’est alourdie.


Un recul inédit depuis deux ans


La comparaison avec le premier semestre 2024 mesure l’ampleur de la contraction. À l’époque, selon le rapport semestriel publié à la BVMAC, la SEMC affichait un chiffre d’affaires de 5,48 milliards de FCFA et un bénéfice net de 535,3 millions. Deux ans plus tard, les ventes sont quasiment au même niveau, mais le bénéfice a été divisé par cinq.


Ce décrochage intervient après un exercice 2025 bénéficiaire. Les états financiers annuels audités, publiés à la BVMAC, font état d’un bénéfice net de 840,7 millions de FCFA en normes Syscohada, contre 772,3 millions en 2024. Les résultats du premier semestre 2026 marquent donc une rupture avec l’amélioration constatée sur l’ensemble de l’exercice précédent.


Concurrence et sensibilité aux prix


Cotée à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC), la SEMC évolue sur un marché que sa direction décrit comme marqué par une concurrence accrue et une forte sensibilité des consommateurs aux prix. Ce constat figurait déjà dans son rapport semestriel 2024.


Quelles perspectives pour le second semestre ?


Pour la suite de 2026, l’entreprise annonce vouloir reconquérir les volumes perdus, renforcer la disponibilité de ses produits sur le marché et optimiser ses coûts. Elle ne fournit cependant aucune prévision chiffrée de chiffre d’affaires ou de bénéfice pour l’ensemble de l’année.


Reste donc la question que se posent actionnaires et observateurs : la maintenance pluriannuelle, les coupures d’électricité et la fiscalité suffisent-elles à expliquer un tel effondrement ? Sans données sur les volumes et les coûts, seule la publication de comptes plus détaillés permettra d’y répondre.




Tangui and Vitale: SEMC’s net profit plunges 84% in the first half of 2026


Sales barely moved, yet profits collapsed. In the first half of 2026, Société des eaux minérales du Cameroun (SEMC), the maker of the Tangui and Vitale brands, saw its net profit drop from FCFA 660.3 million to FCFA 105.7 million. Management offers explanations, but only partly quantifies them.


Net profit cut by a factor of six


According to its half-year activity report, prepared under Syscohada standards, SEMC posted a net result of FCFA 105.7 million at the end of June 2026, versus FCFA 660.3 million a year earlier, a drop of 84%.


The paradox is striking: over the same period, revenue fell by only 2.2%, to FCFA 5.5 billion. The company sold almost as much, but earned far less.


FCFA 692 million gone in a year


The deterioration is even sharper in operating income, down from FCFA 983.7 million to FCFA 291.3 million, a 70.4% decline. SEMC lost FCFA 692.4 million in operating income, while the drop in sales amounts to only FCFA 123 million.



  • Operating margin: from 17.5% to 5.3%

  • Net margin: from 11.74% to 1.92%


In practical terms, for every FCFA 100 in sales, net profit is now below FCFA 2, against nearly FCFA 12 a year ago.


Maintenance, generators, tax: SEMC’s explanations


In its financial commentary, SEMC mainly blames higher maintenance and upkeep spending. The company launched multi-year maintenance work on its packaging lines, which reduced output and, in its view, sales volumes.


The report, however, gives neither the drop in volumes (in hectolitres) nor the amount of the extra spending.


The company also cites:



  • a lower gross margin;

  • the application of the environmental tax;

  • greater use of generators because grid electricity was unavailable.


It does not quantify the separate impact of each factor.


The environmental tax’s contribution remains unclear


The tax explanation calls for caution. The 2026 Finance Act moved certain levies on non-returnable packaging, previously collected as excise duties, into the environmental tax. The explanatory memorandum of the 2026 budget describes this reorganisation explicitly.


The 2026 General Tax Code sets a tax of FCFA 5 per unit on non-returnable packaging other than that for alcoholic and carbonated drinks, capped at 5% of the product’s value.


Without details on the quantities of taxed packaging and the related costs, it is impossible to measure the actual cost borne by SEMC or to say whether its effective tax burden has increased.


A setback not seen in two years


The comparison with the first half of 2024 shows the scale of the contraction. At the time, according to the half-year report published on the BVMAC, SEMC reported revenue of FCFA 5.48 billion and net profit of FCFA 535.3 million. Two years later, sales are almost identical, but profit has been divided by five.


The slump follows a profitable 2025. Audited annual financial statements published on the BVMAC show net profit of FCFA 840.7 million under Syscohada, versus FCFA 772.3 million in 2024. The first-half 2026 results therefore break with the improvement seen over the whole of the previous year.


Competition and price sensitivity


Listed on the Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC), SEMC operates in a market that its management describes as marked by intensified competition and strong consumer price sensitivity. The same observation appeared in its 2024 half-year report.


What outlook for the second half?


For the rest of 2026, the company says it aims to win back lost volumes, improve product availability and optimise costs. It provides no numerical forecast for full-year revenue or profit.


The question remains for shareholders and observers: do pluriannual maintenance, power outages and taxation really explain such a collapse? Without data on volumes and costs, only more detailed accounts will tell.


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Silognhia Edwige

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