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Ecobank vient de signer à Pékin : les importateurs camerounais pourraient bientôt arrêter de passer par le dollar… mais pas tout de suite

Le 10 octobre 2026, Ecobank a signé un accord avec CIPS, le système chinois de paiements en yuans, couvrant 34 marchés africains. Les importateurs camerounais vont-ils vraiment économiser ? La réponse est plus nuancée qu'il n'y paraît — et le dollar n'a pas dit son dernier mot.

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Ecobank vient de signer à Pékin : les importateurs camerounais pourraient bientôt arrêter de passer par le dollar… mais pas tout de suite


Importateurs de Douala, attention. Vos marchandises venues de Yiwu ou de Guangzhou pourraient bientôt emprunter un chemin plus court pour être payées. Mais ne fermez pas encore votre compte en dollars.


Le 10 octobre 2026, Ecobank, le géant bancaire panafricain basé à Lomé, a signé à Pékin un protocole d'accord avec CIPS, le système chinois de paiements interbancaires transfrontaliers. Traduction simple : le réseau d'Ecobank, présent dans 34 pays africains, va se connecter aux rails de compensation du yuan chinois. L'objectif affiché est limpide — permettre aux entreprises africaines de régler leurs échanges commerciaux avec la Chine directement en renminbi, sans devoir convertir en dollars avant de convertir en yuans à chaque transaction.


Pour les importateurs camerounais, l'enjeu est concret. La Chine est depuis des années le premier fournisseur du Cameroun, avec environ 16 % des importations totales — machines électriques, céramiques, véhicules, que sais-je encore. Chaque paiement qui passe par la voie « franc CFA → dollar → yuan » laisse des marges de conversion et des frais bancaires dans l'escarcelle des intermédiaires. Le lien entre Ecobank et CIPS vise précisément à supprimer autant que possible cet intermédiaire en dollars.


Mais cela ne signifie pas que demain, vous pourrez entrer dans une agence Ecobank à Douala, poser vos francs CFA sur le comptoir et dire « payez mon fournisseur en renminbi ». Un protocole d'accord, c'est un protocole d'accord. La mise en œuvre, c'est une autre affaire. Ecobank n'a publié aucune grille tarifaire. Elle n'a pas précisé quels pays seront connectés en premier, ni si ses filiales rejoindront CIPS en tant que participants directs — avec leurs propres comptes CIPS, le modèle le plus efficace — ou en tant que participants indirects, qui passent par un intermédiaire. La différence est énorme. Signer un mémorandum ne veut pas dire que les 34 marchés seront tous opérationnels dès le premier jour.


Et Ecobank n'est pas la première à dégainer. En juin 2026, la Standard Bank sud-africaine et la Industrial and Commercial Bank of China ont obtenu l'autorisation de la Banque populaire de Chine pour compenser des transactions en renminbi dans 19 pays africains. Le mouvement d'Ecobank est une suite, pas une percée. La concurrence devrait finir par faire baisser les prix ; mais dans la phase initiale, la question de savoir si les PME camerounaises y auront réellement accès — et à un tarif plus compétitif que la voie du dollar — dépendra entièrement de l'agressivité commerciale d'Ecobank.


Il y a ensuite un fait que beaucoup préfèrent taire : le dollar n'est pas près de disparaître. Le yuan ne représentait que 2 à 3 % des paiements bancaires mondiaux début 2025, contre plus de 50 % pour le dollar. CIPS, aussi efficace soit-il, sert aujourd'hui principalement le corridor commercial chinois. Si vos marchandises viennent de Chine, le règlement en renminbi a du sens. Mais si votre équipement vient d'Europe, que votre assurance est libellée en dollars et que votre lettre de crédit est émise sur la base du crédit en dollars — le renminbi ne peut pas encore remplacer cela. Ecobank elle-même ne vend pas une « dédollarisation ». Elle vend « une option supplémentaire ».


Le verdict le plus honnête pour les importateurs camerounais est donc celui-ci : c'est une évolution à surveiller, pas un miracle d'économies sur lequel parier dès demain. Les questions à suivre dans les prochains mois sont concrètes : quand la filiale camerounaise d'Ecobank sera-t-elle réellement opérationnelle ? De combien la voie en renminbi sera-t-elle moins chère que la voie en dollars ? Y aura-t-il suffisamment de liquidité en renminbi pour que le système soit fiable ? Si les réponses à ces trois questions sont bonnes, alors une petite part de vos coûts de conteneurs au port de Douala pourra véritablement baisser.


En attendant, gardez votre compte en dollars ouvert.




Ecobank Just Signed in Beijing: Cameroonian Importers May Soon Stop Routing Through the Dollar — But Not Just Yet


On October 10, 2026, Ecobank signed an agreement with CIPS, China's yuan payment system, covering 34 African markets. Will Cameroonian importers really save money? The answer is more nuanced than it looks — and the dollar is not done yet.


Douala importers, pay attention. The goods you bring in from Yiwu or Guangzhou may soon take a shorter route to get paid. But don't close your dollar account just yet.


On October 10, 2026, Ecobank, the Lomé-headquartered pan-African banking giant, signed a Memorandum of Understanding in Beijing with CIPS, China's Cross-Border Interbank Payment System. In plain terms: Ecobank's network, present in 34 African countries, will connect to China's renminbi clearing rails. The stated goal is clear — enable African businesses to settle trade with China directly in RMB, without having to convert into dollars first and then into yuan on every single transaction.


For Cameroonian importers, the stakes are concrete. China has been Cameroon's top supplier for years, accounting for roughly 16% of total imports — electrical machinery, ceramics, vehicles, you name it. Every payment that goes through the "CFA franc → dollar → yuan" route leaves conversion spreads and bank fees in intermediaries' pockets. The Ecobank-CIPS link is specifically designed to strip out as much of that dollar middleman as possible.


But this does not mean that tomorrow you can walk into an Ecobank branch in Douala, put your CFA francs on the counter, and say "pay my supplier in renminbi." An MoU is an MoU. Implementation is another beast. Ecobank has published no fee schedule. It has not specified which countries will be connected first, nor whether its subsidiaries will join CIPS as direct participants — with their own CIPS accounts, the most efficient model — or as indirect participants, which route through an intermediary. The difference is huge. Signing a memorandum does not mean all 34 markets will be fully operational on day one.


And Ecobank is not the first to move. In June 2026, South Africa's Standard Bank and the Industrial and Commercial Bank of China received authorization from the People's Bank of China to clear renminbi transactions across 19 African countries. Ecobank's move is a follow-on, not a breakthrough. Competition should eventually push prices down; but in the early phase, whether Cameroonian SMEs actually get access — and at a rate more competitive than the dollar route — will depend entirely on Ecobank's commercial aggressiveness.


Then there is a fact many prefer not to mention: the dollar is not going anywhere soon. The yuan accounted for just 2% to 3% of global bank payments in early 2025, against over 50% for the dollar. CIPS, however efficient, currently serves primarily the China trade corridor. If your goods come from China, RMB settlement makes sense. But if your equipment comes from Europe, your insurance is denominated in dollars, and your letter of credit is issued against dollar credit — renminbi cannot replace that yet. Ecobank itself is not selling "de-dollarization." It is selling "an additional option."


So the most honest verdict for Cameroonian importers is this: it is a development worth watching, not a money-saving miracle to bet on tomorrow. The questions to track over the coming months are concrete: When will Ecobank's Cameroon subsidiary actually go live? How much cheaper will the renminbi route be than the dollar route? Will there be enough renminbi liquidity to keep the system reliable? If the answers to those three questions look good, then a small slice of your container costs at Douala port can genuinely come down.


Until then, keep your dollar account open.


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Didier Cebas K.

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