Les fusions-acquisitions ralentissent après un semestre exceptionnel
Les fusions-acquisitions mondiales ont sensiblement ralenti entre juillet et septembre 2026. D'après les chiffres publiés le 1er octobre par LSEG, la valeur des opérations annoncées a atteint 993,4 milliards de dollars, soit une baisse de 41 % par rapport au trimestre précédent. C'est le premier trimestre inférieur à mille milliards depuis le printemps 2025. Pourtant, le bilan de janvier à septembre reste supérieur de 28 % à celui de l'an dernier.
Ce contraste tient à la concentration des capitaux sur quelques transactions géantes. En mai, Genius Sports a racheté Legend, un réseau de médias numériques proposant des contenus liés aux paris en direct ; la valeur recherchée repose sur ses audiences régulières et ses outils publicitaires. Ce rachat montre que certains acquéreurs recherchent une audience numérique déjà établie plutôt qu'une simple présence géographique.
Un marché actif, mais moins porté par les mégafusions
Les dix opérations dépassant dix milliards de dollars au troisième trimestre contrastent avec les vingt-six du deuxième. Parmi elles figurent l'offre de Banca Monte dei Paschi sur Banco BPM, évaluée à environ 32 milliards de dollars, et celle de Gold Fields sur Northern Star Resources, annoncée pour 25,7 milliards. Ces montants portent sur des projets d'acquisition, pas nécessairement sur des rapprochements déjà finalisés.
| Indicateur LSEG | Résultat annoncé |
|---|---|
| Valeur au troisième trimestre | 993,4 milliards de dollars |
| Évolution sur trois mois | Moins 41 % |
| Valeur sur neuf mois | 3 900 milliards de dollars |
| Évolution annuelle sur neuf mois | Plus 28 % |
| Mégatransactions au troisième trimestre | 10, contre 26 auparavant |
Sur neuf mois, LSEG recense un cumul de 3 900 milliards de dollars, le plus haut niveau pour cette période depuis 2001. Le nombre d'opérations recule pourtant de 8 %. Autrement dit, une hausse des montants ne signifie pas que les acquisitions se multiplient dans toutes les catégories d'entreprises. Les grandes signatures dominent les statistiques, tandis que les dossiers plus modestes avancent à un autre rythme.
Le financement devient une question de prix
La remontée des rendements obligataires a compliqué les discussions entre acheteurs et vendeurs. Plus le coût du capital augmente, plus il devient difficile de justifier une valorisation élevée par les bénéfices futurs attendus. Les dépenses énergétiques ont pesé sur les anticipations de taux. Reuters relève que le rendement des obligations américaines à dix ans atteignait 5,34 % début octobre, un sommet depuis 2002.
Cela ne signifie pas que les entreprises abandonnent leurs projets. Certaines cherchent à acquérir des technologies, d'autres veulent élargir leur présence géographique ou consolider leurs chaînes d'approvisionnement. Mais les négociations exigent une attention au prix payé et aux gains réalisables après l'opération. Une offre spectaculaire peut rester sans suite si les deux parties ne s'accordent pas sur sa valeur.
La technologie soutient aussi des marchés moins visibles
Les entreprises technologiques représentent 22 % de la valeur mondiale annoncée depuis janvier, selon LSEG. La valeur de leurs transactions progresse de 45 % sur un an. Les investissements liés à l'intelligence artificielle comptent, mais les rachats concernent également les centres de données, les logiciels et la diffusion de contenus.
Les médias sportifs en offrent une illustration concrète. En avril, DAZN a annoncé son rapprochement avec ViewLift, fournisseur de solutions de diffusion numérique ; en août, le groupe a également présenté un accord pour acquérir EverPass Media. La demande de foot en direct fait partie des usages numériques qui soutiennent l'intérêt des investisseurs pour les services sportifs numériques, même si les accords annoncés portent avant tout sur la technologie et les canaux de distribution. Aucun de ces exemples ne suffit à expliquer les milliards engagés dans les autres secteurs.
Des écarts importants selon les régions
Le recul mondial ne se répartit pas uniformément. Au troisième trimestre, les opérations en Asie-Pacifique ont totalisé 242 milliards de dollars, soit 8 % de plus qu'au printemps et 36 % de plus qu'un an auparavant. Les marchés américains et européens ont, eux, davantage ralenti sur ces trois mois. Sur les neuf premiers mois, les États-Unis restent néanmoins le principal marché mondial des acquisitions.
Pour comprendre les prochaines statistiques, trois distinctions seront indispensables :
- La valeur des transactions mesure les sommes annoncées, pas leur nombre.
- Une offre publiée n'est pas toujours une acquisition achevée.
- Les résultats trimestriels peuvent reculer alors que le cumul annuel continue de progresser.
L'écart entre fournisseurs de données demande aussi de la vigilance. Mergermarket, qui utilise son propre périmètre, évalue les neuf premiers mois à 4 440 milliards de dollars, en hausse de 27 %. Ce chiffre n'est pas directement interchangeable avec les 3 900 milliards de LSEG. Les deux séries décrivent toutefois la même réalité : le premier semestre a été exceptionnel et le troisième beaucoup moins dynamique.
Le dernier trimestre devra confirmer la résistance du marché
L'année 2026 conserve une avance considérable sur 2025, mais cette avance ne garantit pas une accélération d'ici décembre. Les entreprises continuent de rechercher des acquisitions stratégiques, tandis que les vendeurs doivent composer avec des exigences de prix plus strictes. La fin d'année dira si les dossiers annoncés passent effectivement à la signature, sans dépendre autant de quelques transactions exceptionnelles.