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Yaoundé-Edéa : le Mintp lance l’appel d’offres pour reconstruire 167 km de la nationale 3, axe vital vers la Centrafrique

Appel d’offres international lancé le 8 octobre 2026 pour reconstruire 167 km de la RN3 entre Yaoundé et Edéa. 45 km en 2×2 voies, financement Banque mondiale de 425 millions de dollars. Détails des trois lots et enjeux pour le corridor Douala-Bangui.

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Yaoundé-Edéa : le Mintp lance l’appel d’offres pour reconstruire 167 km de la nationale 3


Le ministère des Travaux publics a officiellement lancé, le 8 octobre 2026, un appel d’offres international pour la reconstruction de la section Yaoundé-Edéa de la route nationale n°3. Longue de 167 kilomètres, cette portion stratégique doit améliorer la circulation sur l’un des principaux axes de transport du Cameroun et faciliter l’acheminement des marchandises vers la République centrafricaine.


Les entreprises intéressées ont jusqu’au 24 novembre 2026, à 11 heures, pour déposer leurs offres techniques et financières. Les travaux sont répartis en trois lots qui devront être exécutés simultanément, chacun sur une durée prévisionnelle de 30 mois après le démarrage effectif.


Trois lots pour un chantier d’envergure


Le premier lot couvre 52,05 km entre Yaoundé et Madoumba. Il prévoit la reconstruction de la chaussée, la correction de certains virages, l’aménagement de 22,575 km en 2×2 voies et la construction d’un poste de pesage digitalisé.


Le deuxième lot, également de 52,05 km, s’étend de Madoumba au pont de Ndoupé. Il comprend la reconstruction de la chaussée, l’aménagement de 10,75 km en 2×2 voies et la remise en état des ouvrages d’art et d’assainissement.


Le troisième lot porte sur 62,90 km entre le pont de Ndoupé et le carrefour d’Edéa. Les travaux y prévoient 12 km supplémentaires en 2×2 voies, ainsi que la reconstruction de la chaussée et des ouvrages hydrauliques.


Au total, 45,325 km seront aménagés en 2×2 voies, soit seulement 27,1 % du linéaire. Le reste de l’itinéraire fera l’objet de travaux de reconstruction et d’amélioration du tracé.


Une intervention sur un axe déjà sous pression


La nationale n°3 assure la liaison entre Douala et Yaoundé, les deux principales villes du pays. Elle est également empruntée par les camions qui transportent des marchandises depuis le port de Douala vers l’intérieur du Cameroun et la Centrafrique. La dégradation de plusieurs sections complique depuis des années la circulation des voyageurs et des transporteurs.


Ce chantier intervient alors que le Cameroun réalise en parallèle une autoroute destinée à relier les deux métropoles. Selon le Mintp, les 60 km de la première phase de l’autoroute Yaoundé-Douala sont achevés. La deuxième phase, longue de 141,1 km, a été confiée à China First Highway Engineering Company. En mai 2026, le ministère faisait état de travaux préparatoires et de déforestage, mais aussi de difficultés liées à la libération des emprises. Le 12 juin 2026, devant l’Assemblée nationale, le ministre Emmanuel Nganou Djoumessi a évoqué des blocages liés aux indemnisations des populations riveraines.


Les deux projets concernent la même liaison économique, mais portent sur des infrastructures différentes : la reconstruction de la RN3 intervient sur une route déjà utilisée au quotidien, tandis que l’autoroute vise à créer un nouvel itinéraire à grande capacité.


425 millions de dollars de la Banque mondiale


La reconstruction de la section Yaoundé-Edéa s’inscrit dans le Programme d’aménagement du corridor économique Douala-Bangui (PACEDB), soutenu par la Banque mondiale.


Le 12 juin 2026, le conseil d’administration de l’institution a approuvé un programme régional de 1,12 milliard de dollars, exécuté en plusieurs phases. La première, dotée de 525 millions de dollars, prévoit des investissements dans les infrastructures routières, la sécurité et l’entretien du réseau.


Sur cette enveloppe, le Cameroun bénéficie de 425 millions de dollars, dont 407 millions sous forme de prêt de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) et 18 millions de crédit de l’Association internationale de développement (IDA). La République centrafricaine reçoit 90 millions de dollars et la Commission de la CEMAC, 10 millions.


Le 2 octobre 2026, le président de la République a signé un décret autorisant la conclusion d’un accord de crédit de 347,5 millions d’euros (environ 228 milliards de FCFA) auprès de la BIRD, somme qui correspond approximativement aux 407 millions de dollars prévus pour le Cameroun.


Cette enveloppe couvre plusieurs composantes du programme camerounais : infrastructures logistiques, équipements de contrôle routier et entretien des routes. Le coût prévisionnel précis de chacun des trois lots n’a pas été rendu public.


Plus de 80 % du commerce extérieur centrafricain en jeu


La nationale n°3 constitue une section du corridor Douala-Bangui, long de plus de 1 400 km. Selon la Banque mondiale, ce corridor supporte plus de 80 % du commerce extérieur de la Centrafrique. Les coûts de transport peuvent atteindre 270 dollars par tonne, avec des délais de parcours de neuf à douze jours dans des conditions normales.


L’état des infrastructures n’est pas la seule contrainte. L’institution recense 38 postes de contrôle sur la partie camerounaise du corridor, dont 17 associés à des paiements informels. Le programme régional prévoit donc, en complément des travaux routiers, des mesures pour améliorer les procédures commerciales, renforcer le contrôle des charges à l’essieu et réformer les mécanismes d’entretien.


Le tronçon Edéa-Douala encore en attente


La reconstruction des 167 km entre Yaoundé et Edéa ne couvre pas l’intégralité de la liaison avec Douala. La section restante, d’environ 51 km entre Edéa et le pont sur la Dibamba, est préparée dans un cadre distinct. Son aménagement et la construction d’un second pont sur la Dibamba doivent mobiliser d’autres partenaires, notamment l’Agence française de développement, la Banque européenne d’investissement et l’Union européenne. Le financement de cette section reste à finaliser.


Pour les 167 km Yaoundé-Edéa, la prochaine étape sera l’évaluation des offres après le 24 novembre 2026. Suivront les procédures d’approbation, l’attribution des marchés et la mobilisation des entreprises. Aucune date effective de démarrage n’a encore été annoncée. Si les chantiers commencent au second semestre 2027, la livraison pourrait intervenir en 2030.


Ce projet constitue une étape importante pour fluidifier un axe économique vital. Reste à voir si les délais seront tenus et si les contraintes d’emprises et d’indemnisations, déjà rencontrées sur l’autoroute, ne viendront pas ralentir le calendrier.




Yaoundé-Edéa: Mintp Launches International Tender to Rebuild 167 km of National Road 3


On 8 October 2026, Cameroon’s Ministry of Public Works (Mintp) launched an international call for tenders for the reconstruction of the Yaoundé-Edéa section of National Road 3. The 167-kilometre stretch is a key transport artery expected to ease traffic and facilitate the movement of goods towards the Central African Republic.


Interested companies have until 24 November 2026 at 11 a.m. to submit their technical and financial bids. The works are divided into three lots to be executed simultaneously, each with a planned duration of 30 months after the effective start of construction.


Three lots for a major project


Lot 1 covers 52.05 km between Yaoundé and Madoumba. It includes reconstruction of the carriageway, realignment of certain curves, upgrading of 22.575 km to dual carriageway (2×2 lanes) and construction of a digitalised weigh station.


Lot 2, also 52.05 km, runs from Madoumba to the Ndoupé bridge. It provides for reconstruction of the road surface, upgrading of 10.75 km to dual carriageway, and rehabilitation of engineering structures and drainage works.


Lot 3 covers 62.90 km between the Ndoupé bridge and the Edéa junction. Works include an additional 12 km of dual carriageway, plus reconstruction of the carriageway and hydraulic structures.


In total, 45.325 km will be upgraded to dual carriageway — only 27.1 % of the section. The remainder will undergo reconstruction and alignment improvements.


Intervention on an already strained corridor


National Road 3 links Douala and Yaoundé, Cameroon’s two largest cities. It is also used by trucks carrying goods from Douala port to inland Cameroon and the Central African Republic. Several degraded sections have long hampered passenger and freight traffic.


The reconstruction comes as Cameroon continues building a motorway between the same two cities. According to the Mintp, the first 60 km phase of the Yaoundé-Douala motorway is complete. The second phase (141.1 km) was awarded to China First Highway Engineering Company. In May 2026 the ministry reported preparatory works and deforestation on certain sections, but also difficulties related to right-of-way clearance. On 12 June 2026, before the National Assembly, Minister Emmanuel Nganou Djoumessi cited delays linked to compensation of local residents.


The two projects address the same economic corridor but different infrastructures: reconstruction of RN3 improves a road already in daily use, while the motorway aims to create a new high-capacity route.


World Bank mobilises $425 million for Cameroon


The Yaoundé-Edéa reconstruction forms part of the Douala-Bangui Economic Corridor Development Programme (PACEDB), backed by the World Bank.


On 12 June 2026 the Bank’s Board approved a regional programme of $1.12 billion to be implemented in phases. The first phase, worth $525 million, targets road infrastructure, safety and network maintenance.


Cameroon receives $425 million of this amount — $407 million as a loan from the International Bank for Reconstruction and Development (IBRD) and $18 million as credit from the International Development Association (IDA). The Central African Republic receives $90 million and the CEMAC Commission $10 million.


On 2 October 2026 the President of the Republic signed a decree authorising a credit agreement of €347.5 million (approximately CFA 228 billion) with the IBRD, corresponding roughly to the $407 million IBRD financing earmarked for Cameroon.


This envelope covers several components of the Cameroonian programme, including logistics infrastructure, road-control equipment and road maintenance. The indicative cost of each of the three reconstruction lots has not been made public.


Over 80 % of Central African external trade at stake


National Road 3 forms part of the more than 1,400 km Douala-Bangui corridor. According to the World Bank, the corridor handles over 80 % of the Central African Republic’s external trade. Transport costs can reach $270 per tonne, with transit times of nine to twelve days under normal conditions.


Infrastructure condition is not the only constraint. The Bank records 38 checkpoints on the Cameroonian portion of the corridor, 17 of which are associated with informal payments. The regional programme therefore includes complementary measures to improve trade procedures, strengthen axle-load control and reform infrastructure maintenance mechanisms.


Edéa-Douala section still awaiting financing


Reconstruction of the 167 km between Yaoundé and Edéa does not cover the full link to Douala. The remaining section of approximately 51 km between Edéa and the Dibamba bridge is being prepared under a separate framework. Its upgrading and the construction of a second bridge over the Dibamba are expected to involve other partners, including the French Development Agency, the European Investment Bank and the European Union. Financing for this section remains to be finalised.


For the 167 km Yaoundé-Edéa section, the next step will be evaluation of bids after the 24 November 2026 deadline, followed by approval procedures, contract awards and mobilisation of the selected companies. No firm start date has yet been announced. If works begin in the second half of 2027, completion could be expected in 2030.


The project represents a significant step towards improving a vital economic artery. Whether the timetable will be met, and whether right-of-way and compensation issues already encountered on the motorway will affect progress, remains to be seen.


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Christ Ndiffong (Stagiaire)

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