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UE sous pression : pétrole, pesticides, budget et voitures chinoises, Bruxelles face à une équation explosive

Pétrole, pesticides, budget 2028-2034, voitures chinoises et inflation : l’UE multiplie les arbitrages alors que Bruxelles et les États membres s’opposent sur la stratégie à adopter.

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Union européenne : pétrole, pesticides, budget, voitures chinoises… Bruxelles sous pression sur tous les fronts


BRUXELLES — L’Union européenne fait face à une série de dossiers sensibles qui touchent directement son énergie, son agriculture, ses finances publiques et son industrie automobile. Entre les réserves stratégiques de pétrole, l’assouplissement envisagé des règles sur les pesticides, le financement du budget 2028-2034 et la montée des véhicules hybrides chinois, les États membres peinent à afficher une ligne totalement unifiée.


Pétrole : l’UE reste prudente sur les réserves stratégiques


Les pays de l’Union européenne se sont globalement accordés pour que toute nouvelle libération de pétrole provenant de leurs réserves stratégiques reste dans les limites des volumes convenus en mars, selon Bloomberg, qui cite un mémorandum.


Réunis mercredi matin, les représentants des États membres ont largement approuvé cette approche. Plusieurs capitales souhaitent néanmoins que l’Agence internationale de l’énergie (AIE) évalue l’impact des mesures envisagées avant d’aller plus loin.


Une libération anticipée de diesel, élément important de l’accord conclu au niveau du G7, reste possible, mais dans des quantités limitées. Pour l’heure, aucun pays de l’UE ne s’est clairement engagé à procéder à une nouvelle libération dans la fenêtre de 20 jours.


La France et l’Italie pourraient toutefois envisager de mettre davantage de diesel sur le marché au-delà des engagements pris en mars. Aucune décision définitive n’a encore été arrêtée.


La semaine dernière, les pays du G7 avaient annoncé un accord destiné à rendre disponibles 100 millions de barils de pétrole et de diesel. L’AIE doit encore examiner la question.


Pesticides : la Commission européenne accusée de répondre aux industriels


Autre dossier explosif : la réglementation européenne sur les pesticides.


Le Financial Times rapporte que des entreprises des secteurs chimique et agricole ont convaincu la Commission européenne d’envisager un assouplissement de certaines règles. Bruxelles cherche officiellement à réduire les contraintes pesant sur les agriculteurs et à améliorer la compétitivité de l’Union.


Mais certaines propositions suscitent déjà des interrogations. Selon le quotidien britannique, elles reprendraient étroitement plusieurs demandes formulées par les fabricants d’engrais et de produits chimiques, notamment sur les normes environnementales et sanitaires.


La Commission aurait notamment proposé de supprimer la réévaluation obligatoire, tous les quinze ans, des substances actives déjà autorisées dans les pesticides.


Cette proposition serait apparue après des interventions du groupe allemand Bayer et du lobby agricole Copa Cogeca en faveur d’une autorisation des pesticides « sans limitation de durée ». Bayer a confirmé au Financial Times son soutien à ces positions, qu’il juge « importantes et justifiées ».


Bruxelles envisagerait également de ne pas interdire certains produits chimiques lorsqu’ils sont considérés comme nécessaires au maintien des rendements agricoles. Les délais de retrait du marché des pesticides interdits pourraient par ailleurs passer de 18 mois à trois ans.


Budget européen 2028-2034 : Bruxelles veut limiter l’effort demandé aux États


La bataille est également financière.


La Commission européenne cherche à convaincre les États membres de ne pas réduire le budget commun pour la période 2028-2034. Pour y parvenir, elle propose notamment d’augmenter les recettes provenant de prélèvements à l’échelle européenne afin de réduire les contributions directes des gouvernements nationaux.


Selon un document interne cité par le Financial Times, les contributions des États par rapport à leur revenu national brut pourraient passer de 0,84% actuellement à 0,76% dans le prochain cycle budgétaire.


Bruxelles compte parallèlement accroître les recettes communes, notamment grâce à de nouveaux prélèvements ou à une hausse de certaines recettes liées à la fiscalité des entreprises, aux déchets électroniques non recyclables, aux accises sur le tabac, au marché du carbone et au mécanisme d’ajustement carbone aux frontières.


Cette stratégie ne convainc pas tout le monde. Des diplomates européens cités par le Financial Times ont qualifié les calculs de « chamaniques » et de « déconnectés des réalités des États membres », estimant qu'un impôt européen représente malgré tout une charge supplémentaire pour les contribuables.


Devant le Parlement européen à Strasbourg, Ursula von der Leyen a, elle, défendu le projet présenté par la Commission, le qualifiant de « plus ambitieux de l’histoire » et avertissant qu’une réduction du budget mettrait en péril les priorités essentielles de l’Union.


Inflation et énergie : le prochain budget européen déjà sous pression


Un autre document confidentiel cité par le site Rapporteur apporte une nuance importante à cette présentation.


Le prochain budget septennal de l’UE pourrait être inférieur, en termes réels, au précédent, notamment sous l’effet de la flambée des prix de l’énergie et du regain d’inflation lié aux perturbations géopolitiques.


Selon ce document daté du 2 octobre, la part du projet de budget 2028-2034 rapportée au revenu national brut de l’Union aurait été ramenée à 1,11%, contre 1,15% dans la proposition initiale présentée en juillet.


Le document souligne que, hors remboursement de la dette contractée pendant la pandémie, le volume du prochain budget représenterait 1,11% du RNB, un niveau inférieur à la taille relative du budget 2021-2027 lors de son adoption.


Cette révision s’expliquerait notamment par une inflation supérieure de plus de 2% au « déflateur » retenu par la Commission européenne.


Voitures chinoises : Bruxelles prépare une nouvelle riposte commerciale


Le front commercial avec Pékin reste lui aussi ouvert.


Selon Bloomberg, la Commission européenne travaille sur un dispositif visant les importations de voitures hybrides chinoises afin de réduire le déficit commercial de l’Union européenne.


Bruxelles envisagerait notamment la mise en place de quotas, avec des droits de douane plus élevés au-delà d’un certain seuil d’importations.


L’enjeu est devenu particulièrement sensible avec la progression rapide des constructeurs chinois sur le marché européen. Les véhicules hybrides chinois représenteraient désormais environ un quart de ce segment, alors que ces modèles ne sont pas encore soumis aux mêmes droits de douane élevés que les voitures électriques chinoises.


Le mécanisme pourrait d’abord être lancé sous la forme d’un projet pilote. En cas de succès, la Commission pourrait l'étendre à d’autres secteurs confrontés à des déséquilibres commerciaux avec la Chine.


En août, les marques automobiles chinoises, parmi lesquelles BYD, auraient représenté environ 12% des ventes de voitures neuves en Europe, selon les données citées dans la source.


Donald Trump au Parlement européen : une sculpture provoque la polémique


À Strasbourg, une autre actualité a retenu l’attention.


Une sculpture baptisée « La peste orange », représentant Donald Trump nu avec un club de golf, a été installée dans le bâtiment du Parlement européen, rapporte Der Spiegel.


L’œuvre, réalisée par l’artiste danois Jens Galschiot, mesure environ 2,5 mètres et est recouverte d’or 23 carats. Elle représente Donald Trump assis sur les épaules d’un homme.


L’exposition a été rendue possible à l’invitation de l’eurodéputé danois de gauche Per Clausen, qui a déjà présenté le président américain comme une cause majeure de la crise climatique.


L’installation illustre également les fortes tensions politiques et idéologiques qui traversent le Parlement européen autour de la politique américaine et des questions climatiques.


Italie : Giorgia Meloni réclame davantage de flexibilité budgétaire


La pression inflationniste pousse également Rome à réclamer davantage de marge de manœuvre.


La présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a estimé que la hausse des prix obligeait les gouvernements européens à augmenter leurs dépenses et justifiait une plus grande flexibilité concernant les règles budgétaires.


Elle a notamment expliqué que l’inflation, désormais supérieure aux prévisions établies plusieurs années auparavant, entraînait automatiquement une hausse de certaines dépenses publiques, notamment les retraites et les prestations sociales.


Selon Il Sole 24 Ore, 18 pays auraient rejoint la demande italienne pour davantage de flexibilité.


L’Italie est particulièrement exposée à cette pression inflationniste. Selon les estimations de l’institut national de statistique Istat citées dans la source, l’inflation italienne a atteint 4,2% sur un an en septembre, contre 3,3% en août, soit son niveau le plus élevé des trois dernières années.


Une Europe confrontée à des arbitrages de plus en plus difficiles


Derrière ces dossiers apparemment distincts se dessine une même équation : l’Union européenne doit simultanément sécuriser son approvisionnement énergétique, protéger sa compétitivité industrielle, soutenir son agriculture, financer ses nouvelles priorités et contenir l’impact de l’inflation sur les finances publiques.


Le débat sur le budget 2028-2034 risque ainsi de devenir un véritable test politique pour Bruxelles. La Commission veut préserver ses ambitions sans accroître excessivement la pression directe sur les États membres. Dans le même temps, plusieurs capitales réclament davantage de flexibilité pour faire face à la hausse de leurs dépenses.


Sur le front commercial, la progression des constructeurs chinois ajoute une autre difficulté : défendre l’industrie européenne sans déclencher une escalade commerciale avec Pékin.


Et dans l’agriculture, l’éventuel assouplissement des règles sur les pesticides devra trouver un équilibre particulièrement délicat entre compétitivité, rendement agricole, protection de l’environnement et santé publique.


Pour l’Union européenne, les prochains mois s’annoncent donc décisifs. Derrière chaque arbitrage technique se joue désormais une question politique majeure : comment financer et protéger le modèle européen dans un environnement marqué par l’inflation, les tensions énergétiques, la concurrence chinoise et les bouleversements géopolitiques ?




EU Under Pressure Over Oil, Pesticides, Budget and Chinese Cars as Brussels Faces Multiple Economic Fronts


BRUSSELS — The European Union is facing a series of sensitive economic and political challenges involving energy security, agriculture, public finances and the automotive industry. From strategic oil reserves and pesticide rules to the 2028-2034 EU budget and rising Chinese car imports, member states are struggling to maintain a fully unified position.


EU remains cautious over strategic oil reserves


EU countries have broadly agreed that any additional release of oil from strategic reserves should remain within the volumes agreed in March, Bloomberg reported, citing a memorandum.


Representatives of member states largely backed the approach at a meeting on Wednesday morning. Several countries, however, want the International Energy Agency (IEA) to assess the impact of the measures before further action is taken.


An early release of diesel, a key element of the G7 agreement, remains possible, but only in limited quantities. No EU country has clearly committed to an additional release within the 20-day window.


France and Italy could consider releasing additional diesel beyond their March commitments, although no final decision has been made.


Last week, G7 countries announced an agreement aimed at making 100 million barrels of oil and diesel available. The IEA is expected to examine the issue.


Pesticide rules spark controversy in Brussels


The European Commission is also facing scrutiny over plans to simplify pesticide regulations.


The Financial Times reported that companies from the chemical and agricultural sectors had persuaded the Commission to consider easing some rules as part of efforts to reduce the regulatory burden on farmers and improve EU competitiveness.


According to the newspaper, however, some proposals closely reflect demands made by fertilizer and chemical manufacturers to roll back certain environmental and health standards.


The Commission has reportedly proposed removing the mandatory 15-year reassessment of active substances already authorized for use in pesticides.


The proposal emerged after German chemical giant Bayer and agricultural lobby Copa Cogeca called for pesticide authorizations to be granted without time limits. Bayer confirmed to the Financial Times that it supports these positions.


The Commission is also considering allowing the continued use of certain chemicals deemed necessary to maintain agricultural yields and extending the withdrawal period for banned pesticides from 18 months to three years.


EU budget battle intensifies


The Commission is also trying to persuade member states not to cut the common EU budget for 2028-2034.


Brussels wants to increase revenues from EU-wide levies in order to reduce direct contributions from national governments.


According to an internal document cited by the Financial Times, national contributions relative to gross national income could fall from 0.84% currently to 0.76% under the next budget cycle.


At the same time, Brussels plans to increase common revenues through measures involving corporate taxation, non-recyclable electronic waste, tobacco excise duties, carbon-market revenues and the EU carbon border adjustment mechanism.


Some European diplomats have criticized the calculations as unrealistic, arguing that EU-level taxation would nevertheless represent an additional financial burden for national taxpayers.


European Commission President Ursula von der Leyen has defended the proposal, calling it the “most ambitious budget in history” and warning that cuts would threaten key EU priorities.


Inflation could reduce the real size of the next EU budget


A confidential document cited by the Rapporteur website suggests that the next seven-year EU budget could nevertheless be smaller in real terms than its predecessor.


The document, dated October 2, reportedly puts the proposed 2028-2034 budget at 1.11% of EU gross national income, down from 1.15% in the initial July proposal.


The reduction is reportedly linked to inflation exceeding the Commission's assumed deflator by more than 2% over the past year.


The figures add another layer to the debate over the Commission's claim that its proposal represents the most ambitious budget in EU history.


Brussels considers restrictions on Chinese hybrid cars


The EU is also preparing a possible new trade response to China's growing presence in the European automotive market.


According to Bloomberg, the European Commission is considering quotas for Chinese hybrid vehicle imports. Cars exceeding a predetermined threshold could face higher tariffs.


Chinese hybrid vehicles now account for a significant share of the European hybrid market, while they have not yet faced the same high tariffs imposed on Chinese electric vehicles.


The measure could initially be introduced as a pilot project. If successful, similar mechanisms could later be applied to other sectors affected by trade imbalances with China.


Chinese automotive brands, including BYD, reportedly accounted for around 12% of new-car sales in Europe in August, according to the information cited in the source.


Trump sculpture causes controversy at European Parliament


Meanwhile, a political controversy has erupted at the European Parliament in Strasbourg.


A sculpture entitled “The Orange Plague”, depicting US President Donald Trump naked and holding a golf club, was installed inside the European Parliament building, Der Spiegel reported.


The approximately 2.5-meter-high sculpture is covered in 23-carat gold and was created by Danish artist Jens Galschiot.


The exhibition was organized at the invitation of Danish left-wing MEP Per Clausen, who has repeatedly described Trump as a major cause of the climate crisis.


Italy demands greater budget flexibility


Italy is also pressing Brussels for greater fiscal flexibility as inflation pushes government spending higher.


Italian Prime Minister Giorgia Meloni said higher inflation was forcing European governments to spend significantly more than initially expected, requiring greater flexibility from the EU on deficit rules.


She pointed to automatic increases in areas such as pensions and social benefits.


According to Il Sole 24 Ore, 18 countries have joined Italy's call for greater flexibility.


Italy's annual inflation rate reached 4.2% in September, up from 3.3% in August, according to estimates from national statistics office Istat cited in the source.


A European Union facing increasingly difficult choices


Taken together, these developments highlight the difficult choices confronting the European Union.


Brussels must secure energy supplies, protect industrial competitiveness, support agriculture, finance future priorities and manage the impact of inflation on public finances — all while navigating geopolitical tensions and growing competition from China.


The debate over the 2028-2034 budget could therefore become a major political test for the European Commission and member states.


At the same time, the potential easing of pesticide rules will require a delicate balance between agricultural productivity, competitiveness, environmental protection and public health.


For the EU, the coming months could prove decisive. The central question is increasingly clear: how can Europe finance and protect its economic model in an environment shaped by inflation, energy pressures, Chinese competition and geopolitical upheaval?


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Ekanga Ekanga Fernand

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