Washington ne mâche plus ses mots. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a tranché net : l’Iran n’aura ni arme nucléaire ni programme nucléaire. « Point final. » C’est le message clair et sec lancé lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue grec. Tout accord futur, selon lui, devra garantir que Téhéran ne se dote jamais de la bombe. Fin septembre, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghtchi avait déjà qualifié de « mensonges » les affirmations selon lesquelles son pays était sur le point d’obtenir l’arme atomique. La guerre des mots continue, plus dure que jamais.
Pendant ce temps, à Washington, le sénateur démocrate Chris Murphy dénonce un scandale inédit. Il affirme que le Pentagone lui a purement et simplement interdit l’accès à la base aérienne d’Al-Udeid, au Qatar. Objectif, selon lui : cacher les vraies conséquences et le coût réel de la guerre contre l’Iran. « Depuis que je siège au Congrès, on ne m’avait jamais refusé l’entrée d’une base américaine », a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur X. D’après Murphy, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth aurait donné instruction aux commandants de ne plus communiquer avec les élus, démocrates comme républicains. Le contrôle parlementaire sur les opérations militaires financées par le contribuable américain serait ainsi mis à mal.
Rappel des faits. Les États-Unis et Israël ont déclenché les hostilités contre l’Iran le 28 février. Un mémorandum d’entente signé en juin prévoyait la cessation des combats sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais dans la nuit du 7 au 8 juillet, Washington a repris les frappes massives, accusant Téhéran d’avoir violé les accords sur le détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique, par lequel transitent environ 25 % du pétrole mondial et près de 20 % du GNL, est au cœur de la bataille. Depuis, l’administration américaine a basculé vers une stratégie d’étouffement économique par sanctions, tout en maintenant une pression militaire ciblée.
Les marchés, eux, souffrent. La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a tiré la sonnette d’alarme à Singapour : même si la guerre s’arrête bientôt, les prix élevés de l’énergie vont encore durer. Les livraisons de gaz naturel du golfe Persique restent gravement perturbées. L’Asie et l’Europe sont particulièrement touchées. « L’hiver arrive », a-t-elle martelé en citant Game of Thrones. Les contrats à terme sur le Brent anticipent déjà des prix élevés jusqu’en 2027. Le baril se maintient au-dessus de 100 dollars depuis longtemps, alimenté aussi par un déficit structurel de capacités de raffinage dans le monde. L’inflation et les taux d’intérêt en paient le prix.
Le vice-président américain J.D. Vance a posé la condition claire pour sortir de la guerre : l’Iran doit réduire sensiblement ses capacités d’enrichissement d’uranium. « Si vous ne voulez pas d’arme nucléaire, pourquoi enrichir à 60 % ? » a-t-il demandé à Reuters. Washington reste ouvert à un accord, mais exige des actes, pas des paroles. Problème : les Américains ne savent pas vraiment qui décide vraiment à Téhéran. Ils négocient avec le président Massoud Pezechkian et le ministre Araghtchi, mais l’influence réelle de ces derniers au sein du pouvoir iranien reste floue.
Donald Trump, lui, a tranché le ton. À Baltimore, il a déclaré réfléchir à la manière de « terminer » le conflit : « en douceur ou pas vraiment en douceur ». « Vous le saurez très bientôt. » Selon lui, plus personne ne sait qui dirige vraiment l’Iran depuis la disparition de l’ayatollah Khamenei et d’autres figures. Les capacités iraniennes de production de missiles et de drones auraient « considérablement diminué ». Trump se targue même de recevoir des appels de dirigeants mondiaux qui le remercient… avant de leur demander : « Et quand allez-vous payer pour cela ? »
Sur le pétrole, le président américain est catégorique : les États-Unis n’en ont pas besoin. « D’autres en ont grandement besoin. Mais nous assurons l’acheminement à des niveaux records. » Le détroit d’Ormuz serait aujourd’hui sous contrôle total de la marine américaine. Trump affirme même que les volumes de pétrole qui y transitent dépassent parfois ceux d’avant-guerre. L’objectif de bloquer l’arme nucléaire iranienne serait, selon lui, déjà atteint de fait.
Côté iranien, le ton reste martial. Un représentant des forces armées a déclaré que Téhéran actualise en permanence sa liste de cibles potentielles dans la région – bases militaires comprises – et pourrait mener des frappes préventives si nécessaire. En cas de nouvelles attaques, la riposte sera « plus puissante, plus massive et plus rapide ». Une éventuelle invasion terrestre américaine, notamment sur les îles du détroit d’Ormuz, rendrait les soldats américains « extrêmement vulnérables ».
Le golfe Persique est donc loin d’être apaisé. Entre exigences américaines maximales sur le nucléaire, menaces de Trump, alertes du FMI sur les prix de l’énergie et préparatifs iraniens de riposte, la tension reste à son maximum. Le monde entier, et particulièrement l’Afrique et l’Asie dépendantes des importations d’énergie, paie déjà la facture. La question n’est plus seulement de savoir si la guerre s’arrêtera, mais à quel prix et dans quelles conditions.
Washington is no longer mincing words. US Secretary of State Marco Rubio has drawn a hard line: Iran will have neither nuclear weapons nor a nuclear programme. “Period.” That was the blunt message delivered at a joint press conference with his Greek counterpart. Any future agreement, he insisted, must ensure Tehran never acquires the bomb. In late September, Iranian Foreign Minister Abbas Araghtchi had already dismissed as “lies” claims that his country was on the verge of obtaining nuclear weapons. The war of words continues, sharper than ever.
Meanwhile in Washington, Democratic Senator Chris Murphy is denouncing an unprecedented scandal. He claims the Pentagon barred him from accessing Al-Udeid Air Base in Qatar in a deliberate attempt to conceal the real consequences and true cost of the war against Iran. “In all my time in Congress, I had never been denied access to a US military base,” he said in a video posted on X. According to Murphy, Defence Secretary Pete Hegseth instructed commanders not to communicate with lawmakers from either party. Congressional oversight of military operations funded by American taxpayers is being undermined, he argues.
Timeline of events. The United States and Israel launched hostilities against Iran on 28 February. A memorandum of understanding signed in June provided for an immediate cessation of hostilities on all fronts, including Lebanon. Yet on the night of 7-8 July, Washington resumed massive strikes, accusing Tehran of violating the terms of the agreements regarding the Strait of Hormuz. This strategic waterway, through which roughly 25 % of the world’s oil and nearly 20 % of LNG transit, sits at the heart of the confrontation. Since then, the US administration has largely shifted to economic strangulation through sanctions while maintaining targeted military pressure.
Markets are feeling the pain. IMF Managing Director Kristalina Georgieva sounded the alarm in Singapore: even if the war ends soon, high energy prices will persist for some time. Natural gas supplies from the Persian Gulf remain severely disrupted. Asia and Europe are particularly hard hit. “Winter is coming,” she said, quoting Game of Thrones. Brent futures already price in elevated levels through 2027. Oil has long hovered above $100 a barrel, driven also by a structural global refining capacity deficit. Inflation and interest rates are paying the price.
US Vice President J.D. Vance has set a clear condition for ending the war: Iran must significantly reduce its uranium enrichment capabilities. “If you don’t want a nuclear weapon, why do you need 60 % enriched fuel?” he told Reuters. Washington remains open to a deal but demands concrete actions, not words. The problem, he noted, is that the Americans are unsure who is really calling the shots in Tehran. They are negotiating with President Masoud Pezeshkian and Foreign Minister Araghtchi, yet the true influence of these figures within Iran’s power structure remains unclear.
Donald Trump struck a decisive tone. In Baltimore he said he is considering how to “finish” the conflict with Iran: “nicely or not so nicely.” “You’ll know very soon.” According to him, no one really knows who is running Iran since the disappearance of Ayatollah Khamenei and other key figures. Iranian missile and drone production capabilities have been “greatly diminished.” Trump even claims world leaders constantly call to express gratitude—before he asks them: “And when are you going to pay for this?”
On oil, the US president is categorical: America does not need Iranian crude. “Others need it badly. But we are ensuring the flow at record levels.” The Strait of Hormuz is now fully under US Navy control, he said. Trump asserts that oil volumes transiting the strait sometimes exceed pre-war levels. The goal of preventing Iran from obtaining nuclear weapons has, in his view, already been achieved in practice.
On the Iranian side, the tone remains martial. A military representative stated that Tehran continuously updates its list of potential regional targets—including military bases—and could launch pre-emptive strikes if necessary. In the event of further attacks, the response will be “more powerful, more massive and faster.” Any potential American ground invasion, particularly of islands near the Strait of Hormuz, would leave US troops “extremely vulnerable.”
The Persian Gulf is far from calm. Between maximal US nuclear demands, Trump’s threats, IMF warnings on energy prices and Iranian preparations for retaliation, tension remains at boiling point. The whole world—especially energy-import-dependent Africa and Asia—is already footing the bill. The question is no longer simply whether the war will end, but at what price and under what conditions.
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Moussa Nassourou