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Blé, sols agricoles : le Cameroun dégaine 550 millions FCFA et lance une opération géante sur 60 300 échantillons

Le Cameroun accélère son agriculture : 550 millions FCFA prévus pour un laboratoire du blé dans l’Adamaoua et 60 300 échantillons de sols à analyser.

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Agriculture : le Cameroun investit dans un laboratoire du blé et cartographie 60 300 échantillons de sols


Le Cameroun muscle son dispositif scientifique pour soutenir son ambition d’import-substitution agricole. Dans l’Adamaoua, l’IRAD prépare la construction d’un laboratoire dédié au contrôle de la qualité du blé, tandis que le gouvernement lance une vaste campagne de collecte et d’analyse de 60 300 échantillons de sols cultivables à travers le pays. Deux opérations qui placent la donnée scientifique au cœur de la transformation du secteur agricole.


Le chantier de la transformation agricole prend une nouvelle dimension au Cameroun. L’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD) veut doter l’Adamaoua d’un laboratoire spécialisé dans le contrôle de la qualité du blé et des produits céréaliers. En parallèle, le gouvernement engage une opération nationale destinée à mieux connaître les sols cultivables et à orienter les producteurs vers les cultures et les fertilisants les plus adaptés.


Un laboratoire du blé de 100 millions de FCFA


L’IRAD a lancé, le 8 septembre 2026, un appel d’offres pour sélectionner une entreprise camerounaise chargée de construire ce futur laboratoire dans l’Adamaoua. Le marché est estimé à 100 millions de FCFA TTC, avec un financement assuré par le Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (PIISAH).


Le laboratoire devra notamment analyser les caractéristiques physiques et techniques de la farine de blé et d’autres produits céréaliers, mais également leur qualité microbiologique et leurs propriétés sensorielles.


L’enjeu dépasse donc la seule construction d’un bâtiment. L’infrastructure doit contribuer à renforcer les capacités nationales de contrôle et d’analyse dans une filière considérée comme stratégique dans la politique d’import-substitution.


Pour l’IRAD, le projet s’inscrit dans la volonté de développer une production céréalière locale capable de répondre davantage aux besoins du marché camerounais et, à terme, de réduire la dépendance du pays aux importations de blé.


450 millions de FCFA prévus pour les équipements


Le marché de construction concerne le bâtiment ainsi que ses différentes installations, notamment les réseaux électriques, sanitaires et de ventilation. Il est réservé aux entreprises de droit camerounais disposant d’une expérience dans le domaine du bâtiment et des travaux publics.


L’entreprise retenue devra réaliser les travaux dans un délai de six mois à compter de la notification de l’ordre de service de démarrage.


Mais le bâtiment ne constitue qu’une première partie de l’investissement. La programmation des marchés publics de l’IRAD pour 2026 prévoit également 450 millions de FCFA pour la fourniture et l’équipement du laboratoire, toujours sur financement du PIISAH.


À eux seuls, les crédits prévisionnels identifiés portent ainsi l’investissement envisagé à 550 millions de FCFA pour la construction et l’équipement. Il convient toutefois de préciser que les 450 millions de FCFA correspondent à une prévision budgétaire : les informations disponibles ne permettent pas de confirmer à ce stade l’attribution du marché d’équipement ni la livraison effective du matériel.


Les offres attendues jusqu’au 12 octobre


Le calendrier de la procédure a par ailleurs été modifié. Un additif signé le 6 octobre 2026 et publié le lendemain reporte la date limite de dépôt des offres du 7 au 12 octobre 2026 à 12 heures.


Les entreprises intéressées doivent transmettre leurs soumissions via la plateforme électronique des marchés publics COLEPS. L’ouverture des plis est programmée le même jour à 13 heures, dans la salle de conférence de l’IRAD à Nkolbisson, à Yaoundé.


Cette infrastructure devra, à terme, fournir des capacités d’analyse utiles aussi bien à la recherche qu'au développement de la filière céréalière.


60 300 échantillons de sols à analyser à travers le Cameroun


Dans le même temps, le Cameroun veut mieux connaître son principal outil de production agricole : la terre.


Le gouvernement lance une vaste opération de collecte et d’analyse de 60 300 échantillons de sols cultivables, qui devront être prélevés et géoréférencés sur l’ensemble du territoire.


Ces données doivent alimenter le Système d’information de cartographie interactive de la fertilité des sols cultivables, développé dans le cadre du Projet d’accélération de la transformation numérique au Cameroun (PATNUC), avec l’appui de la Banque mondiale.


« La deuxième phase, dont les opérations doivent commencer en octobre 2026, porte sur la collecte et l’analyse des échantillons géoréférencés, puis sur l’intégration des résultats dans sa base de données », a indiqué le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, le 1er octobre 2026 à Yaoundé, lors de la cérémonie officielle de rétrocession de la plateforme.


Les premières opérations concernent cinq régions : l’Extrême-Nord, le Nord, l’Adamaoua, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.


Des données pour savoir quoi cultiver et comment fertiliser


L'objectif est de constituer une base de données suffisamment précise pour caractériser les terres agricoles camerounaises.


À terme, la plateforme doit notamment aider à déterminer quelles cultures sont les mieux adaptées à chaque zone, quels sont les besoins en fertilisants et quelles pratiques agricoles peuvent permettre d'améliorer durablement les rendements.


Cette approche doit également permettre de limiter les dépenses improductives des agriculteurs. Une meilleure connaissance des sols peut en effet contribuer à éviter les applications inadaptées de fertilisants, à réduire le gaspillage d'intrants et à améliorer l'allocation des ressources.


Les données collectées pourront également être exploitées par les services de conseil agricole, les chercheurs et les administrations chargées de concevoir les politiques publiques.


La ministre des Postes et Télécommunications, qui assure la maîtrise d’ouvrage du PATNUC, présente ainsi la plateforme comme un véritable outil d’aide à la décision. Elle doit permettre de gérer les campagnes d’enquête, le géoréférencement des prélèvements, les mesures réalisées sur le terrain, les analyses de laboratoire, ainsi que la validation et l’exploitation des résultats à travers une cartographie interactive.


Plus de 3 milliards de FCFA d’équipements mobilisés


L’ampleur du dispositif ne se limite pas au développement informatique de la plateforme.


Selon Gabriel Mbairobe, l’ensemble du matériel roulant, des plateformes numériques et des équipements informatiques fournis par le PATNUC au sous-secteur de l’Agriculture et du Développement rural représente une valeur de plus de 3 milliards de FCFA.


Le dispositif comprend notamment des véhicules et des motos destinés à faciliter les déplacements vers les zones de prélèvement. Des kits et réactifs doivent également permettre de réaliser certaines analyses sur le terrain.


Des ordinateurs et des tablettes sont prévus pour enregistrer, traiter et transmettre les observations recueillies lors des opérations.


À cette enveloppe d’équipements s’ajoutent 3 milliards de FCFA de subventions destinées aux petits producteurs des filières maïs, riz pluvial, manioc et anacarde, ainsi que 800 millions de FCFA de subventions accordées aux organisations de producteurs.


Les montants communiqués représentent ainsi plus de 6,8 milliards de FCFA en équipements et subventions mentionnés par le ministre.


Le pari de l’agriculture guidée par la donnée


La campagne des 60 300 échantillons constitue la deuxième phase d’un projet dont le développement de la plateforme numérique constitue la première étape.


Le gouvernement veut désormais passer de l’outil informatique à son alimentation en données scientifiques directement issues des parcelles agricoles.


Le projet s’inscrit dans la troisième composante du PATNUC, consacrée au développement de solutions fondées sur les données dans le secteur agricole. L’ambition est d’améliorer la collecte, l’exploitation et le partage des informations agricoles, tout en renforçant les liens entre producteurs, prestataires de services et marchés.


Avec le laboratoire de contrôle du blé envisagé dans l’Adamaoua et la cartographie nationale de la fertilité des sols, le Cameroun avance ainsi sur deux fronts complémentaires : mieux contrôler ce qui entre dans la chaîne céréalière et mieux connaître ce qui peut être produit sur les terres nationales.


Dans le contexte de la politique d’import-substitution, l’enjeu est considérable. Car produire davantage localement ne dépend pas uniquement de la disponibilité des terres. Il faut aussi connaître leur potentiel, maîtriser les itinéraires techniques, optimiser les intrants et disposer d’infrastructures capables de mesurer objectivement la qualité des productions.


Le défi sera désormais de transformer ces investissements dans la donnée, la recherche et les infrastructures en gains de productivité visibles pour les producteurs et en baisse effective de la dépendance aux importations.




Cameroon invests in wheat quality control and maps 60,300 soil samples to boost agricultural production


Cameroon is stepping up its agricultural transformation strategy by combining scientific research, digital technology and infrastructure. In the Adamawa Region, the Institute of Agricultural Research for Development (IRAD) is preparing to build a laboratory dedicated to wheat quality control, while the government is launching a nationwide campaign to collect and analyze 60,300 soil samples.


The two initiatives are designed to strengthen domestic agricultural production and support the country’s import-substitution strategy.


A CFAF 100 million wheat laboratory


On September 8, 2026, IRAD launched a tender to select a Cameroonian company to build a wheat quality-control laboratory in the Adamawa Region.


The project has an estimated cost of CFAF 100 million, including taxes, and is funded through the Integrated Agropastoral and Fisheries Import-Substitution Plan (PIISAH).


The future laboratory will be responsible for analyzing the physical and technical characteristics of wheat flour and other cereal products, as well as their microbiological quality and sensory properties.


The facility is intended to strengthen national testing and research capacity and support the development of a domestic cereal industry.


CFAF 450 million planned for equipment


The tender covers the construction of the laboratory building and its electrical, sanitary and ventilation systems.


Eligible bidders must be Cameroonian companies with experience in building and public works. The selected contractor will have six months to complete the project following notification of the service commencement order.


IRAD's 2026 public procurement program also provides for CFAF 450 million for the supply and installation of laboratory equipment, also financed by PIISAH.


This would bring the planned construction and equipment investment to CFAF 550 million. However, the CFAF 450 million figure remains a budgetary projection and does not, on its own, confirm that the equipment contract has been awarded or that the equipment has been delivered.


An addendum signed on October 6 and published on October 7 extended the deadline for bids from October 7 to October 12, 2026, at noon. Bids must be submitted through Cameroon’s electronic public procurement platform, COLEPS.


60,300 soil samples across Cameroon


At the same time, Cameroon is launching a major nationwide soil survey aimed at collecting and georeferencing 60,300 samples from cultivated land.


The data will feed into an interactive soil fertility mapping information system developed under the Cameroon Digital Transformation Acceleration Project (PATNUC), with support from the World Bank.


Agriculture and Rural Development Minister Gabriel Mbairobe said on October 1, 2026, in Yaoundé that the second phase of the project would begin in October. It will involve collecting and analyzing georeferenced samples before integrating the results into the database.


The first operations will cover five regions: Far North, North, Adamawa, Northwest and Southwest.


Using data to improve farm productivity


The objective is to build a detailed database of Cameroon’s agricultural soils.


The platform should help determine which crops are best suited to specific areas, identify fertilizer requirements and promote farming practices capable of improving yields sustainably.


Better soil information could also help farmers avoid unnecessary expenditure on inputs, reduce inappropriate fertilizer applications and improve the use of available resources.


The data will also be available to agricultural advisory services, researchers and policymakers.


According to the government, the platform will manage field surveys, georeferencing of samples, field measurements, laboratory analyses and validation of results through an interactive mapping system.


More than CFAF 3 billion in equipment


The scale of the initiative extends beyond the digital platform itself.


According to Minister Gabriel Mbairobe, vehicles, digital platforms and IT equipment provided by PATNUC to the agriculture and rural development sector are worth more than CFAF 3 billion.


The field operation includes vehicles and motorcycles to reach sampling areas, as well as testing kits and reagents for on-site analysis.


Computers and tablets will also be used to record and transmit field observations.


The government also cites CFAF 3 billion in subsidies for smallholders in maize, rain-fed rice, cassava and cashew, as well as CFAF 800 million in subsidies for producer organizations.


The equipment and subsidies mentioned therefore amount to more than CFAF 6.8 billion.


Agriculture increasingly driven by data


The soil survey represents the second phase of a project whose first stage focused on developing the digital platform.


The government is now moving toward collecting real-world scientific data directly from agricultural plots.


The initiative falls under the third component of PATNUC, which focuses on data-driven solutions for agriculture. Its objectives include improving agricultural data collection, use and sharing while strengthening links between farmers, service providers and markets.


The wheat laboratory in Adamawa and the nationwide soil-mapping campaign therefore address two complementary challenges: improving quality control within the cereal value chain while gaining a better understanding of what Cameroon’s agricultural land can produce.


For the country’s import-substitution strategy, the challenge is significant. Increasing domestic production requires more than land availability. It also depends on accurate soil data, appropriate farming practices, efficient input use and scientific infrastructure capable of measuring the quality of agricultural products.


The next challenge will be turning these investments in research, infrastructure and data into higher farm productivity and a tangible reduction in Cameroon’s dependence on agricultural imports.


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Mouahna Divine

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