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Gianni Infantino sous le feu : les Arabes le soutiennent, la Suisse le lâche, un lanceur d’alerte le traite de « cancer du football »

Crise FIFA : Infantino s’accroche avec le soutien de 22 pays arabes, mais la Fédération suisse retire son appui et Rui Pinto l’accuse d’avoir protégé City et le PSG. Élection 2027 en ligne de mire. Lisez l’analyse.

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Crise FIFA : Infantino résiste, les Arabes le portent, l’Europe et la Suisse le lâchent


Le président de la FIFA, Gianni Infantino, navigue en eaux troubles. Alors que plusieurs continents s’agitent et que des accusations graves fusent, l’Union des Confédérations Arabes de Football (UAFA) vient de lui offrir un bouclier solide. Après une réunion à Djeddah, en Arabie saoudite, l’UAFA a clairement affirmé son soutien au Suisse. Vingt-deux pays derrière lui : Algérie, Arabie saoudite, Bahreïn, Comores, Djibouti, Égypte, Irak, Jordanie, Koweït, Liban, Libye, Maroc, Mauritanie, Oman, Palestine, Qatar, Somalie, Soudan, Syrie, Tunisie, Émirats arabes unis et Yémen.


On savait déjà que les pays arabo-africains penchaient en sa faveur. Désormais, une partie des pays arabo-asiatiques suit le mouvement. C’est un signal fort à moins de deux ans de l’élection présidentielle de mars 2027. À ce jour, seul Infantino s’est officiellement déclaré candidat. La FIFA elle-même multiplie les appels à d’autres candidatures, signe que le climat n’est pas serein.


En face, le front se durcit. La Confédération asiatique de football (AFC) a pris ses distances, même si tous ses membres ne sont pas d’accord. L’UEFA et plusieurs fédérations européennes s’opposent ouvertement à un nouveau mandat. Et le coup le plus symbolique vient de chez lui : la Fédération suisse de football (FSF) a retiré son soutien.


Selon la SRF, après un « réexamen approfondi des événements de ces derniers mois », la FSF a décidé de se désolidariser. Dans un communiqué, elle évoque des « questions fondamentales concernant le leadership, la gouvernance, la transparence et les processus décisionnels au sein de la FIFA ». Deux dossiers sont particulièrement pointés : l’affaire du carton rouge de Folarin Balogun et les appels téléphoniques avec Donald Trump, ainsi que l’intégration de FIFA Forward Enterprise. Des projets de commercialisation agressive de la Coupe du monde ont également crispé de nombreuses fédérations. L’UEFA a même brandi la menace d’un boycott.


Mais le plus violent vient d’un homme qui connaît les secrets du football européen : Rui Pinto, le lanceur d’alerte portugais derrière Football Leaks. Dans un message cinglant publié le 30 septembre 2026, Pinto accuse Infantino d’avoir, dès 2014, alors qu’il était secrétaire général de l’UEFA, abusé de sa position pour protéger Manchester City et le Paris Saint-Germain dans l’affaire du fair-play financier.


« Dès 2014, quelqu’un était au courant des irrégularités concernant Manchester City. Cet homme dirige aujourd’hui la FIFA », écrit-il. Selon lui, Infantino aurait partagé des documents confidentiels et manœuvré pour que les deux clubs échappent à une exclusion de Ligue des champions et se contentent d’amendes. Des soupçons déjà soulevés par Der Spiegel en 2018 à partir des documents Football Leaks.


Pinto ne mâche pas ses mots : « Compte tenu de ses agissements en tant que secrétaire général de l’UEFA et plus récemment en tant que président de la FIFA, je ne peux que dire que Gianni Infantino, à mon humble avis, est devenu un cancer pour le football et ne devrait avoir aucune place dans l’avenir de ce sport. »


Le match pour le pouvoir à la FIFA est donc lancé. D’un côté, le monde arabe et une partie de l’Afrique qui soutiennent le président sortant. De l’autre, l’Europe, une partie de l’Asie et désormais son propre pays d’origine qui lui tournent le dos. Avec des accusations d’ingérence politique, de manque de transparence et de favoritisme qui collent à ses talons.


Mars 2027 approche. Infantino est encore debout. Mais le terrain se rétrécit. Et dans le football mondial, quand les alliés commencent à se retirer et que les lanceurs d’alerte sortent les dossiers, même les présidents les plus puissants peuvent trébucher.




FIFA Crisis: Infantino Holds On as Arab Nations Back Him, Switzerland Withdraws Support and Whistleblower Calls Him a “Cancer on Football”


FIFA President Gianni Infantino is navigating stormy waters. While continents stir and serious accusations fly, the Union of Arab Football Associations (UAFA) has just handed him a solid shield. Following a meeting in Jeddah, Saudi Arabia, UAFA clearly declared its support for the Swiss. Twenty-two countries stand behind him: Algeria, Saudi Arabia, Bahrain, Comoros, Djibouti, Egypt, Iraq, Jordan, Kuwait, Lebanon, Libya, Morocco, Mauritania, Oman, Palestine, Qatar, Somalia, Sudan, Syria, Tunisia, the United Arab Emirates and Yemen.


It was already known that Arab-African countries leaned in his favour. Now a section of Arab-Asian nations is following suit. This is a strong signal less than two years before the March 2027 presidential election. To date, only Infantino has officially declared his candidacy. FIFA itself has repeatedly called for other candidates, a sign that the atmosphere is far from calm.


On the other side, the front is hardening. The Asian Football Confederation (AFC) has distanced itself, even if not all its members agree. UEFA and several European federations openly oppose another term. And the most symbolic blow comes from home: the Swiss Football Association (SFV) has withdrawn its support.


According to SRF, after a “thorough review of the events of recent months,” the SFV decided to distance itself. In a statement, it raises “fundamental questions concerning leadership, governance, transparency and decision-making processes within FIFA.” Two dossiers are particularly highlighted: the Folarin Balogun red-card affair and the phone calls with Donald Trump, as well as the institutional integration of FIFA Forward Enterprise. Aggressive commercialisation projects for the World Cup have also angered many federations. UEFA has even threatened a boycott.


But the harshest attack comes from a man who knows European football’s secrets: Rui Pinto, the Portuguese whistleblower behind Football Leaks. In a scathing message published on 30 September 2026, Pinto accuses Infantino of having, as early as 2014 while UEFA General Secretary, abused his position to protect Manchester City and Paris Saint-Germain in the financial fair play case.


“Back in 2014, there was a man who was already aware of the irregularities involving Manchester City. That man now runs FIFA,” he wrote. According to Pinto, Infantino shared confidential documents and manoeuvred so that both clubs escaped a Champions League ban and merely received fines. Similar suspicions had already emerged from Football Leaks documents reported by Der Spiegel in 2018.


Pinto does not mince his words: “Given his actions as UEFA General Secretary and, more recently, as FIFA President, I can only say, in my humble opinion, that Gianni Infantino has become a cancer on football and should have no place in the future of the game.”


The power struggle at FIFA is therefore underway. On one side, the Arab world and part of Africa supporting the outgoing president. On the other, Europe, part of Asia and now his own country of origin turning their backs. With accusations of political interference, lack of transparency and favouritism sticking to his heels.


March 2027 is approaching. Infantino is still standing. But the ground is shrinking. And in world football, when allies start withdrawing and whistleblowers open the files, even the most powerful presidents can stumble.



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Lucien Abembe

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