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Prix alimentaires au plus haut depuis 2022 : l'ONU sonne l'alerte, et les pays importateurs comme le Cameroun sont dans la ligne de mire

Prix alimentaires au plus haut depuis 2022, 5,8 millions d'enfants réfugiés hors de l'école, espérance de vie à 73,3 ans : ce que révèle l'ONU.

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Alerte de la FAO : le panier alimentaire mondial s'envole, vos prix pourraient suivre


Le panier alimentaire mondial coûte de plus en plus cher. Dans un rapport publié ce mois-ci, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) annonce que l'indice des prix mondiaux des produits alimentaires a atteint son niveau le plus élevé depuis novembre 2022. Dans le même temps, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l'Organisation mondiale de la santé (OMS) publient des chiffres qui dessinent un tableau contrasté : l'école reste hors de portée pour des millions d'enfants déracinés, tandis que l'espérance de vie mondiale retrouve son niveau d'avant la pandémie.


Alimentation : l'indice de la FAO grimpe à 136 points


Selon la FAO, l'indice s'est établi en moyenne à 136 points en septembre. Il n'avait été plus élevé qu'en 2022, année du pic historique de 160,2 points en mars, avant un reflux à 137,3 points en septembre, 136,7 en octobre et 136,0 en novembre.


Par rapport à 2025, l'indice progresse de 5,8 %, et de 1,5 % sur un mois. Les prix du sucre bondissent de 6,1 %, ceux des céréales de 5,1 % et ceux des huiles végétales de 0,9 %. La viande (-1,1 %) et les produits laitiers (-0,1 %) reculent.


L'organisation identifie deux causes principales : les difficultés logistiques en mer Noire et dans la zone du détroit d'Ormuz, et une sécheresse exceptionnelle, provoquée par le phénomène El Niño, dans de grands pays producteurs d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Asie du Sud-Est.


« Nous assistons à une hausse durable et de plus en plus large des prix mondiaux des matières premières », a averti l'économiste en chef de la FAO, Maximo Torero. Selon lui, si la tendance se poursuit, la pression se répercutera bientôt sur les prix payés par les consommateurs, « en particulier dans les pays dépendants des importations de nourriture et d'énergie ».


Pour rappel, cet indice est calculé chaque mois à partir des prix de 23 denrées réparties en cinq catégories : céréales, huiles végétales, viande, produits laitiers et sucre.


Réfugiés : 5,8 millions d'enfants privés d'école


Autre alerte onusienne : l'éducation des enfants réfugiés. D'après le rapport annuel du HCR, 5,8 millions d'enfants réfugiés en âge d'être scolarisés étaient exclus du système éducatif en 2025, soit 44 % des 13,1 millions d'enfants concernés.


Le fossé se creuse surtout après le primaire : 65 % des enfants réfugiés étaient scolarisés en primaire en 2025, contre seulement 32 % dans le secondaire. Le HCR décrit ce passage au secondaire comme « l'un des principaux problèmes ».


Le Haut-Commissaire Barham Salih met en garde : dans un contexte de grave pénurie de fonds humanitaires, réduire les dépenses d'éducation « risque d'anéantir les résultats de décennies d'efforts conjoints » et de priver toute une génération de perspectives. Le HCR appelle la communauté internationale à garantir le financement de l'éducation et à investir dans les systèmes nationaux des pays d'accueil.


Santé : l'espérance de vie retrouve son niveau d'avant le Covid


Côté santé, l'OMS apporte une bonne nouvelle nuancée. L'espérance de vie moyenne mondiale a atteint 73,3 ans en 2023, contre 73,4 ans en 2019, avant la pandémie de Covid-19. L'espérance de vie en bonne santé se rétablit plus lentement : 62,8 ans en 2023, soit 0,4 an de moins qu'en 2019.


Le poids des maladies non transmissibles (MNT) continue de croître : elles ont causé 74 % des décès dans le monde en 2023, contre 58 % en 2000. Les maladies cardiovasculaires restent la première cause de mortalité : les cardiopathies ischémiques ont provoqué environ 9,5 millions de décès en 2023 et représenté 210 millions d'années de vie corrigées de l'incapacité (AVCI).


Ce que ces chiffres signifient pour le Cameroun et l'Afrique centrale


Ces rapports concernent directement les pays comme le Cameroun, qui dépendent en partie des importations de céréales, d'huiles et de sucre : une hausse durable des cours mondiaux peut, avec un décalage, se traduire par des prix plus élevés sur les marchés locaux. C'est précisément le scénario évoqué par la FAO pour les pays importateurs.


Le dossier des réfugiés rappelle aussi qu'un pays d'accueil ne peut pas porter seul le coût de la scolarisation. Quant à la progression des maladies non transmissibles, elle appelle à renforcer la prévention (hypertension, diabète, mode de vie) et l'accès aux soins.


Trois rapports, un même message : sécurité alimentaire, éducation et santé sont indissociables, et les crédits pour y faire face se raréfient. Les prochains mois diront si la communauté internationale entend l'alerte.




Global Food Prices Hit Highest Level Since 2022: UN Sounds the Alarm for Import-Dependent Countries Like Cameroon


World food is getting more expensive. In its latest report, the UN Food and Agriculture Organization (FAO) says its global food price index has reached its highest level since November 2022. Meanwhile, the UN refugee agency (UNHCR) and the World Health Organization (WHO) have released figures showing that millions of displaced children remain out of school, while global life expectancy is nearly back to pre-pandemic levels.


Food: FAO index climbs to 136 points


The index averaged 136 points in September. It had been higher only in 2022, when it peaked at 160.2 points in March before easing to 137.3 in September, 136.7 in October and 136.0 in November.


Compared with 2025, the index is up 5.8%, and 1.5% in one month. Sugar prices rose 6.1%, cereals 5.1% and vegetable oils 0.9%, while meat (-1.1%) and dairy (-0.1%) fell.


The FAO points to two main drivers: logistical disruptions in the Black Sea and the Strait of Hormuz area, and an exceptional El Niño-driven drought in major farming countries in Europe, North America and Southeast Asia.


"We are witnessing a lasting and increasingly broad rise in global commodity prices," said FAO Chief Economist Maximo Torero. If it continues, he warned, the pressure will soon feed through to consumer food prices, "especially in countries dependent on food and energy imports."


The index tracks the prices of 23 commodities across five categories: cereals, vegetable oils, meat, dairy and sugar.


Refugees: 5.8 million children out of school


According to UNHCR's annual report, 5.8 million school-age refugee children were excluded from education in 2025, or 44% of the 13.1 million total. Primary enrolment reached 65%, but secondary only 32%. UNHCR calls the transition to secondary school "one of the main challenges."


High Commissioner Barham Salih warned that, amid severe humanitarian funding shortfalls, cutting education spending risks wiping out decades of joint efforts and depriving a generation of prospects. UNHCR urged the international community to secure education funding and invest in host countries' national systems.


Health: life expectancy back to pre-Covid levels


The WHO says global life expectancy reached 73.3 years in 2023, versus 73.4 in 2019. Healthy life expectancy is recovering more slowly, at 62.8 years, still 0.4 years below 2019.


Noncommunicable diseases caused 74% of global deaths in 2023, up from 58% in 2000. Cardiovascular disease remains the leading killer: ischemic heart disease caused about 9.5 million deaths in 2023 and 210 million disability-adjusted life years lost.


What it means for Cameroon and Central Africa


Countries like Cameroon that partly rely on imported cereals, oils and sugar could see higher prices on local markets if global prices stay elevated, the scenario the FAO describes for import-dependent nations. The refugee education gap shows that host countries cannot shoulder schooling costs alone, and the rise of noncommunicable diseases calls for stronger prevention and access to care.


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Didier Cebas K.

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