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Budget 2026 : le Cameroun face à un nouveau dérapage du déficit, la facture des carburants s’envole

Le FMI anticipe une nouvelle détérioration du déficit du Cameroun en 2026, sous l’effet des subventions aux carburants et de fortes tensions de financement.

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Budget 2026 : le Cameroun face à un nouveau dérapage du déficit, la facture des carburants s’envole


Le pari du gouvernement camerounais de ramener le déficit budgétaire à 1,7 % du PIB en 2026 est désormais sous forte pression. Après une dégradation de 1,5 % du PIB en 2024 à 2,1 % en 2025, le Fonds monétaire international (FMI) anticipe une nouvelle détérioration cette année. En cause notamment : la remontée du coût des produits pétroliers et le retour en force des subventions aux carburants.


Le diagnostic ressort de la mission d’évaluation post-financement du FMI, conduite à Yaoundé du 17 au 30 septembre 2026. À l’issue de cette mission, Christine Dieterich, cheffe de mission du Fonds, évoque « une nouvelle détérioration modérée » du déficit en 2026.


Le FMI ne fournit pas encore de chiffre définitif pour le déficit de cette année. Mais le constat marque un changement par rapport au cadrage retenu quelques mois plus tôt, qui prévoyait un retour à 1,7 % du PIB.


Le scénario budgétaire de mars déjà bousculé


Lors de l’Article IV conclu fin mars 2026, le FMI estimait encore que le Cameroun pouvait ramener son déficit à 1,7 % du PIB.


À cette période, l’institution considérait que l’augmentation des cours du pétrole aurait un effet relativement contenu sur les finances publiques. Les recettes pétrolières supplémentaires devaient notamment compenser une partie du coût des subventions découlant du maintien des prix administrés des carburants.


Six mois plus tard, le scénario s’est inversé.


La remontée du coût des produits pétroliers pèse désormais directement sur le budget, alors que le gouvernement continue de maintenir les prix à la pompe à des niveaux administrés.


Le gasoil coûte désormais près de 975 FCFA à importer


Les structures mensuelles des prix publiées par la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH) permettent de mesurer l’ampleur du choc.


Pour le gasoil, le coût d’importation est passé de 653,85 FCFA le litre en juillet 2026 à 860,10 FCFA en septembre, avant d'atteindre 974,93 FCFA en octobre.


En trois mois, l’augmentation atteint ainsi 321,08 FCFA par litre, soit 49,1 %.


Dans le même temps, le prix réglementé à la pompe reste fixé à 828 FCFA le litre à Douala.


Autrement dit, en octobre, le seul coût d’importation du gasoil dépasse déjà de 146,93 FCFA le prix final payé par le consommateur.


L’écart est absorbé par le mécanisme de compensation mis en place pour maintenir les prix administrés.


La compensation de l’État atteint 430,30 FCFA par litre


La progression de la ligne « soutien/remboursement État » est particulièrement révélatrice.


Elle s’élevait à 109,22 FCFA par litre en juillet, avant de passer à 315,47 FCFA en septembre et à 430,30 FCFA en octobre.


Entre juillet et octobre, la hausse atteint donc 321,08 FCFA par litre, exactement le même montant que l’augmentation du coût d’importation.


Le prix à la pompe, lui, n’a pas bougé.


Ce mécanisme permet de contenir l’impact immédiat du renchérissement des produits pétroliers sur les ménages et les entreprises. Lorsque le coût réel du produit augmente au-delà du niveau compatible avec le prix réglementé, l’écart doit être compensé.


Une précision est toutefois essentielle : 430,30 FCFA par litre ne signifie pas que le budget de l’État dépense automatiquement cette somme pour chaque litre vendu. Les structures tarifaires mesurent une compensation unitaire théorique ou reconnue dans le mécanisme de prix. La dépense budgétaire effective dépend notamment des volumes concernés, des compensations validées et des paiements effectivement exécutés.


Le super et le pétrole lampant également sous pression


Le phénomène ne concerne pas uniquement le gasoil.


Dans la structure tarifaire d’octobre 2026, la ligne « soutien/remboursement État » atteint également :




  • 205,76 FCFA par litre pour le super ;




  • 660,09 FCFA par litre pour le pétrole lampant.




Les prix à la pompe restent respectivement fixés à 840 FCFA pour le super et 350 FCFA pour le pétrole lampant.


Cette situation traduit la pression croissante exercée par les cours internationaux sur un système dans lequel les prix domestiques restent administrés.


Une subvention quasiment disparue en 2025


Le contraste avec l’année précédente est spectaculaire.


Dans son analyse de l’Article IV 2026, le FMI estime que le coût budgétaire des subventions aux carburants était d’environ 4 % du PIB en 2022, avant de tomber à moins de 1 % du PIB en 2024.


En 2025, le Fonds estimait même que la subvention de facto était devenue nulle, les cours internationaux étant alors inférieurs aux prix administrés.


Cette situation avait permis de réduire considérablement la pression exercée par les carburants sur les finances publiques.


Mais le retournement des marchés pétroliers en 2026 a changé la donne.


Dès mars, le FMI anticipait la réapparition des subventions. À l’issue de sa mission de septembre, il parle désormais de subventions « importantes ».


Le Fonds continue parallèlement de préconiser la mise en place d’un mécanisme automatique d’ajustement des prix des carburants, accompagné de mesures de protection ciblées en faveur des ménages vulnérables.


3 104 milliards de FCFA de besoins de financement


Cette pression intervient alors que le Trésor camerounais doit déjà mobiliser des ressources considérables.


Le budget 2026 prévoit un déficit de 631 milliards de FCFA. Selon le Budget citoyen du ministère des Finances, les recettes budgétaires sont attendues à 5 731,1 milliards de FCFA, pour des dépenses de 6 278 milliards de FCFA.


Après prise en compte de 84 milliards de FCFA de crédits de TVA, le déficit inscrit dans le plan de financement s’établit à 631 milliards.


Mais le besoin réel de financement de l’État est nettement supérieur.


Le Trésor doit notamment mobiliser :




  • 1 870,6 milliards de FCFA pour le remboursement de la dette structurée ;




  • 498,8 milliards de FCFA pour l’apurement des restes à payer ;




  • ainsi que des ressources pour les remboursements de crédits de TVA et les besoins des correspondants du Trésor.




Au total, le ministère des Finances chiffre à 3 104,2 milliards de FCFA les besoins de financement de l’État en 2026.


La hausse de la facture liée aux carburants arrive donc dans un environnement budgétaire déjà fortement contraint.


Le FMI appelle à resserrer les finances publiques


Face à cette situation, le FMI recommande au Cameroun un « resserrement budgétaire », une mobilisation accrue des recettes intérieures et un recours prioritaire aux financements concessionnels.


L’institution maintient également le Cameroun dans une situation de risque global élevé de surendettement.


Dès mars 2026, le Fonds avait souligné les contraintes de liquidité auxquelles le pays était confronté, ainsi que l’importance des échéances de remboursement.


Dans ce contexte, le FMI recommande de privilégier les financements concessionnels, généralement moins coûteux, plutôt que des emprunts commerciaux susceptibles d’accroître davantage le coût du service de la dette.


Une croissance désormais moins dynamique


Autre difficulté : les hypothèses de croissance sur lesquelles repose le budget 2026 apparaissent également plus optimistes que les dernières appréciations du FMI.


La loi de finances 2026 table sur une croissance de 4,3 % du PIB.


Le FMI estime désormais que l’économie camerounaise a progressé de 3,5 % en 2025 et anticipe un « léger ralentissement » en 2026.


Le Fonds ne donne pas encore de nouvelle prévision chiffrée pour la croissance de cette année à l’issue de sa mission de septembre.


Mais il identifie plusieurs facteurs de faiblesse, notamment le recul de la production d’hydrocarbures et les retards dans l’augmentation des capacités de transport de l’électricité.


Là encore, le diagnostic évolue par rapport au scénario présenté au printemps. Lors de l’Article IV de mars, le FMI estimait la croissance de 2025 à 3,1 % et anticipait une accélération à 3,3 % en 2026.


Le véritable cadrage attendu en décembre


Pour le gouvernement de Louis Paul Motaze, l’équation devient donc plus délicate : maintenir les prix des carburants, absorber une compensation croissante, financer les échéances de dette et contenir le déficit dans un contexte de croissance moins dynamique.


Le FMI n’a pas encore livré son chiffre définitif du déficit pour 2026. Le rapport complet de l’évaluation post-financement doit apporter davantage de précisions.


Son examen par le Conseil d’administration du FMI est prévu en décembre 2026.


D’ici là, les données disponibles dessinent déjà une équation budgétaire sous tension : après être passé de 1,5 % du PIB en 2024 à 2,1 % en 2025, le déficit camerounais devrait encore se dégrader en 2026 selon le FMI, alors que le gouvernement visait précisément l’inverse.


La flambée du coût d’importation du gasoil, passé à 974,93 FCFA le litre en octobre, illustre concrètement cette nouvelle pression sur les finances publiques.




Cameroon’s 2026 Budget Under Pressure as Fuel Subsidies Push Deficit Higher


Economy | Public Finance


Cameroon’s plan to reduce its budget deficit to 1.7% of GDP in 2026 is facing growing pressure. After the deficit widened from 1.5% of GDP in 2024 to 2.1% in 2025, the International Monetary Fund (IMF) now expects a further, moderate deterioration this year, driven in particular by rising international oil prices and the resulting increase in fuel subsidies.


The assessment follows the IMF’s post-financing assessment mission in Yaoundé, conducted from September 17 to 30, 2026.


“A further moderate deterioration is expected in 2026, as the shock from international oil prices leads to significant fuel subsidies,” said Christine Dieterich, the IMF mission chief.


The Fund has not yet provided a precise forecast for Cameroon’s 2026 deficit. However, its latest assessment points to a deterioration from the 2.1% of GDP recorded in 2025, compared with the government’s earlier target of bringing the deficit down to 1.7% this year.


The March scenario has changed


When the IMF concluded its Article IV consultation in March 2026, it still expected Cameroon to reduce its fiscal deficit to 1.7% of GDP.


At the time, the Fund believed that higher oil prices would have a limited short-term impact because additional oil revenues were expected to partly offset the cost of maintaining regulated fuel prices.


Six months later, that scenario has changed.


The rise in international fuel costs is now putting renewed pressure on public finances while the government continues to keep pump prices under regulation.


Diesel import costs reach nearly CFAF 975 per litre


Monthly pricing data from Cameroon’s Hydrocarbons Prices Stabilization Fund (CSPH) illustrates the scale of the shock.


The import cost of diesel rose from CFAF 653.85 per litre in July 2026 to CFAF 860.10 in September, before reaching CFAF 974.93 in October.


That represents an increase of CFAF 321.08 per litre, or 49.1%, in just three months.


Meanwhile, the regulated retail price remains at CFAF 828 per litre in Douala.


In October, the import cost alone therefore exceeded the final consumer price by CFAF 146.93 per litre.


The difference is absorbed through the compensation mechanism used to maintain regulated domestic fuel prices.


State support reaches CFAF 430.30 per litre


The “State support/refund” component in the diesel pricing structure has also risen sharply.


It increased from CFAF 109.22 per litre in July to CFAF 315.47 in September, before reaching CFAF 430.30 in October.


The increase between July and October was therefore exactly CFAF 321.08 per litre, matching the rise in the import cost, while the regulated pump price remained unchanged.


The mechanism is designed to prevent the full increase in international fuel costs from being passed on to consumers.


However, the CFAF 430.30 per litre should not be interpreted directly as the amount actually paid by the state budget for every litre sold. The pricing structure reflects the unit compensation required under the mechanism, while the actual fiscal cost depends on volumes, recognized compensation claims and payments effectively executed.


Super and kerosene are also affected


The pressure is not limited to diesel.


In the October 2026 pricing structure, the “State support/refund” component reaches:




  • CFAF 205.76 per litre for gasoline;




  • CFAF 660.09 per litre for kerosene.




Pump prices remain regulated at CFAF 840 per litre for gasoline and CFAF 350 for kerosene.


Subsidies were virtually zero in 2025


The contrast with 2025 is significant.


In its 2026 Article IV assessment, the IMF estimated that the fiscal cost of fuel subsidies had reached around 4% of GDP in 2022, before falling to less than 1% in 2024.


For 2025, the Fund estimated that the de facto fuel subsidy had fallen to zero, as international prices had dropped below regulated domestic prices.


That situation has reversed in 2026.


The IMF had already anticipated a return of fuel subsidies in March. Following its September mission, the institution now describes them as “significant”.


The Fund continues to recommend an automatic fuel price adjustment mechanism, combined with targeted assistance for vulnerable households.


Cameroon faces CFAF 3,104 billion in financing needs


The renewed fuel pressure comes as the Treasury is already facing substantial financing requirements.


The 2026 budget provides for a deficit of CFAF 631 billion. According to the Ministry of Finance’s Citizens’ Budget, government revenue is projected at CFAF 5,731.1 billion, against expenditure of CFAF 6,278 billion.


After accounting for CFAF 84 billion in VAT credits, the deficit included in the financing plan stands at CFAF 631 billion.


But the government’s overall financing requirements are much larger.


The Treasury must mobilize:




  • CFAF 1,870.6 billion to repay structured debt;




  • CFAF 498.8 billion to clear arrears;




  • as well as resources for VAT refunds and the financing needs of Treasury correspondents.




Overall, the Ministry of Finance estimates the state’s total financing needs at CFAF 3,104.2 billion in 2026.


IMF calls for tighter fiscal policy


Against this backdrop, the IMF recommends “fiscal tightening”, stronger domestic revenue mobilization and priority access to concessional financing.


The Fund continues to classify Cameroon as facing a high overall risk of debt distress.


The IMF had already warned in March about liquidity constraints and significant debt repayment obligations.


It therefore recommends prioritizing concessional financing over more expensive commercial borrowing.


Growth outlook also under pressure


The fiscal challenge is compounded by a less dynamic growth outlook.


Cameroon’s 2026 budget is based on projected GDP growth of 4.3%.


The IMF now estimates that the economy grew by 3.5% in 2025 and expects a “slight slowdown” in 2026.


The September mission did not provide a new numerical growth forecast for the year.


However, the Fund points to declining hydrocarbon production and delays in expanding electricity transmission capacity as factors weighing on the outlook.


This also represents a shift from the spring assessment, when the IMF estimated 2025 growth at 3.1% and projected acceleration to 3.3% in 2026.


Full fiscal picture expected in December


Cameroon’s fiscal equation is therefore becoming more complex: maintaining regulated fuel prices, absorbing higher compensation costs, servicing debt and containing the deficit are all taking place against a less favorable growth environment.


The IMF has not yet released a definitive 2026 deficit figure. More details are expected in the full post-financing assessment report.


The report is scheduled for consideration by the IMF Executive Board in December 2026.


For now, the available figures point to growing fiscal pressure. After rising from 1.5% of GDP in 2024 to 2.1% in 2025, Cameroon’s budget deficit is expected by the IMF to deteriorate further in 2026, while the government had targeted a reduction to 1.7%.


The diesel import cost, which reached CFAF 974.93 per litre in October, provides a concrete illustration of the renewed pressure on Cameroon’s public finances.


Si vous le souhaitez, je peux aussi décliner cet article en version Facebook très accrocheuse, avec un angle centré sur les 430,30 FCFA de soutien de l’État par litre de gasoil.


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Mouahna Divine

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