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Les Banques camerounaises tirent la sonnette d’alarme : « Un seul pôle pour canaliser l’épargne de la diaspora, sinon le chaos

Les banques camerounaises exigent un pôle unique pour coordonner Diasdev, le Diaspora Bond de la SIC et les autres mécanismes destinés à mobiliser l’épargne des Camerounais de l’étranger. Décryptage exclusif des propositions faites à la BEAC.

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Banques camerounaises : « Assez de dispositifs éparpillés pour la diaspora ! Place à un pôle unique »


Yaoundé, 1er octobre 2026 – Alors que le Cameroun peaufine sa future Stratégie nationale de mobilisation de la diaspora camerounaise (SNMDC), le secteur bancaire et financier a mis les pieds dans le plat. Le 29 septembre 2026, au siège de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) à Yaoundé, les représentants des banques ont clairement dit non à la multiplication des mécanismes financiers sans cadre commun. Leur message est net : un pôle unique de coordination, ou le risque de dispersion et d’inefficacité.


Les consultations, pilotées par le ministère des Relations extérieures (MINREX) avec l’appui technique de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), se déroulent alors que deux projets majeurs avancent déjà en parallèle. D’un côté, la Caisse des dépôts et consignations (CDEC) travaille, dans le cadre du programme Diasdev, à un produit d’épargne destiné aux Camerounais établis à l’étranger. De l’autre, la Société immobilière du Cameroun (SIC) prépare un « Diaspora Bond » pour financer ses programmes immobiliers.


Dans leur rapport provisoire, les banques soulignent que plusieurs initiatives existent déjà : Diasdev, les démarches de certaines collectivités territoriales qui veulent associer la diaspora au financement de projets locaux… Elles recommandent donc un pôle unique capable d’articuler l’ensemble, plutôt qu’une simple juxtaposition de dispositifs.


Diasdev et Diaspora Bond : deux chantiers déjà sur les rails


Diasdev est le plus avancé du côté de la CDEC. Ce programme régional accompagne les caisses de dépôts de six pays africains, dont le Cameroun, pour mobiliser l’épargne des diasporas au service de l’économie. Une étude de faisabilité a été réalisée. Ses résultats ont été présentés le 7 juillet 2026 à Yaoundé, en présence de la CDEC, de l’Agence française de développement, d’Expertise France et d’acteurs financiers. Mais le produit n’est pas encore commercialisé. Il reste à trancher sur la gouvernance, la gestion des risques, la distribution et la digitalisation.


Parallèlement, la SIC avance sur son propre « Diaspora Bond ». Le projet prolonge le protocole d’accord signé le 19 mai 2026 avec le MINREX. L’entreprise publique a déjà engagé des discussions avec la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF). Les 18 et 19 septembre 2026, à Paris, lors du forum Ensemble Back Home, Rolland Mengueme, directeur financier et comptable de la SIC, a évoqué « l’obligation qui sera émise dans les jours à venir ». Montant, maturité, rendement, devise, calendrier et garanties restent cependant encore flous dans les documents officiels disponibles.


La coexistence de ces initiatives donne tout son sens à la question posée par les banques : qui conçoit les produits ? Qui les coordonne ? Sous quel cadre institutionnel ?


Des Diaspora Bonds, oui, mais dans les règles existantes


Le rapport provisoire du secteur financier recommande d’étudier le recours à des « Diaspora Bonds ». Il ne précise ni l’émetteur, ni le montant, ni les conditions. Cette proposition se distingue clairement du projet déjà porté par la SIC.


Les banques insistent aussi pour que les futurs produits s’inscrivent dans les procédures et réglementations en vigueur. Elles pointent les freins actuels : lenteurs administratives, méconnaissance des procédures locales, accès insuffisant à l’information réglementaire et manque de coordination entre institutions. La réglementation des changes, notamment pour les investisseurs hors CEMAC, figure parmi les sujets à mieux vulgariser.


Abdel Rahmane Diop, chef de mission de l’OIM au Cameroun, estime que ces initiatives peuvent s’intégrer dans une architecture plus large. « Aujourd’hui, nous venons avec la BEAC pour vraiment regarder toute l’architecture financière », explique-t-il, en évoquant la digitalisation et l’interopérabilité. Sur ce point, le GIMAC, via GIMACPAY, assure déjà l’interopérabilité entre banques, établissements de microfinance et opérateurs de mobile money dans la zone CEMAC.


La confiance, au-delà des produits financiers


Pour les banquiers, mobiliser l’épargne de la diaspora ne se limite pas à créer de nouveaux instruments. Gouvernance, déficit de confiance et situation juridique d’une partie des Camerounais de l’étranger sont également en jeu.


La question de la nationalité est particulièrement sensible. L’article 31 de la loi du 11 juin 1968 portant Code de la nationalité camerounaise stipule que le Camerounais majeur qui acquiert ou conserve volontairement une nationalité étrangère perd la nationalité camerounaise. Les établissements financiers demandent que la définition des bénéficiaires tienne compte de la diversité des statuts au sein de la diaspora.


Ils proposent également d’associer l’OIM au pôle unique qu’ils préconisent, estimant que sa présence pourrait renforcer la confiance. Cette recommandation n’est toutefois pas encore une décision.


Le MINREX conserve la conduite du processus. Selon le calendrier de l’assistance technique de l’OIM, la version finale de la stratégie et de son plan d’action est attendue en novembre 2026, suivie d’un atelier de validation en janvier 2027. C’est dans cet intervalle que devra être clarifiée l’articulation entre le cadre national, Diasdev, le Diaspora Bond de la SIC et les autres mécanismes proposés aux Camerounais établis à l’étranger.


En clair : les banques ne disent pas non à la mobilisation de la diaspora. Elles disent non au désordre. Un seul pôle, des règles claires et de la confiance : le message est lancé. À la stratégie nationale de le reprendre.




Cameroonian Banks Sound the Alarm: “One Single Hub to Channel Diaspora Savings, or Chaos!”


Yaoundé, 1 October 2026 – As Cameroon finalises its future National Strategy for the Mobilisation of the Cameroonian Diaspora (SNMDC), the banking and financial sector has spoken out clearly. On 29 September 2026, at the headquarters of the Bank of Central African States (BEAC) in Yaoundé, bank representatives firmly rejected the multiplication of financial mechanisms without a common framework. Their message is straightforward: a single coordination hub, or the risk of fragmentation and inefficiency.


The consultations, led by the Ministry of External Relations (MINREX) with technical support from the International Organization for Migration (IOM), are taking place while two major projects are already moving forward in parallel. On one side, the Caisse des Dépôts et Consignations (CDEC) is working, under the Diasdev programme, on a savings product aimed at Cameroonians living abroad. On the other, the Société Immobilière du Cameroun (SIC) is preparing a “Diaspora Bond” to finance its real-estate programmes.


In their provisional report, the banks note that several initiatives are already under way: Diasdev, and approaches by certain local authorities seeking to involve the diaspora in funding local projects. They therefore recommend a single hub capable of articulating the different mechanisms rather than a simple juxtaposition of schemes.


Diasdev and Diaspora Bond: two projects already on the table


Diasdev is the most advanced project on the CDEC side. This regional programme supports deposit and consignment funds in six African countries, including Cameroon, in mobilising diaspora savings for economic financing. A feasibility study has been completed. Its results were presented on 7 July 2026 in Yaoundé, with the participation of the CDEC, the French Development Agency, Expertise France and financial actors. The product is not yet commercialised. Decisions remain to be taken on governance, risk management, distribution and digitalisation.


In parallel, the SIC is advancing on its own “Diaspora Bond”. The project follows the memorandum of understanding signed on 19 May 2026 with MINREX. The public company has already held discussions with the Central African Financial Market Supervisory Commission (COSUMAF). On 18 and 19 September 2026 in Paris, at the Ensemble Back Home forum, Rolland Mengueme, SIC’s financial and accounting director, referred to “the bond that will be issued in the coming days”. Amount, maturity, yield, currency, subscription schedule and guarantees have not yet been publicly established in official documents.


The coexistence of these initiatives gives concrete weight to the question raised by the banks: who designs the products, who coordinates them, and under what institutional framework?


Diaspora Bonds yes, but within existing rules


The provisional report of the financial sector itself recommends studying the use of “Diaspora Bonds”. It does not specify the issuer, amount, maturity, yield, currency or timetable. This proposal must therefore be distinguished from the project already being developed by the SIC.


The banks also demand that future financial products be inscribed within existing procedures and regulations. They identify administrative delays, lack of knowledge of local procedures, insufficient access to regulatory information and lack of coordination between institutions as obstacles to diaspora investment. Foreign-exchange regulations, particularly for investors outside the CEMAC zone, are among the issues they wish to see better explained.


Abdel Rahmane Diop, IOM Chief of Mission in Cameroon, considers that these initiatives can be integrated into a broader architecture. “Today we are coming with the BEAC to really look at the entire financial architecture,” he explains, citing digitalisation and interoperability. On the latter point, GIMAC already ensures interoperability through GIMACPAY between banks, microfinance institutions and mobile-money operators in the CEMAC region.


Trust beyond financial instruments


For the banks, mobilising diaspora savings does not depend solely on creating new financial products. Their report also cites governance, the deficit of trust and the legal status of part of the Cameroonian diaspora as issues that must be addressed.


Nationality appears in the discussions. Article 31 of the law of 11 June 1968 on the Cameroonian Nationality Code provides that an adult Cameroonian who voluntarily acquires or retains a foreign nationality loses Cameroonian nationality. Financial institutions argue that the definition of beneficiaries of future schemes must take into account the diversity of legal statuses within the diaspora.


The banks also propose that the IOM be associated with the single hub they recommend, believing its presence could help strengthen trust around the mechanisms. This recommendation does not, however, constitute a decision on the final governance of the strategy.


MINREX retains the lead in the process of elaborating the SNMDC, with technical assistance from the IOM. The timetable provides for a final version of the strategy and its action plan in November 2026, followed by a final validation workshop in January 2027. It is within this window that the articulation between the national framework under preparation, Diasdev, the SIC’s Diaspora Bond and the other mechanisms offered to Cameroonians living abroad will have to be clarified.


In short: the banks are not saying no to mobilising the diaspora. They are saying no to disorder. One single hub, clear rules and trust: the message has been delivered. It is now up to the national strategy to take it up.


Didier Cebas K.

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