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Afrique : tensions sur le front politique, guerre au Soudan, crise en Éthiopie et nouvelle alerte Ebola

Afrique : Cyril Ramaphosa dénonce les accusations de « génocide des Blancs », tandis que le Soudan, l’Éthiopie, la Libye et la RDC font face à de nouvelles tensions.

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Afrique : tensions sur le front politique, guerre au Soudan, crise en Éthiopie et nouvelle alerte Ebola


L’Afrique reste confrontée à une succession de crises politiques, sécuritaires, humanitaires et sanitaires. En Afrique du Sud, Cyril Ramaphosa s’en prend aux discours dénonçant un prétendu « génocide des Blancs ». Au Soudan, Khartoum veut attirer les investisseurs vers ses infrastructures portuaires tout en rejetant les accusations éthiopiennes de soutien aux groupes armés. En Éthiopie, les combats dans le Nord provoquent de nouveaux déplacements de populations. En Libye, plus de 14 000 objets explosifs ont été neutralisés à Misrata, tandis que la RDC fait face à une importante flambée d’Ebola.


Afrique du Sud : Ramaphosa dénonce les accusations de « génocide des Blancs »


Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a vivement critiqué les organisations et responsables qu’il accuse de diffuser à l’étranger de fausses informations sur la situation de la minorité blanche en Afrique du Sud.


Dans son message hebdomadaire à la nation, le chef de l’État a notamment dénoncé les déplacements à l’étranger destinés, selon lui, à présenter la situation des Blancs comme relevant d’un « génocide ».



« Dans un contexte de chômage élevé, alors que nous devons développer l’économie et drainer les investissements, se rendre dans des capitales étrangères pour diffuser de fausses affirmations sur "le génocide des Blancs" et détourner les investisseurs de son propre pays est irresponsable et antipatriotique », a déclaré Cyril Ramaphosa.



Le président sud-africain a également défendu les politiques visant à corriger les conséquences de la discrimination raciale héritée de l’apartheid. Il a appelé à ne pas assimiler les mesures contemporaines prises dans le cadre de la Constitution sud-africaine aux lois de l’ancien régime d’apartheid.


Selon Cyril Ramaphosa, l’apartheid avait institutionnalisé la séparation raciale, privé une partie de la population de droits et de biens et organisé les inégalités sur une base raciale.


Le président n’a toutefois pas nommé les organisations auxquelles il faisait directement référence.


Le débat fait notamment écho aux prises de position d’Ernst Roets, ancien directeur général adjoint d’AfriForum et fondateur du centre d’analyse Lex Libertas. Selon News24, celui-ci affirme que l’Afrique du Sud est actuellement un « État d’apartheid ».


Ernst Roets s’est récemment rendu à Washington, où un documentaire consacré aux meurtres de fermiers sud-africains a été projeté à la Maison-Blanche.


Trump au cœur de la controverse


La question a pris une dimension internationale depuis que le président américain Donald Trump accuse les autorités sud-africaines de persécuter la population blanche, notamment les agriculteurs.


L’administration américaine affirme que certains agriculteurs blancs seraient victimes de discrimination systématique et a mis en place un dispositif permettant à certains Sud-Africains blancs de se réinstaller aux États-Unis sous le statut de réfugié.


Les autorités sud-africaines contestent fermement cette présentation de la situation.


Selon les données fournies dans les éléments disponibles, l’Afrique du Sud compte environ 4,5 millions de citoyens blancs, soit près de 7,1 % de la population. Leur nombre avait atteint environ 5,6 millions entre 1989 et 1995 avant de diminuer progressivement, notamment sous l’effet de l’émigration.


Soudan : Khartoum veut transformer ses ports de la mer Rouge en plateforme régionale


À plusieurs milliers de kilomètres de Pretoria, le Soudan cherche de son côté à attirer des capitaux étrangers pour moderniser ses infrastructures portuaires.


Le directeur général de l’Administration des ports maritimes du Soudan, Jilani Mohamed Jilani, a indiqué que Khartoum souhaitait notamment développer des infrastructures logistiques et industrielles sur la façade de la mer Rouge.


Les autorités entendent recourir davantage aux partenariats public-privé, notamment au modèle construction-exploitation-transfert, afin de financer de nouveaux projets.


La simplification des procédures administratives et la protection des droits des investisseurs figurent également parmi les priorités annoncées.


Pour Khartoum, la modernisation des ports doit permettre de réduire les coûts du transport maritime, d'améliorer la compétitivité des exportations soudanaises et d'accroître les recettes en devises.


L'ambition est également régionale.


Le Soudan souhaite devenir une plateforme de transit pour plusieurs pays enclavés d’Afrique centrale et orientale, notamment le Tchad, le Soudan du Sud et la République centrafricaine.


Jilani Mohamed Jilani a insisté sur la position stratégique du pays sur la mer Rouge, corridor par lequel transite une part importante du commerce mondial.


Cette ambition intervient toutefois alors que le Soudan reste plongé dans une guerre qui oppose l’armée aux Forces de soutien rapide depuis avril 2023.


Khartoum rejette les accusations venues d’Éthiopie


Sur le front diplomatique, les relations entre le Soudan et l’Éthiopie connaissent une nouvelle période de tension.


L’armée soudanaise a rejeté catégoriquement les accusations du chef d’état-major éthiopien, le maréchal Birhanu Jula, qui affirme que Khartoum soutient des groupes armés combattant les forces fédérales éthiopiennes dans le Nord.


Selon l’AFP, les forces armées soudanaises ont qualifié ces accusations d’« infondées » et réaffirmé leur attachement au droit international et aux principes de bon voisinage.


Le chef d’état-major éthiopien avait également mis en cause l’Érythrée et l’Égypte. Selon lui, le Front de libération du peuple du Tigré (FLPT) et ses alliés ne pourraient mener leurs opérations sans soutien extérieur.


À ce stade, l’Égypte et l’Érythrée n’avaient pas publiquement répondu à ces accusations.


Ces tensions s’inscrivent dans un contexte régional particulièrement sensible. Khartoum accuse lui-même Addis-Abeba de soutenir les Forces de soutien rapide, tandis que l’Éthiopie accuse le Soudan d’appuyer le FLPT et des groupes armés qui lui sont associés.


Éthiopie : au moins 150 000 déplacés dans l’Afar


La situation sécuritaire s’est également fortement dégradée dans le nord de l’Éthiopie.


Au moins 150 000 personnes auraient été contraintes de fuir leur domicile dans la région de l’Afar, selon Addis Standard, qui cite une source au sein des structures humanitaires.


Le nombre de déplacés pourrait continuer à augmenter alors que les combats s’étendent. L’accès limité aux zones affectées rend cependant difficile l’établissement d’un bilan précis.


Selon l’AFP, les forces du FLPT et leurs alliés ont progressé dans plusieurs secteurs de l’Afar, tandis que les forces fédérales éthiopiennes ont annoncé avoir repris la ville stratégique d’Alamata, dans le sud du Tigré.


La crise touche également les infrastructures civiles.


À Mekele, une frappe de drone a endommagé dimanche le bâtiment de la chaîne régionale Tigray TV. Aucune victime n’a été signalée.


Cette nouvelle confrontation intervient après la reprise des hostilités dans le Nord du pays en septembre. Les deux camps se rejettent mutuellement la responsabilité de l’escalade.


L’Union africaine a appelé à une désescalade immédiate et au respect de l’accord de paix signé à Pretoria en 2022.


Libye : plus de 14 000 objets explosifs neutralisés à Misrata


En Libye, les séquelles des conflits continuent de représenter une menace directe pour les populations civiles.


Selon un rapport présenté par la Libyan Peace Organization, 14 066 objets explosifs ont été découverts et neutralisés entre janvier et septembre dans un quartier de Misrata, avec le concours des partenaires du programme de déminage de la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul).


Le maire de Misrata, Mahmoud Al-Sgoutri, a demandé à l’ONU d’étendre les opérations à d’autres quartiers de la ville.


Des munitions non explosées et divers vestiges des conflits armés restent en effet présents dans plusieurs zones habitées.


La Manul a également fait part de sa préoccupation face aux explosions accidentelles de munitions.


Selon la mission onusienne, au moins six incidents de ce type ont été recensés en Libye au cours des quatre dernières années.


Le déminage demeure ainsi un enjeu majeur de sécurité civile dans un pays marqué par plus d’une décennie de conflits et de fragmentation politique.


RDC : plus de 8 000 cas confirmés d’Ebola


La situation sanitaire reste tout aussi préoccupante en République démocratique du Congo.


Le nombre de cas d’Ebola confirmés en laboratoire a atteint 8 067, selon les données de l’Institut de santé publique relevant du ministère congolais de la Santé.


Le bilan fait également état de 3 901 décès. L’épidémie touche sept des 26 provinces de la RDC.


La flambée avait débuté le 15 mai en RDC et en Ouganda. Kampala a annoncé la fin de l’épidémie sur son territoire le 28 juillet, décision ensuite confirmée par l’Organisation mondiale de la santé le 25 août.


Cette flambée est présentée comme la deuxième plus meurtrière de l’histoire d’Ebola en Afrique.


La plus importante épidémie en nombre de cas reste celle qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, principalement en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone. Elle avait provoqué plus de 11 000 décès.


Identifié pour la première fois chez l’être humain en 1976 en RDC, le virus Ebola reste particulièrement redouté en raison de sa capacité à provoquer des formes graves de maladie.


Un continent confronté à des crises aux effets transfrontaliers


De Pretoria à Khartoum, d’Addis-Abeba à Misrata et Kinshasa, ces différentes situations illustrent la diversité des défis auxquels le continent africain est confronté.


En Afrique du Sud, le débat porte sur la question raciale, les politiques de redistribution et l’image du pays à l’étranger. Au Soudan et en Éthiopie, les tensions militaires et diplomatiques se mêlent aux enjeux de sécurité régionale et d’accès aux infrastructures stratégiques.


En Libye, les conséquences matérielles des conflits continuent de menacer les civils longtemps après les combats. En RDC, la réponse sanitaire demeure au cœur de la protection des populations.


Ces crises ont cependant un point commun : leurs conséquences dépassent largement les frontières nationales, qu’il s’agisse des déplacements de populations, des flux commerciaux, de la sécurité alimentaire, des investissements ou de la santé publique.


Pour plusieurs États africains, le défi consiste désormais à contenir les crises immédiates tout en maintenant les conditions nécessaires au développement économique et à la stabilité régionale.




Africa: Political Tensions, Sudan War, Ethiopia Crisis and New Ebola Alert


Africa continues to face a series of political, security, humanitarian and health crises. In South Africa, President Cyril Ramaphosa has denounced claims of a so-called “white genocide.” In Sudan, Khartoum is seeking foreign investment to modernize its Red Sea ports while rejecting Ethiopian accusations that it supports armed groups. In Ethiopia, renewed fighting in the north is forcing large numbers of civilians from their homes. In Libya, more than 14,000 explosive objects have been cleared in Misrata, while the Democratic Republic of Congo is dealing with a major Ebola outbreak.


South Africa: Ramaphosa denounces “white genocide” claims


South African President Cyril Ramaphosa has sharply criticized organizations and individuals whom he accuses of spreading false information abroad about the situation of the country’s white minority.


In his weekly address to the nation, Ramaphosa specifically criticized international campaigns portraying the situation of white South Africans as a “genocide.”



“At a time of high unemployment, when we need to grow the economy and attract investment, going to foreign capitals to make false claims about ‘white genocide’ and to divert investors from one’s own country is irresponsible and unpatriotic,” Ramaphosa said.



The South African president also defended policies designed to address the legacy of racial discrimination under apartheid.


Ramaphosa said measures aimed at correcting racial inequalities under the Constitution should not be equated with apartheid legislation, which institutionalized racial segregation, deprived people of rights and property, and entrenched inequality.


The president did not identify by name the organizations he was referring to.


The controversy has nevertheless been linked to statements by Ernst Roets, former deputy chief executive of AfriForum and founder of the Lex Libertas analysis center. According to News24, Roets has argued that South Africa is currently an “apartheid state.”


Roets recently travelled to Washington, where a documentary about farm murders in South Africa was screened at the White House.


Trump and the South African dispute


The issue has gained international attention since US President Donald Trump accused South African authorities of persecuting the country’s white population, particularly farmers.


The US administration has argued that some white farmers face systematic discrimination and has established a programme allowing some South African whites to relocate to the United States as refugees.


South African authorities strongly reject this characterization.


According to the figures provided, South Africa currently has around 4.5 million white citizens, representing approximately 7.1% of the country’s population. The white population peaked at around 5.6 million between 1989 and 1995 before gradually declining, partly because of emigration.


Sudan seeks investment to modernize Red Sea ports


Thousands of kilometres away, Sudan is seeking foreign capital to modernize its port infrastructure.


Jilani Mohamed Jilani, director general of Sudan’s Sea Ports Corporation, said Khartoum wants to develop logistics and industrial infrastructure along the Red Sea.


Authorities intend to expand public-private partnerships, including the build-operate-transfer model, to finance new projects.


Sudan also plans to simplify procedures and strengthen investor protection.


According to Jilani, port modernization should reduce maritime transport costs, improve the competitiveness of Sudanese products and increase foreign-currency revenues.


The ambition is also regional.


Sudan wants to become a transit hub for landlocked neighbouring countries, particularly Chad, South Sudan and the Central African Republic.


Jilani highlighted Sudan’s strategic position on the Red Sea, one of the world's key trade corridors.


The economic strategy is being pursued, however, while Sudan remains engulfed in a war between the army and the Rapid Support Forces that began in April 2023.


Khartoum rejects Ethiopian accusations


Sudan and Ethiopia are also facing renewed diplomatic tensions.


Sudan’s military has categorically rejected accusations by Ethiopian Chief of Staff Field Marshal Birhanu Jula that Khartoum is supporting armed groups fighting federal forces in northern Ethiopia.


According to AFP, Sudanese armed forces described the accusations as unfounded and reaffirmed Sudan’s commitment to international law and good-neighbour principles.


The Ethiopian military chief also accused Eritrea and Egypt of supporting armed groups.


Egypt and Eritrea had not publicly responded to the accusations at the time of the reports.


The dispute comes amid increasingly tense relations between the two countries. Khartoum has itself accused Addis Ababa of supporting the Rapid Support Forces, while Ethiopia accuses Sudan of backing the Tigray People's Liberation Front (TPLF) and affiliated armed groups.


Ethiopia: at least 150,000 displaced in Afar


The security situation has also deteriorated sharply in northern Ethiopia.


At least 150,000 people have reportedly been forced to flee their homes in the Afar region, according to Addis Standard, citing a humanitarian source.


The number of displaced people could continue to rise as fighting spreads. Limited access to affected areas makes it difficult to establish a precise humanitarian toll.


AFP reported that TPLF forces and their allies had made significant advances inside Afar, while federal forces announced that they had captured the strategic town of Alamata in southern Tigray.


Civilian infrastructure has also been affected.


A drone strike on Sunday damaged the building of regional broadcaster Tigray TV in Mekele. No casualties were reported.


The latest confrontation follows the resumption of hostilities in northern Ethiopia in September. Both sides have blamed each other for the escalation.


The African Union has called for an immediate de-escalation and respect for the 2022 Pretoria peace agreement.


Libya: more than 14,000 explosive objects cleared in Misrata


In Libya, remnants of past conflicts continue to pose a direct threat to civilians.


According to a report presented by the Libyan Peace Organization, 14,066 explosive objects were discovered and cleared between January and September in one district of Misrata, with support from partners of the United Nations Support Mission in Libya's demining programme.


Misrata Mayor Mahmoud Al-Sgoutri has called on the United Nations to expand clearance operations to other areas of the city.


Unexploded ordnance and other explosive remnants of conflict remain a danger in populated areas.


The UN mission has also expressed concern over accidental explosions involving ammunition.


According to the mission, at least six such incidents have occurred in Libya over the past four years.


DR Congo: more than 8,000 confirmed Ebola cases


The health situation is equally concerning in the Democratic Republic of Congo.


The number of laboratory-confirmed Ebola cases has reached 8,067, according to the country's public health institute under the Ministry of Health.


The death toll stands at 3,901, while the outbreak has affected seven of the country's 26 provinces.


The outbreak began on May 15 in the DRC and Uganda. Uganda declared the outbreak over on July 28, a decision subsequently confirmed by the World Health Organization on August 25.


The current outbreak has been described as the second-deadliest Ebola outbreak in Africa.


The largest outbreak by number of infections occurred in West Africa between 2014 and 2016, mainly in Guinea, Liberia and Sierra Leone. It caused more than 11,000 deaths.


First identified in humans in the DRC in 1976, Ebola remains a major public health threat because of its ability to cause severe disease.


A continent facing crises with cross-border consequences


From Pretoria to Khartoum, Addis Ababa, Misrata and Kinshasa, these developments highlight the wide range of challenges confronting Africa.


In South Africa, the debate centres on race, redistribution policies and the country's international image. In Sudan and Ethiopia, military and diplomatic tensions are intertwined with regional security and strategic infrastructure.


In Libya, the physical legacy of conflict continues to threaten civilians long after the fighting has ended. In the DRC, the health response remains critical to protecting communities.


The crises also share a common feature: their consequences extend beyond national borders through population displacement, trade flows, food security, investment and public health.


For African governments, the challenge is therefore not only to contain immediate crises but also to preserve the conditions required for economic development and regional stability.


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Moussa Nassourou

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