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Affaire NINTCHEU vs NGOH NGOH : le TGI du Mfoundi se déclare incompétent, le dossier FCC contre le Chef de l'État renvoyé au 26 novembre

Le Tribunal de Grande Instance du Mfoundi a tranché ce 24 septembre 2026 dans deux affaires sensibles opposant des personnalités politiques au pouvoir. Décisions, enjeux juridiques et suite de la procédure.

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Le Tribunal de Grande Instance (TGI) du Mfoundi a rendu, ce jeudi 24 septembre 2026, deux décisions très attendues dans des affaires opposant des figures de l'opposition camerounaise à des représentants du pouvoir, dont le Président de la République lui-même.


L'affaire Nintcheu contre Ngoh Ngoh classée pour incompétence


Dans le premier dossier, l'honorable Jean-Michel Nintcheu réclamait un « order of prohibition » contre Ferdinand Ngoh Ngoh, qu'il accusait d'usurper les fonctions du Chef de l'État. La requête, introduite le 28 février 2024, visait à faire interdire par la justice tout acte assimilable à cette usurpation.


Statuant par défaut, faute de comparution de Ferdinand Ngoh Ngoh, le Tribunal s'est déclaré incompétent ratione materiae. Les juges ont notamment relevé que l'harmonisation entre la Common Law et le droit civil latino-germanique, recherchée par un texte unifié, ne produit pas encore pleinement ses effets au regard de l'article 18 de la loi n° 2006/015 du 29 décembre 2006 portant organisation judiciaire.


FCC contre le Président de la République : renvoi au 26 novembre


Le second dossier, porté par le Front pour le Changement au Cameroun (FCC), vise directement le Président de la République. Introduite le 4 avril 2024, la requête demande un « order of prohibition » pour empêcher toute nouvelle prorogation du mandat des députés à l'Assemblée nationale, et exige le respect du calendrier électoral.


Là encore, le Chef de l'État ne s'est ni présenté, ni fait représenter par un conseil. Le Tribunal a renvoyé l'affaire au 26 novembre 2026, dans l'attente des réquisitions du Parquet.


Pour le collectif de défense, porté par Me Hippolyte BT Meli au nom de Sylvain Souop, cette absence répétée de représentation interroge : « les juges et les procureurs de la République se chargeront-ils eux-mêmes de sa défense ? » Une situation qui, selon le collectif, met en lumière les tensions entre l'exercice du pouvoir judiciaire et un présidentialisme dominant.


L'opinion publique reste dans l'attente des réquisitions du Parquet, annoncées pour la fin de l'année.




The High Court (TGI) of Mfoundi issued two closely watched rulings on Thursday, September 24, 2026, in cases pitting Cameroonian opposition figures against government representatives — including the President of the Republic himself.


Nintcheu vs. Ngoh Ngoh: court declares itself incompetent
Lawmaker Jean-Michel Nintcheu had sought an order of prohibition against Ferdinand Ngoh Ngoh, accusing him of usurping presidential functions. Filed on February 28, 2024, the case was dismissed by default after Ngoh Ngoh failed to appear. The court ruled it lacked subject-matter jurisdiction (ratione materiae), noting that the intended harmonization between Common Law and civil law traditions has yet to take full effect under Article 18 of Law No. 2006/015 of December 29, 2006, on judicial organization.


FCC vs. the President: case adjourned to November 26
In the second case, the Cameroon People's Party for Change (FCC) is seeking an order of prohibition to stop further extensions of parliamentary mandates and to compel respect for the electoral calendar. Filed April 4, 2024, the case was adjourned to November 26, 2026, pending submissions from the public prosecutor's office. The President did not appear and was not represented by counsel — a situation the plaintiffs' collective, led by Attorney Hippolyte BT Meli on behalf of Sylvain Souop, says raises serious questions about judicial independence under Cameroon's dominant presidential system.


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Ange NGO

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