Yaoundé Cœur de ville : le carrefour Elig-Edzoa sacrifié sur l'autel des surcoûts
Le projet d'aménagement urbain Yaoundé Cœur de ville perd l'un de ses trois chantiers phares. Le carrefour Elig-Edzoa, initialement inscrit au programme aux côtés de Mvan et Elig-Effa, ne sera finalement pas restructuré. En cause : une envolée des coûts des travaux qui a contraint la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) à revoir ses ambitions à la baisse.
Un appel d'offres qui dérape de 25%
Selon des responsables de la CUY, tout part de la convention de financement signée le 4 février 2022. À l'époque, l'enveloppe globale allouée aux trois carrefours s'élevait à 38,3 milliards de FCFA, répartie ainsi : 9,5 milliards pour Elig-Edzoa, 15,2 milliards pour Mvan et 13,6 milliards pour Elig-Effa.
Mais la réalité du terrain a rattrapé les prévisions. À l'ouverture des offres, le 24 septembre 2024, l'entreprise la mieux-disante a présenté une proposition dépassant d'environ 25% les montants initialement budgétisés. Face à ce mur financier, la CUY a tranché : réduire le périmètre des travaux plutôt que de solliciter un financement complémentaire hypothétique.
Mvan et Elig-Effa absorbent l'essentiel du surcoût
Résultat de cet arbitrage : les chantiers de Mvan et Elig-Effa, associés aux gares routières de Mvan et Messa, mobilisent désormais 35,8 milliards de FCFA contre 28,8 milliards prévus au départ. Un écart de 7 milliards de FCFA, soit une hausse de 24,3% par rapport à l'enveloppe initiale.
Rapportée aux 9,5 milliards réservés à Elig-Edzoa, cette dérive représente près des trois quarts du budget de ce carrefour à elle seule. De quoi expliquer, en grande partie, pourquoi ce troisième site a été purement et simplement écarté du programme — même si l'affectation exacte des 2,5 milliards de FCFA restants demeure, selon les sources contactées, difficile à établir avec précision.
Sous-sol marécageux et réseaux à déplacer : les vraies raisons du surcoût
Les responsables de la CUY pointent des contraintes techniques révélées ou précisées après les études menées entre 2020 et 2022. Le cas de Mvan est particulièrement parlant : le sous-sol marécageux sur lequel doit s'élever la future gare routière a nécessité d'importants remblais rocheux, une opération coûteuse et non anticipée à l'origine.
À cela s'ajoute un chantier logistique de taille : le déplacement de réseaux appartenant à Camwater, Eneo, Camtel et Orange, ainsi que d'installations relevant de la Délégation générale à la sûreté nationale (DGSN) et du ministère de l'Administration territoriale, dont la configuration a évolué depuis les premières études.
Un projet resserré, mais toujours financé par la France
Ce recentrage ne remet pas en cause l'existence du programme Yaoundé Cœur de ville, mais en réduit l'ambition initiale. L'appel d'offres international lancé en mai 2024 portait pourtant sur l'aménagement des trois carrefours — Mvan, Elig-Effa et Elig-Edzoa — ainsi que sur les deux gares routières de Mvan et Messa.
Le projet reste financé principalement par la France, via l'Agence française de développement (AFD), dans le cadre du Contrat de désendettement et de développement (C2D). L'État camerounais a obtenu ces fonds avant de les rétrocéder à la CUY, maître d'ouvrage, les marchés bénéficiant par ailleurs d'un appui financier de l'État camerounais.
Le programme ambitionne toujours de restructurer les nœuds de circulation de la capitale, moderniser les gares routières, sécuriser les cheminements piétons et renforcer la sécurité routière. Les travaux à Mvan et Elig-Effa, eux, sont bel et bien lancés : le coup d'envoi officiel a été donné en juin 2025.
Yaoundé Cœur de Ville: Elig-Edzoa Intersection Dropped as Construction Costs Surge 25%
Budget overruns force Cameroon's capital to scale back a major urban project. Here's why the Elig-Edzoa crossroads was cut — and where the extra 7 billion FCFA went.
Cameroon's Yaoundé Cœur de Ville urban renewal project has lost one of its three flagship intersections. The Elig-Edzoa crossroads, originally slated for redevelopment alongside Mvan and Elig-Effa, will not be rebuilt after all — a casualty of soaring construction costs that forced the Yaoundé Urban Council (CUY) to scale back its ambitions.
According to CUY officials , the February 2022 financing agreement had allocated 38.3 billion FCFA across the three intersections: 9.5 billion for Elig-Edzoa, 15.2 billion for Mvan, and 13.6 billion for Elig-Effa. But when bids were opened on September 24, 2024, the lowest qualified offer came in roughly 25% above budget, pushing the council to shrink the project's scope rather than seek additional funding.
Work at Mvan and Elig-Effa, combined with the Mvan and Messa bus terminals, now costs 35.8 billion FCFA — up from 28.8 billion, a jump of 7 billion FCFA (24.3%). That overrun alone equals nearly three-quarters of Elig-Edzoa's original budget, though officials say the precise fate of the remaining 2.5 billion FCFA is harder to pin down.
The extra costs stem largely from technical issues identified after 2020–2022 studies, officials said. At Mvan, engineers had to use rock backfill to stabilize marshy ground beneath the future bus terminal. The project must also relocate utility networks belonging to Camwater, Eneo, Camtel and Orange, plus installations tied to national police and territorial administration authorities.
The project remains funded mainly by France through the French Development Agency (AFD) under a debt-reduction and development contract (C2D), with additional support from the Cameroonian state. Construction at Mvan and Elig-Effa officially began in June 2025.
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Mouahna Divine