Crise à la FECAFOOT : le Comité d'urgence promet des poursuites contre les auteurs de "cabales"
La tension monte d'un cran au sein de la famille du football camerounais. Dans une déclaration ferme rendue publique le 30 juin 2025 à Yaoundé, le Comité d'urgence de la Fédération Camerounaise de Football (FECAFOOT) a rompu le silence face à la vague de critiques qui secoue l'institution depuis plusieurs jours. Au menu : accusations de mauvaise gestion, diffusion de documents internes et attaques personnelles visant le président Samuel Eto'o et les membres du Comité Exécutif.
Une fédération qui se dit prise pour cible
Le communiqué, au ton résolument offensif, dénonce ce qu'il qualifie d'"officines organisées" cherchant à jeter le discrédit sur les actions de la fédération. Selon le Comité d'urgence, la diffamation, la calomnie et les insultes contre les dirigeants seraient devenues le lot quotidien de certaines émissions radiotélévisées et des réseaux sociaux.
Plus grave encore, l'instance pointe du doigt la circulation de documents qu'elle qualifie d'"obtenus ou partagés frauduleusement" par d'anciens employés, en violation supposée de leurs clauses contractuelles. Des documents qui alimenteraient des débats publics comportant, selon la fédération, des accusations "relevant du pénal".
La gestion financière au cœur de la polémique
Le texte revient longuement sur l'origine des fonds propres de la FECAFOOT : émission de licences, contrats de sponsoring, revenus des matchs amicaux, billetterie et subventions de la CAF et de la FIFA. Le Comité d'urgence insiste sur le fait que ces ressources font l'objet d'audits réguliers depuis près de quatre ans, une rigueur qui aurait permis à la fédération de rester éligible à plusieurs programmes de développement du football national.
Concernant la polémique spécifique sur les sommes générées par les rencontres amicales, la déclaration affirme que toutes les décisions de captation et d'emploi de ces fonds ont été prises collégialement par l'ensemble des vice-présidents lors des Comités d'urgence, dans le respect des textes régissant l'association.
Vers une judiciarisation du conflit
Signe que le ton se durcit, le Comité d'urgence annonce l'engagement systématique de poursuites devant les instances compétentes contre les responsables de ce qu'il appelle une "cabale méticuleusement organisée et financée". La fédération reconnaît que cette judiciarisation contredit son engagement initial de régler les différends du football en dehors des tribunaux, mais affirme y être désormais contrainte.
Le communiqué se conclut par un remerciement appuyé au Gouvernement et au Président de la République pour son soutien financier aux sélections nationales, tout en appelant à ce que la passion du football camerounais ne serve plus de prétexte aux attaques personnelles.
Ce qu'il faut retenir
- La FECAFOOT dénonce une campagne organisée de diffamation contre ses dirigeants, notamment le président Samuel Eto'o.
- Des documents internes, jugés obtenus illégalement, circulent dans les médias et sur les réseaux sociaux.
- La fédération défend la transparence de sa gestion financière, appuyée par des audits réguliers depuis 2021.
- Des poursuites judiciaires systématiques sont désormais annoncées contre les personnes impliquées.
Cette sortie du Comité d'urgence marque une étape supplémentaire dans une crise de confiance qui oppose depuis plusieurs mois une partie de l'opinion publique camerounaise à la direction de la FECAFOOT. Reste à savoir si cette fermeté annoncée suffira à apaiser les tensions ou si elle ouvrira une nouvelle phase judiciaire dans le feuilleton du football camerounais.
FECAFOOT Crisis: Emergency Committee Vows Legal Action Against "Organized Smear Campaign"
Tensions are escalating within Cameroonian football. In a firm statement released on June 30, 2025, in Yaoundé, the Emergency Committee of the Cameroonian Football Federation (FECAFOOT) broke its silence over a wave of criticism that has rocked the institution for several days, including accusations of mismanagement, leaked internal documents, and personal attacks against President Samuel Eto'o and Executive Committee members.
A federation under siege
The statement, written in an unmistakably combative tone, denounces what it calls "organized networks" seeking to discredit the federation's work. According to the Emergency Committee, defamation, slander, and insults targeting its leaders have become a daily feature of certain radio and TV broadcasts as well as social media discussions.
More seriously, the federation points to the circulation of documents it says were "fraudulently obtained or shared" by former employees in breach of their employment contracts — documents fueling public debate around claims the federation describes as amounting to criminal conduct.
Financial management at the center of the dispute
The statement details the federation's sources of revenue: licensing fees, sponsorship contracts, friendly-match income, ticket sales, and grants from CAF and FIFA. The Emergency Committee stresses that these funds have undergone regular audits for nearly four years, a level of rigor it credits for keeping the federation eligible for several football development programs.
On the specific controversy over revenue from friendly matches, the statement asserts that all decisions on collecting and using these funds were made collectively by the vice-presidents during Emergency Committee sessions, in line with the federation's governing rules.
Toward legal action
Signaling a harder line, the Emergency Committee announced it will now systematically pursue legal action against those responsible for what it calls a "meticulously organized and funded smear campaign." The federation acknowledged this move contradicts its earlier commitment to settle football-related disputes outside the courts, but said it now has no choice.
The statement closes by thanking the Cameroonian government and President for their financial support of the national teams, while calling for football passion not to be used as an excuse for personal attacks.
Key takeaways
- FECAFOOT denounces an organized defamation campaign against its leadership, including President Samuel Eto'o.
- Internal documents, allegedly obtained illegally, are circulating in the media and online.
- The federation defends the transparency of its financial management, citing regular audits since 2021.
- Systematic legal proceedings are now planned against those involved.
The statement marks a new stage in a trust crisis that has pitted part of Cameroonian public opinion against FECAFOOT's leadership for months. Whether this firmer stance calms tensions or opens a new judicial chapter in Cameroonian football's ongoing saga remains to be seen.
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Lucien Abembe