Publicité

10 millions de dollars pour Nkamouna : Aeternum veut prendre le contrôle d’un géant du cobalt dans l’Est du Cameroun

Aeternum s’engage à investir 10 millions de dollars (5,45 milliards FCFA) pour prendre 50,1 % d’ARM sur le gisement de cobalt-nickel-manganèse de Nkamouna. Permis en négociation avec la Sonamines, trésorerie fragile et étude de faisabilité à actualiser : tout ce qu’il faut savoir.

Publicité

Nkamouna : Aeternum mise 10 millions de dollars pour reprendre la main sur le cobalt de l’Est


Aeternum veut entrer en force dans le projet de cobalt, nickel et manganèse de Nkamouna. La société américaine a formalisé un engagement de 10 millions de dollars – soit environ 5,45 milliards de FCFA – pour s’offrir une participation de contrôle de 50,1 % dans American Renaissance Minerals (ARM). L’opération, révélée dans les comptes semestriels déposés le 19 août 2026 auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), reste toutefois suspendue à une condition majeure : l’obtention d’un nouveau permis minier « libre de toute charge ».


L’accord, signé dès le 29 décembre 2025, prévoit que 9 millions de dollars (près de 4,9 milliards de FCFA) serviront aux études techniques, essais métallurgiques, ingénierie et conception des installations. Le million restant (environ 545 millions de FCFA) doit rembourser des dépenses historiques de développement. Mais rien n’est acquis. Outre le permis, Aeternum conditionne la finalisation à un éventuel soutien ou financement américain, à des due diligence satisfaisantes et à certains avis juridiques. L’accord peut être résilié si l’opération n’est pas bouclée au 31 décembre 2026.


ARM négocie avec Yaoundé, Sonamines en position de force


Dans un communiqué du 7 août, Aeternum indique qu’ARM discute déjà avec le ministère en charge des Mines et la Société nationale des mines (Sonamines) pour obtenir ce nouveau titre. Aucune attribution n’a encore été annoncée. Rappelons que l’ancien permis d’exploitation, détenu depuis 2003 par Geovic Cameroon, a été retiré par décret présidentiel le 12 février 2025. Le périmètre a ensuite été rétrocédé à la Sonamines.


Le même jour, Aeternum a acquis auprès de Manaslu LLC une option lui permettant de prendre le contrôle d’ARM. Les documents déposés à la SEC parlent de 50,1 %, contre 51 % dans le communiqué. En contrepartie, Aeternum doit remettre 50 millions d’actions ordinaires et 2 millions d’actions préférentielles de série B (chaque action préférentielle valant 40 voix ordinaires). Autrement dit : Aeternum ne détient pas encore ARM.


Une capacité financière qui interroge


C’est là que le bât blesse. Au 30 juin 2026, Aeternum ne disposait que de 702 809 dollars de trésorerie, soit moins de 400 millions de FCFA. La société elle-même reconnaît dans ses comptes qu’elle aura besoin de capitaux supplémentaires pour honorer ses engagements, y compris celui dans ARM, et évoque des incertitudes sur sa capacité à poursuivre normalement ses activités sans nouvelles ressources.


L’enveloppe de 10 millions de dollars apparaît d’ailleurs modeste face aux besoins historiques du projet. L’ancienne étude de faisabilité évaluait l’investissement initial à 617 millions de dollars (environ 336 milliards de FCFA au taux du 19 août 2026). Une estimation ancienne que la Sonamines exige précisément de mettre à jour.


La Sonamines relance le jeu après un appel d’offres infructueux


Le 18 août 2026, onze jours seulement après l’annonce d’Aeternum, la Sonamines a déclaré infructueuse la procédure internationale lancée en janvier pour sélectionner des partenaires technico-financiers sur Nkamouna. Aucune candidature n’avait satisfait aux critères. La société publique se dit désormais ouverte à des négociations directes avec des investisseurs disposant des capacités techniques et financières requises. Elle n’a pas publié la liste des soumissionnaires. Rien ne permet donc d’affirmer qu’ARM ou Aeternum ont participé ou en ont été écartées.


Les termes de référence imposaient notamment de démontrer une solidité financière, de réévaluer les ressources et d’actualiser l’étude de faisabilité ainsi que l’étude d’impact environnemental et social.


ARM dispose déjà d’une partie des données historiques grâce à un accord conclu en janvier 2026 avec Geovic Ltd, qui lui donne accès à la base géologique, aux études de faisabilité, aux essais métallurgiques et aux travaux environnementaux et sociaux. Aeternum affirme aussi que Geovic Ltd renonce à ses revendications sur Nkamouna. Geovic Cameroon avait contesté le retrait de son permis. Les informations publiques ne permettent pas encore de confirmer que cette contestation est définitivement éteinte.


Des ressources à actualiser, un concentrateur en ligne de mire


Aeternum cite une estimation historique de 323 millions de tonnes avec des teneurs moyennes de 0,21 % de cobalt, 0,61 % de nickel et 1,26 % de manganèse. Elle précise toutefois que ces chiffres n’ont pas été vérifiés selon les normes américaines actuelles. La Sonamines, de son côté, parle de plus de 100 millions de tonnes de réserves prouvées et probables pour Nkamouna-Mada et d’environ 226 millions de tonnes de ressources in situ réparties sur cinq sites. Des classifications et périmètres différents qui rendent les chiffres non directement comparables.


Si ARM obtient le titre, Aeternum envisage d’installer un concentrateur pour produire sur place un concentré de cobalt-nickel-manganèse destiné à l’exportation.


L’aboutissement de l’opération dépend désormais principalement de deux facteurs : l’attribution du permis par les autorités camerounaises et la capacité réelle d’Aeternum à mobiliser les financements nécessaires dans un projet dont les besoins globaux restent à réévaluer. Nkamouna n’a pas encore dit son dernier mot.




Nkamouna: Aeternum Commits $10 Million to Seize Control of Cameroon’s Eastern Cobalt Giant


Aeternum is making a bold move on the Nkamouna cobalt-nickel-manganese project. The U.S. company has committed to invest $10 million — roughly 5.45 billion CFA francs — to secure a controlling 50.1% stake in American Renaissance Minerals (ARM). The deal, detailed in the semi-annual accounts filed with the U.S. Securities and Exchange Commission (SEC) on 19 August 2026, hinges on a critical condition: ARM obtaining a new mining permit free of any prior claims.


The agreement, signed on 29 December 2025, allocates $9 million (about 4.9 billion CFA francs) to technical studies, metallurgical testing, engineering and plant design. The remaining $1 million (around 545 million CFA francs) is earmarked to reimburse historical development costs. Finalisation also depends on possible U.S. government support or financing, satisfactory due diligence and certain legal opinions. The agreement may be terminated if the transaction is not completed by 31 December 2026.


ARM in talks with Cameroonian authorities


In a 7 August statement, Aeternum said ARM is working with the ministry in charge of Mines and the National Mining Corporation (Sonamines) to secure the new permit. No award has yet been announced. The previous exploitation permit, held by Geovic Cameroon since 2003, was withdrawn by presidential decree on 12 February 2025. The area was subsequently returned to Sonamines.


On the same day, Aeternum acquired an option from Manaslu LLC to take control of ARM. SEC filings set the stake at 50.1%, while the press release mentioned 51%. In exchange, Aeternum is to deliver 50 million ordinary shares and 2 million Series B preferred shares (each carrying voting rights equivalent to 40 ordinary shares). This does not mean Aeternum already owns ARM.


Financial capacity under scrutiny


Aeternum’s ability to fund the commitment raises questions. As of 30 June 2026, the company held only $702,809 in cash — less than 400 million CFA francs. It acknowledges in its accounts that its projects, including the ARM investment, will require additional capital and cites uncertainties about its ability to continue as a going concern without fresh resources.


The $10 million envelope also looks modest against the project’s historical needs. The previous feasibility study put initial investment at $617 million (about 336 billion CFA francs at the 19 August 2026 rate). That estimate is outdated, and Sonamines is specifically calling for an update.


Sonamines reopens the door after failed tender


On 18 August 2026 — eleven days after Aeternum’s announcement — Sonamines declared the international tender launched in January for technical and financial partners on Nkamouna unsuccessful. No bid met the selection criteria. The state company says it is now open to direct negotiations with investors possessing the required technical and financial capabilities. It has not published the list of bidders, so there is no evidence that ARM or Aeternum participated or were excluded.


The terms of reference required demonstration of financing capacity, re-evaluation of resources, and updating of both the feasibility study and the environmental and social impact assessment.


ARM already has access to part of the historical data through a January 2026 agreement with Geovic Ltd, covering the geological database, feasibility studies, metallurgical tests and previous environmental and social work. Aeternum also states that Geovic Ltd has renounced its claims on Nkamouna. Geovic Cameroon had challenged the permit withdrawal; publicly available information does not confirm whether that challenge has been definitively resolved.


Resources still to be updated


Aeternum cites a historical estimate of 323 million tonnes grading 0.21% cobalt, 0.61% nickel and 1.26% manganese, noting that the figures have not been verified under current U.S. standards. Sonamines refers to more than 100 million tonnes of proven and probable reserves for Nkamouna-Mada and around 226 million tonnes of in-situ resources across five sites. Different classifications and perimeters make the numbers not directly comparable.


If ARM secures the title, Aeternum plans to install a concentrator to produce a cobalt-nickel-manganese concentrate for export.


The deal’s success now rests mainly on the award of the mining permit and Aeternum’s ability to raise the necessary funding for a project whose overall capital requirements still need to be reassessed. Nkamouna’s next chapter remains to be written.


Didier Cebas K.

Publicité