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Hilton de Yaoundé : la CHC prépare son entrée en Bourse et vise un nouveau souffle financier

La Cameroon Hotels Corporation, propriétaire du Hilton de Yaoundé, lance la sélection de sociétés de Bourse pour préparer son entrée à la BVMAC, sur fond de reprise de l’investissement privé au Cameroun.

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Hilton de Yaoundé : la CHC prépare son entrée en Bourse et vise un nouveau souffle financier


La Cameroon Hotels Corporation (CHC), propriétaire du Hilton de Yaoundé et contrôlée à 95,6 % par l’État camerounais, franchit une nouvelle étape vers une éventuelle cotation à la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC). L’opération intervient alors que l’investissement ralentit globalement au Cameroun, mais que le secteur privé retrouve progressivement du dynamisme.


La Cameroon Hotels Corporation (CHC) entre dans une phase plus concrète de préparation à une éventuelle introduction à la BVMAC. Le 9 septembre 2026, l’entreprise a lancé la sélection d’une ou plusieurs sociétés de Bourse destinées à l’accompagner dans ce chantier.


Selon l’avis publié par l’Agence de régulation des marchés publics (ARMP), les candidats ont jusqu’au 18 septembre 2026 à 15 heures pour déposer leurs offres.


Cette consultation constitue une étape importante, mais elle ne signifie pas encore que le Hilton de Yaoundé fera effectivement son entrée en Bourse à une date déterminée. Le processus devra notamment permettre de vérifier la conformité de la CHC avec les règles d’admission à la cote et de définir la structuration financière de l’opération.


La CHC cherche ses spécialistes du marché financier


Les sociétés de Bourse recherchées devront notamment accompagner la CHC dans l’évaluation de son éligibilité à la cote et dans la structuration de l’opération.


Les candidats doivent être agréés par la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf), être établis dans la Cemac depuis au moins cinq ans et pouvoir justifier d’expériences dans les introductions en Bourse, les levées de fonds et les audits d’acquisition.


À ce stade, plusieurs paramètres essentiels restent inconnus. L’avis ne précise ni la proportion du capital susceptible d’être proposée aux investisseurs, ni la valorisation envisagée de la CHC, ni le calendrier d’une éventuelle offre publique.


Le montage retenu sera donc déterminant.


Une augmentation de capital permettrait à la CHC de faire entrer de nouveaux investisseurs et de récupérer directement les ressources levées pour financer son développement. Une cession de titres détenus par l’État, en revanche, aurait principalement pour effet de modifier l’actionnariat, les fonds issus de la vente revenant à l’État.


Une opération décidée depuis 2022


Le projet n’est pas nouveau. Il découle de l’accord donné par la présidence de la République le 29 août 2022 pour l’introduction à la BVMAC de quatre entreprises publiques : la CHC, les Aéroports du Cameroun (ADC), le Port autonome de Douala (PAD) et la Société de développement du coton (Sodecoton).


Sur ce dossier, ADC a pris une longueur d’avance.


Le gestionnaire des aéroports camerounais est déjà accompagné par Emerald Securities Services Bourse, Deloitte & Touche et NYA & Co. Lors d’un atelier organisé le 24 juin 2026 à Kribi, les différents intervenants ont notamment examiné la conformité d’ADC aux exigences de la Cosumaf et de la BVMAC ainsi que les travaux encore nécessaires avant une éventuelle admission au compartiment « Premium ».


Pour la CHC, un mécanisme d’aide permet par ailleurs de réduire le coût de préparation de l'opération.


Le 10 juillet 2026, la société a été retenue, avec trois entreprises gabonaises, dans le cadre d’un dispositif de prise en charge partielle des frais d’introduction en Bourse.


L’enveloppe globale destinée aux quatre bénéficiaires atteint 223 780 dollars, soit environ 143 millions de FCFA. Le financement est assuré par la Banque africaine de développement (BAD) à travers le Fonds d’aide au secteur privé africain, dans le cadre du Projet d’appui au marché financier unifié d’Afrique centrale.


Un autre chantier financier : environ 25 milliards de FCFA pour rénover le Hilton


La préparation de l’introduction en Bourse intervient alors que la CHC cherche déjà à mobiliser d’importantes ressources pour moderniser son principal actif hôtelier.


Le 15 avril 2026, l’entreprise a retenu le groupement composé d’Attijari Securities Central Africa, AFG Capital et Financia Capital pour arranger une opération de levée de dette destinée à financer la rénovation du Hilton de Yaoundé.


Le montant de la dette recherchée n’a pas été officiellement communiqué. Toutefois, la rémunération du groupement a été fixée à 1 % TTC des fonds effectivement levés, avec un plafond de 250 millions de FCFA.


Si la commission maximale correspond à 1 % des fonds mobilisés, cela implique une enveloppe pouvant atteindre environ 25 milliards de FCFA.


La future opération boursière pourrait ainsi constituer un deuxième levier de financement pour la CHC. Son intérêt dépendra toutefois du schéma finalement retenu et de l’utilisation prévue des capitaux.


La CHC reste bénéficiaire malgré le recul de son chiffre d’affaires


Les performances financières de l’entreprise constituent un autre élément clé dans la perspective d'une éventuelle cotation.


Les comptes arrêtés au 31 décembre 2025 montrent une CHC bénéficiaire, même si son activité commerciale a légèrement reculé.


Le chiffre d’affaires s’est établi à 12,19 milliards de FCFA, contre 12,56 milliards en 2024, soit une baisse de 2,9 %.


Dans le même temps, le résultat d’exploitation a fortement progressé, passant de 1,38 milliard à 1,86 milliard de FCFA, soit une hausse de 34,8 %.


Le résultat financier est également resté positif, à 889,2 millions de FCFA, contre 856,4 millions un an plus tôt.


Le bénéfice net s’est toutefois contracté de 12,8 %, à 2,10 milliards de FCFA, contre 2,41 milliards en 2024.


Autre signal intéressant pour les futurs investisseurs : la trésorerie nette a augmenté de 8,8 %, pour atteindre 16,96 milliards de FCFA. Les capitaux propres et ressources assimilées se sont, eux, établis à 31,89 milliards de FCFA.


Ces données devront être scrutées dans le cadre des travaux préparatoires à la cotation. Rentabilité, structure financière, perspectives de croissance, actifs, endettement et besoins d’investissement seront notamment déterminants dans l’appréciation de la valeur de l’entreprise et de son attractivité auprès des investisseurs.


Un futur complexe cinq étoiles à Kribi


La CHC ne se limite pas à la rénovation du Hilton de Yaoundé.


L’entreprise prépare également un complexe hôtelier cinq étoiles à Idolo, à Kribi. En 2026, elle a lancé la sélection de cabinets d’architecture pour élaborer l’esquisse de ce projet.


Pour l’heure, ni le coût global de l’investissement ni son plan de financement n’ont été rendus publics.


Ce projet pourrait néanmoins renforcer les besoins futurs en capitaux de la société, dans un contexte où le financement par le marché régional est appelé à jouer un rôle plus important.


L’investissement ralentit, mais le privé reprend des couleurs


Le chantier de la CHC intervient dans un environnement macroéconomique contrasté.


Selon le rapport sur les Comptes nationaux publié le 2 septembre 2026 par l’Institut national de la statistique (INS), l’investissement au Cameroun a progressé de seulement 1,9 % en 2025, après une hausse de 4,3 % en 2024.


Cette décélération est principalement liée au ralentissement de l’investissement public.


L’INS relève en effet une contraction de 0,2 % de l’investissement public en 2025, après une progression particulièrement forte de 18,8 % en 2024.


La tendance avait déjà été visible au premier trimestre. Le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2026-2028 indiquait alors que les dépenses d’investissement du gouvernement avaient chuté de 40,7 % en glissement annuel, passant de 200,2 milliards de FCFA au premier trimestre 2024 à 118,8 milliards sur la même période de 2025.


Le recul était notamment attribué au faible décaissement des emprunts extérieurs destinés au financement des projets, malgré une progression de 31,2 % des investissements financés sur ressources propres.


Mais le tableau est différent du côté du secteur privé.


Selon l’INS, l’investissement privé a progressé de 6,6 % en 2025, contre seulement 0,4 % en 2024.


Cette accélération est notamment liée à la poursuite des investissements dans les secteurs agro-industriel, manufacturier, minier et des infrastructures productives.


Plusieurs projets structurants engagés ou mis en service en 2025 ont ainsi contribué à renforcer progressivement les capacités de production nationales.


La BVMAC comme nouveau levier pour les entreprises camerounaises


Le dossier CHC dépasse donc le seul cas du Hilton de Yaoundé. Il s'inscrit dans une volonté plus large de développer le financement des entreprises par le marché financier régional.


Pour une entreprise comme la CHC, l'accès à la BVMAC pourrait diversifier les sources de financement au-delà du crédit bancaire et de l'endettement.


Mais l'enjeu sera également celui de la gouvernance, de la transparence financière et de la capacité à convaincre les investisseurs de la pertinence de la valorisation proposée.


Avec 2,10 milliards de FCFA de bénéfice net en 2025, près de 17 milliards de FCFA de trésorerie nette et plusieurs projets d'investissement à financer, la CHC dispose d'arguments financiers. Elle devra néanmoins démontrer que son modèle peut soutenir durablement sa croissance et justifier les conditions de son éventuelle admission à la cote.


Pour l'heure, une certitude : le Hilton de Yaoundé se rapproche du marché boursier régional, mais le véritable rendez-vous sera celui de la valorisation et du montage financier qui seront finalement proposés aux investisseurs.




Hilton Yaoundé Owner CHC Moves Closer to BVMAC Listing


Cameroon Hotels Corporation (CHC), owner of the Hilton Yaoundé and 95.6% state-owned, has launched the selection of stockbroking firms to assist with a potential listing on the Central African Stock Exchange (BVMAC). The move comes as overall investment growth slows in Cameroon, while private investment regains momentum.


The Cameroon Hotels Corporation (CHC) is moving into a more operational phase of preparations for a potential listing on the BVMAC.


On September 9, 2026, the company launched a selection process for one or more stockbroking firms to advise it throughout the listing process.


According to the notice published by Cameroon’s Public Procurement Regulatory Agency (ARMP), applications must be submitted by September 18, 2026, at 3 p.m.


The consultation marks an important step, but does not mean that the Hilton Yaoundé owner will necessarily be listed on the regional exchange. The next phase will notably involve assessing CHC’s compliance with listing requirements and determining how the transaction should be structured.


CHC seeks capital-market specialists


The selected firms will be expected to assess CHC’s eligibility for listing and assist with structuring the transaction.


Applicants must be approved by the Central African Financial Market Supervisory Commission (Cosumaf), have been established within the Cemac region for at least five years and demonstrate experience in initial public offerings, fundraising operations and acquisition audits.


Several key parameters remain unknown.


The notice does not specify how much of CHC’s capital could potentially be offered to investors, the valuation being targeted or the timetable for a possible public offering.


The final structure will therefore be crucial.


A capital increase would allow CHC to bring in new investors while receiving the proceeds directly to finance its development. A sale of shares held by the state, by contrast, would mainly change the company’s ownership structure, with the proceeds going to the selling shareholder.


A project dating back to 2022


The planned listing is not new. It stems from presidential approval granted on August 29, 2022, for the listing of four state-owned companies on the BVMAC: CHC, Aéroports du Cameroun (ADC), the Port Authority of Douala (PAD) and the Cameroon Development Corporation (Sodecoton).


Among the four companies, ADC is currently further ahead.


The airport operator is already working with Emerald Securities Services Bourse, Deloitte & Touche and NYA & Co. During a workshop held in Kribi on June 24, 2026, the various parties assessed ADC’s compliance with Cosumaf and BVMAC requirements and reviewed the work still needed before a potential admission to the exchange’s “Premium” segment.


CHC is also benefiting from a mechanism designed to reduce the cost of preparing its listing.


On July 10, 2026, the company was selected, alongside three Gabonese companies, under a scheme providing partial coverage of listing-related costs.


The total envelope available to the four beneficiaries amounts to $223,780, or approximately CFAF 143 million. The mechanism is financed by the African Development Bank (AfDB) through the African Private Sector Assistance Fund, under the Central African Unified Financial Market Support Project.


Another financing operation: around CFAF 25 billion for the Hilton renovation


The listing preparations come as CHC is already seeking substantial financing to modernize its flagship hotel asset.


On April 15, 2026, the company appointed a consortium comprising Attijari Securities Central Africa, AFG Capital and Financia Capital to arrange a debt-raising operation intended to finance the renovation of the Hilton Yaoundé.


The targeted debt amount has not been officially disclosed. However, the consortium’s remuneration was set at 1% including tax of the funds actually raised, capped at CFAF 250 million.


If the maximum fee corresponds to 1% of the funds raised, this points to a potential financing envelope of around CFAF 25 billion.


The planned stock-market transaction could therefore provide CHC with a second financing channel. Its impact will depend on the final structure of the transaction and how the funds are ultimately used.


CHC remains profitable despite lower revenue


The company’s financial performance will be a key element in preparations for any potential listing.


Financial statements for the year ended December 31, 2025 show that CHC remained profitable, although revenue declined slightly.


Revenue stood at CFAF 12.19 billion, compared with CFAF 12.56 billion in 2024, representing a 2.9% decline.


Operating profit, however, rose sharply from CFAF 1.38 billion to CFAF 1.86 billion, an increase of 34.8%.


Financial income also remained positive at CFAF 889.2 million, compared with CFAF 856.4 million a year earlier.


Net profit nevertheless fell by 12.8%, from CFAF 2.41 billion to CFAF 2.10 billion.


Another positive indicator is net cash, which increased by 8.8% to CFAF 16.96 billion. Equity and related resources stood at CFAF 31.89 billion.


These indicators will be closely examined as part of the listing preparation process. Profitability, financial structure, growth prospects, assets, debt and investment requirements will all matter in determining the company’s valuation and attractiveness to potential investors.


A future five-star hotel complex in Kribi


CHC’s development strategy extends beyond the renovation of the Hilton Yaoundé.


The company is also preparing a five-star hotel complex in Idolo, Kribi. In 2026, it launched the selection of architectural firms to prepare the project’s initial design.


So far, neither the total investment cost nor the financing plan has been made public.


The project could nevertheless increase CHC’s future capital requirements at a time when regional capital markets are expected to play a greater role in corporate financing.


Investment slows in Cameroon, but private investment rebounds


CHC’s move comes against a mixed macroeconomic backdrop.


According to the National Institute of Statistics (INS) National Accounts report published on September 2, 2026, investment in Cameroon increased by only 1.9% in 2025, compared with 4.3% growth in 2024.


The slowdown was largely driven by weaker public investment.


The INS reported a 0.2% contraction in public investment in 2025, following particularly strong growth of 18.8% in 2024.


The trend was already visible during the first quarter. Cameroon’s Medium-Term Economic and Budgetary Programming Document for 2026-2028 indicated that government investment expenditure had fallen by 40.7% year-on-year, from CFAF 200.2 billion in the first quarter of 2024 to CFAF 118.8 billion during the same period in 2025.


The decline was attributed in particular to weak disbursement of external loans intended to finance projects, despite a 31.2% increase in investment financed from domestic resources.


The private sector, however, showed a different trend.


According to the INS, private investment grew by 6.6% in 2025, compared with just 0.4% in 2024.


The acceleration was notably supported by continued investment in the agro-industrial, manufacturing, mining and productive infrastructure sectors.


Several major projects launched or commissioned in 2025 gradually strengthened Cameroon’s domestic production capacity.


BVMAC as a new financing channel for Cameroonian companies


The CHC case therefore goes beyond the Hilton Yaoundé.


It forms part of a broader effort to expand corporate financing through the regional capital market.


For a company such as CHC, access to the BVMAC could diversify its financing sources beyond bank loans and debt.


The challenge will also involve corporate governance, financial transparency and the ability to convince investors that the proposed valuation is justified.


With CFAF 2.10 billion in net profit in 2025, almost CFAF 17 billion in net cash and several investment projects requiring funding, CHC has financial arguments to present to the market.


It will nevertheless have to demonstrate that its business model can sustain long-term growth and support the terms of any potential listing.


For now, one thing is clear: the Hilton Yaoundé owner is moving closer to the regional stock market, but the real test will come with the valuation and financial structure eventually offered to investors.


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Mouahna Divine

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