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Cacao camerounais : après la chute des prix, une nouvelle facture menace les producteurs

Prix en chute, nouvelles règles européennes : les planteurs de cacao camerounais font face à une double pression. Foder tire la sonnette d'alarme.

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Le cacao camerounais traverse une zone de turbulences. À peine remis d'une campagne 2025-2026 marquée par une chute spectaculaire des prix, les producteurs doivent désormais composer avec une échéance qui s'approche à grands pas : l'entrée en vigueur, le 30 décembre 2026, du règlement européen contre les produits liés à la déforestation (RDUE). Une double contrainte que l'organisation Forêts et développement rural (Foder) juge intenable en l'état.


Une note qui sonne l'alerte


Dans une note stratégique publiée le 13 août 2026, Foder pose un constat sans détour : le modèle économique actuel de la filière cacao fait peser l'essentiel des efforts de durabilité sur les épaules des producteurs, alors même que ceux-ci n'ont aucune prise sur le prix final de vente de leur récolte.


C'est là que le bât blesse. Le RDUE, qui doit s'appliquer aux grandes et moyennes entreprises exportatrices à partir de fin décembre 2026, impose que tout cacao commercialisé en Europe soit exempt de déforestation et produit dans le respect de la législation du pays d'origine. Les opérateurs devront apporter la preuve de leur diligence raisonnée, avec notamment des données précises sur l'origine géographique des produits.


Les producteurs camerounais ne sont pas juridiquement soumis à ce règlement — il vise en premier lieu les importateurs européens. Mais dans les faits, la pression redescend directement vers les champs : géolocalisation des parcelles, justificatifs de légalité, traçabilité renforcée. Autant d'exigences nouvelles pour des exploitants déjà à la peine.


« Il supporte les coûts, mais ne maîtrise ni le prix ni la valeur »


Foder résume la situation en une formule qui fait mouche : le producteur assume les coûts de la transition et les risques de conformité, sans avoir la main sur le prix ni sur la valeur finale de son propre produit. Une position que l'organisation qualifie de structurellement déséquilibrée.


Les chiffres de la dernière campagne donnent du poids à ce constat. Selon l'Office national du cacao et du café (ONCC), le prix bord champ du kilogramme s'est effondré entre 700 et 4 300 FCFA sur la campagne 2025-2026, contre une fourchette de 3 210 à 5 400 FCFA l'année précédente. Conséquence directe : la valeur des exportations de fèves a chuté de 63 %, passant de 1 074,6 milliards à 400,9 milliards de FCFA. La production commercialisée, elle, a reculé de 19,9 %, à 247 914 tonnes.


Une filière libéralisée, des producteurs exposés


Pour Foder, cette séquence illustre les limites d'un modèle où les planteurs camerounais restent directement soumis aux soubresauts des cours mondiaux, sans filet de protection structurel. L'organisation appelle à repenser l'architecture économique de la filière, pour que le coût des nouvelles exigences environnementales européennes ne retombe pas uniquement sur ceux qui produisent.


Un signal positif est toutefois à noter : les prix se sont redressés depuis le creux de la vague. Au 1er septembre 2026, l'ONCC relevait des cotations comprises entre 2 750 et 2 900 FCFA/kg. Une embellie bienvenue, mais qui ne répond pas à la question de fond posée par Foder : qui financera, sur la durée, la traçabilité, la géolocalisation et l'ensemble des dispositifs nécessaires pour que le cacao camerounais garde sa place sur le marché européen ?




Cameroon's Cocoa Farmers Squeezed Between Falling Prices and New EU Deforestation Rules


Cameroon's cocoa sector is entering a period of turbulence. Barely recovering from a 2025-2026 season marked by a sharp price collapse, producers now face a fast-approaching deadline: the European Union's Deforestation Regulation (EUDR), set to take effect on December 30, 2026. The advocacy group Forests and Rural Development (Foder) warns that this double burden may be more than farmers can bear.


In a strategic brief published on August 13, 2026, Foder argues that the sector's current economic model places most of the sustainability burden on producers, even though they have no control over the final price of their harvest.


That's the crux of the problem. The EUDR, which will apply to large and medium-sized exporting companies from the end of December 2026, requires that cocoa sold in Europe be deforestation-free and produced in compliance with the laws of its country of origin. Operators will need to prove due diligence, including precise data on the geographic origin of their products.


Cameroonian producers are not directly bound by this regulation — it primarily targets European importers. But in practice, the pressure trickles down to the farms: plot geolocation, proof of legality, and stricter traceability are becoming the new norm for growers already under strain.


Foder sums up the imbalance bluntly: farmers bear the costs of the sustainability transition and the risks of compliance, yet have no say over the price or final value of their own product.


Last season's figures back up the concern. According to the National Cocoa and Coffee Board (ONCC), farm-gate prices per kilogram swung between 700 and 4,300 CFA francs during the 2025-2026 season, down from a range of 3,210 to 5,400 CFA francs the year before. As a result, bean export value plunged 63%, from 1,074.6 billion to 400.9 billion CFA francs, while marketed production fell 19.9% to 247,914 tonnes.


For Foder, this sequence exposes the limits of a liberalized sector where farmers remain directly exposed to swings in world prices, with no structural safety net. The organization is calling for a rethink of the sector's economic architecture so that the cost of new EU environmental requirements doesn't fall solely on those who grow the crop.


There is a silver lining: prices have recovered since the lowest point of the previous season. As of September 1, 2026, the ONCC reported prices between 2,750 and 2,900 CFA francs per kilogram. A welcome rebound — but one that doesn't answer Foder's core question: who will sustainably finance the traceability, geolocation, and other systems needed to keep Cameroonian cocoa on the European market?


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Silognhia Edwige

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