NuRAN Wireless : la trésorerie s’effondre, le modèle NaaS sous pression au Cameroun
Yaoundé – La société canadienne NuRAN Wireless, qui construit et exploite des sites de téléphonie mobile rurale pour Orange et MTN au Cameroun, traverse une zone de turbulences financières majeures. Au 30 juin 2026, sa trésorerie n’affichait plus que 388 724 dollars canadiens, soit environ 159 millions de FCFA. Trois mois plus tôt, elle disposait encore de 1,934 million de dollars canadiens (près de 791 millions de FCFA). La chute atteint 79,9 %.
Même si ce niveau reste supérieur aux quelque 46 millions de FCFA détenus un an auparavant, la trajectoire inquiète. NuRAN poursuit en Afrique son modèle Network as a Service (NaaS) : construire les sites, les exploiter, puis facturer leur utilisation aux opérateurs. Le Cameroun figure parmi ses marchés prioritaires.
L’entreprise affirme avoir achevé une première phase de 122 sites avec Orange et poursuivre les installations destinées à MTN. Elle indique également que la majorité des sites déjà en service, « particulièrement au Cameroun », enregistrent des niveaux de trafic conformes à ses objectifs. Pourtant, l’achèvement des 122 sites Orange était déjà mentionné dans les comptes du deuxième trimestre 2025.
Chiffre d’affaires en dents de scie, Afrique quasi exclusive
Au deuxième trimestre 2026, le groupe a généré environ 355 millions de FCFA de chiffre d’affaires, en hausse de 38,3 % sur un an. Sur l’ensemble du premier semestre, les revenus reculent en revanche de 40,1 %, à environ 713 millions de FCFA.
Les comptes ne permettent pas d’isoler la contribution exacte du Cameroun. L’ensemble des activités africaines a rapporté environ 712 millions de FCFA, contre 1,08 milliard un an plus tôt. L’Afrique représente 99,8 % du chiffre d’affaires total du groupe.
Plus de 1,2 milliard FCFA de cash brûlé en six mois
La marge brute s’est améliorée, passant de 57,7 % à 65 %. La perte nette du semestre a diminué d’environ 13 %, à près de 1,89 milliard de FCFA. Mais les activités opérationnelles ont consommé l’équivalent de 1,24 milliard de FCFA de trésorerie au premier semestre.
À fin juin, les dettes et obligations à court terme dépassaient les ressources disponibles à court terme d’environ 4,43 milliards de FCFA, contre 2,05 milliards six mois plus tôt. Les états financiers reconnaissent explicitement qu’il existe une incertitude importante sur la capacité de NuRAN à poursuivre normalement ses activités. L’entreprise estime pouvoir continuer à fonctionner à condition de lever de nouveaux financements, de conserver son accès au crédit et de poursuivre l’exécution de ses contrats africains.
Seulement 1,23 milliard FCFA d’argent frais en août
L’opération financière de 7,6 millions de dollars canadiens annoncée le 14 août (environ 3,11 milliards de FCFA) n’a pas entièrement apporté de nouvelles liquidités. Seuls 3 millions de dollars canadiens, soit environ 1,23 milliard de FCFA, ont réellement été injectés en numéraire. Le reste a principalement servi à effacer une dette convertible d’environ 1,58 milliard de FCFA, ainsi que des salaires accumulés et d’autres dettes.
Parallèlement, NuRAN cherche à obtenir auprès d’Afrigreen Debt Impact Fund jusqu’à 12 millions de dollars américains (environ 6,8 milliards de FCFA) pour financer des infrastructures au Cameroun, en RDC, en Côte d’Ivoire et au Bénin. Ce financement n’est pas encore acquis. Il reste soumis à des vérifications, aux approbations internes et à la signature des accords définitifs.
NuRAN reconnaît elle-même que ses revenus actuels ne suffisent pas à couvrir simultanément ses charges d’exploitation et les investissements nécessaires pour construire les milliers de sites prévus par ses contrats. La poursuite des déploiements au Cameroun et dans ses autres marchés africains reste donc étroitement dépendante de nouvelles ressources financières.
Pour les abonnés d’Orange et de MTN dans les zones rurales camerounaises, la question est désormais claire : le modèle NaaS de NuRAN tiendra-t-il le rythme ou faudra-t-il trouver d’autres solutions pour connecter le pays ?
NuRAN Wireless Cash Crash: 80% Drop in Liquidity Despite Orange and MTN Sites in Cameroon
Yaoundé – Canadian company NuRAN Wireless, which deploys and operates rural mobile network infrastructure for Orange and MTN in Cameroon, is facing severe financial pressure. At the end of the second quarter of 2026, its cash position stood at just CAD 388,724 — approximately 159 million FCFA. Three months earlier, the company held CAD 1.934 million (nearly 791 million FCFA). The decline reaches 79.9%.
Although this level remains higher than the roughly 46 million FCFA available a year earlier, the trajectory raises concerns. NuRAN continues to roll out its Network as a Service (NaaS) model across Africa: building and operating sites, then charging operators for their use. Cameroon ranks among its key markets.
The company states it has completed a first phase of 122 sites with Orange and is continuing installations for MTN. It also reports that the majority of sites already in service, “particularly in Cameroon,” are recording traffic levels in line with its targets. However, the completion of the 122 Orange sites had already been mentioned in its second-quarter 2025 results.
In the second quarter of 2026, the group generated approximately 355 million FCFA in revenue, up 38.3% year-on-year. For the full first half, revenues fell 40.1% to about 713 million FCFA.
The financial statements do not isolate Cameroon’s contribution. African activities as a whole generated roughly 712 million FCFA, compared with 1.08 billion a year earlier. Africa accounts for 99.8% of the group’s total revenue.
Gross margin improved from 57.7% to 65%, and the net loss for the half-year narrowed by about 13% to nearly 1.89 billion FCFA. Yet operations consumed the equivalent of 1.24 billion FCFA in cash during the first six months.
At the end of June, short-term liabilities exceeded available short-term resources by approximately 4.43 billion FCFA, compared with 2.05 billion six months earlier. The financial statements acknowledge that this situation creates significant uncertainty about NuRAN’s ability to continue as a going concern. Management believes the company can continue operating provided it raises new financing, maintains access to credit, and continues executing its African contracts.
The CAD 7.6 million financing transaction completed on 14 August (around 3.11 billion FCFA) did not fully translate into fresh cash. Only CAD 3 million — about 1.23 billion FCFA — was contributed in cash. The remainder mainly served to extinguish a convertible debt of roughly 1.58 billion FCFA, as well as accrued salaries and other liabilities.
In parallel, NuRAN is seeking up to USD 12 million (approximately 6.8 billion FCFA) from Afrigreen Debt Impact Fund to finance infrastructure in Cameroon, the DRC, Côte d’Ivoire and Benin. This financing is not yet secured and remains subject to due diligence, internal approvals and final agreements.
NuRAN itself acknowledges that current revenues are insufficient to cover both operating costs and the investments required to build the thousands of sites planned under its contracts. Continued deployment in Cameroon and other African markets therefore remains dependent on securing additional financial resources.
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Silognhia Edwige