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L’ordre mondial américain s’effondre : Trump transforme les alliés en satellites et la force en seule loi

Martin Wolf (Financial Times) alerte : en deux semaines, Trump relance la guerre commerciale avec le Canada, réduit les exercices avec la Corée du Sud, s’empare du pétrole vénézuélien et frappe l’Iran. L’Amérique n’a plus d’alliés, seulement des satellites. Analyse choc.

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L’Amérique a perdu pied : Trump cloue le cercueil de l’ordre mondial qu’elle avait bâti


Quand un chroniqueur aussi posé et respecté que Martin Wolf, du Financial Times, écrit que « les roues sont en train de sortir de l’ordre mondial américain », il faut tendre l’oreille. Ce n’est plus une opinion de salon. C’est un diagnostic froid, presque clinique, d’un système qui a tenu le monde pendant près de quatre-vingts ans et qui, sous Donald Trump, part en pièces.


En l’espace de deux semaines seulement, l’administration américaine a enchaîné les coups de force : relance de la guerre commerciale avec le Canada, réduction substantielle des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud, revendication ouverte sur le pétrole vénézuélien avec « le plus grand deal pétrolier de l’histoire mondiale », et lancement de l’« Operation Economic Outcast » contre l’Iran. Quatre décisions, quatre continents, un seul message : l’Amérique n’a plus d’alliés. Elle a des satellites.


Wolf le dit sans détour : « C’est un monde où les États-Unis n’ont pas d’alliés mais des satellites ; un monde où ils peuvent faire ce qu’ils veulent, quand ils veulent, à qui ils veulent ; un monde où seule la force compte ; et, surtout, un monde où les États-Unis croient qu’ils sont les seuls à disposer de cette force, concentrée entre les mains d’un seul homme qui, ce n’est pas un hasard, se comporte comme une brute. »


Ce n’est pas du théâtre. C’est la négation pure et simple de ce que les États-Unis avaient construit après 1945. Sous Harry Truman, Washington avait mis des moyens colossaux sur la table : Plan Marshall, GATT, alliances durables, reconstruction de l’Europe occidentale. Dean Acheson, secrétaire d’État de Truman, avait résumé l’ambition : créer « une demi-monde libre » sans faire sauter la planète. Cette demi-monde a gagné la guerre froide. L’autre a disparu.


Aujourd’hui, Trump n’écrit pas Present at the Creation. Il est, selon Wolf, « présent à la destruction ». Il ne crée pas le désordre à lui seul – le monde était déjà en train de basculer – mais il en est l’artisan principal, celui qui enfonce le clou dans le cercueil.


Pour un continent africain qui a longtemps regardé l’Amérique comme un pôle de stabilité (même imparfait), le spectacle est glaçant. Quand un pays qui se présentait comme le garant des règles décide que les règles n’existent plus pour lui, que reste-t-il aux autres ? Les « middle powers », le Cameroun compris, se retrouvent face à un monde où la force brute redevient la seule monnaie d’échange. Où le Canada, partenaire le plus proche et le plus fidèle, est traité comme un vassal. Où la Corée du Sud, démocratie prospère née sous protection américaine, voit ses exercices militaires réduits parce que Trump « a une très bonne relation » avec Kim Jong-un.


Wolf ne se fait aucune illusion : ce n’est même pas un retour au réalisme à la Palmerston. C’est l’antithèse de l’ordre d’après-guerre. Un monde imprévisible, sans loi, où le chaos n’est plus un accident mais une opportunité pour celui qui le provoque.


L’influence américaine, conquise dans le sang et les dollars des années d’après-guerre, s’affaiblit à vue d’œil. L’ordre mondial américain a perdu pied. Et le reste du monde – Afrique y compris – doit maintenant apprendre à marcher sans béquille.




The American World Order Is Losing Its Wheels: Trump Turns Allies into Satellites


When Martin Wolf of the Financial Times writes that “the wheels are coming off the US world order,” the world should listen. In just two weeks, the Trump administration relaunched a trade war with Canada, announced a substantial reduction in joint military exercises with South Korea, claimed control over Venezuelan oil in what it called “the biggest oil deal in world history,” and launched “Operation Economic Outcast” against Iran.


Wolf’s verdict is blunt: this behaviour reveals the world Trump believes in. “It is a world in which the US does not have allies but satellites; one in which the US can do whatever it wants, whenever it wants, to whomever it wants; one in which power alone matters; and, above all, one in which the US thinks that it alone has the power, with that power concentrated in the hands of one man, who is, not coincidentally, a bully.”


This is the complete negation of the postwar order built under Harry Truman. Then, the United States poured resources into reconstructing Western Europe, creating the Marshall Plan, the GATT, and durable alliances. Dean Acheson called it the task of creating “half a world, a free half” out of chaos. That free half won the Cold War.


Trump, Wolf suggests, is “present at the destruction.” He did not single-handedly invent today’s lawless and unpredictable world, but he is its prime mover. Chaos, for him, is opportunity.


For countries that long viewed American power as a stabilising (if imperfect) force, the shift is stark. Allies are treated as subordinates. Rules apply only to others. Force is the only currency that counts.


The influence the United States acquired in the postwar years is weakening. The American world order has lost its footing. And the rest of the world must now learn to stand without it.


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Ange NGO

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