Guerre commerciale : Washington accuse ouvertement le Canada d'être "le seul pays" à lui tenir tête
La brouille commerciale entre Washington et Ottawa vient de franchir un nouveau cap. Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a lâché une phrase qui résume à elle seule la tension actuelle : le Canada serait, selon lui, "le seul pays" encore engagé dans un bras de fer tarifaire avec les États-Unis.
Le Canada pointé du doigt par Washington
Interrogé sur la chaîne CBC, M. Greer a été sans détour. Il a expliqué que même la Chine, longtemps considérée comme l'adversaire commercial numéro un des États-Unis, avait fini par trouver un terrain d'entente avec Washington. Le Canada, lui, resterait le seul partenaire à avoir choisi la voie de la rétorsion plutôt que celle du compromis.
Pour étayer ses propos, le négociateur américain a cité deux mesures canadiennes qu'il juge "assez extrêmes" : l'interdiction de vente de boissons alcoolisées américaines sur le territoire canadien, et une limitation stricte du nombre de véhicules américains autorisés à entrer au Canada. Deux décisions qui, selon lui, dépassent le simple cadre d'un différend commercial classique.
La Chine, argument central des négociations
Autre révélation venue de Washington : le représentant permanent des États-Unis auprès de l'ONU, Mike Waltz, a confirmé que l'administration américaine avait posé une condition précise à Ottawa pendant les pourparlers. Pour bénéficier du statut de "nation la plus favorisée" en matière de droits de douane, le Canada devrait relever ses propres taxes sur les produits chinois.
L'objectif affiché par Washington est d'empêcher que des marchandises chinoises bon marché n'utilisent le territoire canadien comme porte d'entrée détournée vers le marché américain, une pratique communément appelée "transit de contournement". Selon M. Waltz, le Mexique aurait déjà accepté une exigence similaire, ce qui isole encore davantage la position d'Ottawa dans ce dossier.
Des tarifs de 50% et des négociations suspendues
Le contexte est tendu depuis plusieurs semaines. Selon Jamieson Greer, le Canada aurait renoncé à un accord jugé "avantageux" par Washington. Conséquence directe : des droits de douane américains de 50% sur certains produits canadiens sont entrés en vigueur le 22 août dernier.
Face à cette escalade, le premier ministre canadien Mark Carney a annoncé la suspension des négociations commerciales avec les États-Unis. Il a justifié cette décision par la nécessité de "protéger les travailleurs et les entreprises" du pays. En réponse, Ottawa prévoit d'imposer ses propres droits de douane de rétorsion à partir du 8 septembre.
La spirale ne semble pas prête de s'arrêter : Donald Trump a annoncé, le 24 août, son intention d'imposer, dès le 1er janvier 2027, des droits de douane de 50% sur les automobiles, les pièces détachées et l'acier en provenance du Canada.
Le lac Ontario rebaptisé "lac Amérique" : la polémique enfle
Au-delà des chiffres et des taxes, un autre dossier illustre l'ampleur de la crise diplomatique : la décision unilatérale de Donald Trump de renommer le lac Ontario, situé à la frontière entre les deux pays, en "lac Amérique". Le président américain affirme que toutes les démarches administratives nécessaires ont déjà été effectuées, et l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS) s'est engagé à mettre à jour ses documents officiels dans les plus brefs délais.
Cette décision passe très mal du côté canadien. Des élus démocrates au Congrès américain, dont le représentant Tim Kennedy et la représentante Debbie Dingell, préparent déjà des projets de loi visant à annuler ce décret présidentiel. De son côté, Mark Carney a fermement condamné cette initiative, assurant que son gouvernement n'en tiendrait tout simplement pas compte.
Une relation bilatérale sous très haute tension
Entre tarifs douaniers punitifs, exigences liées à la Chine et querelle symbolique autour du nom d'un lac, la relation entre Washington et Ottawa traverse l'une de ses phases les plus délicates depuis des années. Les prochaines semaines, marquées par l'entrée en vigueur des mesures de rétorsion canadiennes début septembre, s'annoncent déterminantes pour la suite des échanges entre les deux voisins nord-américains.
Trade War: Washington Openly Accuses Canada of Being "the Only Country" Standing Up to It
The trade dispute between Washington and Ottawa has reached a new level. U.S. Trade Representative Jamieson Greer told CBC that Canada is now "the only country" still locked in a tariff standoff with the United States, noting that even China — long seen as Washington's top trade rival — has settled its disputes with the U.S.
To back up his claim, Greer pointed to two Canadian measures he called "pretty extreme": a ban on U.S. alcohol sales in Canada and a strict limit on the number of American vehicles allowed into the country.
Separately, U.S. Ambassador to the United Nations Mike Waltz confirmed that Washington had asked Ottawa to raise its own tariffs on Chinese goods in exchange for most-favored-nation tariff status, in order to prevent cheap Chinese products from entering the U.S. market through Canada. Waltz said Mexico had already agreed to a similar request.
The dispute escalated after Canada walked away from what Washington considered a favorable deal, prompting the U.S. to impose 50% tariffs on certain Canadian goods on August 22. Canadian Prime Minister Mark Carney announced he was suspending trade talks with Washington, saying Ottawa would impose retaliatory tariffs starting September 8 "to protect workers and businesses." Trump has also threatened 50% tariffs on Canadian cars, auto parts, and steel starting January 1, 2027.
Adding to the tension, Trump ordered Lake Ontario renamed "Lake America," a move Carney has rejected outright. Democratic lawmakers in Congress are now drafting legislation to reverse the decision.
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Ange NGO