C’est un record qui fait tiquer. Un navire transportant du gaz de pétrole liquéfié (GPL) a déboursé 5,3 millions de dollars juste pour obtenir un passage prioritaire dans le canal de Panama. Oui, vous avez bien lu : plus de cinq millions de dollars pour traverser un canal, alors que le niveau d’eau continue de baisser dangereusement.
Ilya Espino de Marotta, administratrice du canal, l’a confirmé à l’AFP sans détour : « Nous avons eu trois enchères un peu élevées ces derniers temps. C’est le montant le plus élevé versé à ce jour. » La dame ne ment pas. La semaine dernière, l’administration a dû freiner le trafic quotidien. Pourquoi ? Parce que les pluies ont déserté la région. Depuis quatre mois, les précipitations dans le bassin du canal sont inférieures de 34 % à la moyenne historique. Pire : le volume d’eau qui entre dans le bassin a chuté de 44 % par rapport à la normale. Résultat : moins de passages, plus de stress, et des enchères qui s’envolent.
Normalement, les transits se réservent à l’avance. Mais quand l’urgence frappe, on passe aux enchères. En avril déjà, un navire avait payé jusqu’à 4 millions de dollars. À l’époque, la hausse de la demande en hydrocarbures, liée notamment à la fermeture du détroit d’Ormuz, avait mis la pression. Aujourd’hui, c’est pire. Entre octobre 2025 et février 2026, le prix moyen des enchères tournait autour de 55 000 dollars. Depuis, ce montant a en moyenne triplé.
Ce n’est pas un simple fait divers maritime. Le canal de Panama reste l’une des artères vitales du commerce mondial. Quand il tousse, le pétrole, le gaz et les marchandises ressentent la fièvre partout, y compris en Afrique. Pour un pays comme le Cameroun, qui dépend des importations énergétiques et des chaînes logistiques internationales, ces records de prix rappellent une vérité simple : l’eau manque, les coûts explosent, et quelqu’un, quelque part, paie la note.
L’Autorité du canal de Panama gère la situation avec des mesures restrictives. Mais tant que les pluies ne reviennent pas en force, les enchères records risquent de devenir la nouvelle normalité. 5,3 millions de dollars pour un passage. Un chiffre qui sonne comme un avertissement.
A vessel carrying liquefied petroleum gas (LPG) has paid a record $5.3 million for priority passage through the Panama Canal, whose daily traffic has been reduced due to critically low water levels, canal administrator Ilya Espino de Marotta told AFP.
“We have had three somewhat high auctions recently,” she said, adding that this was “the highest amount paid to date.” Last week, the Panama Canal Authority decided to limit the number of daily transits because of reduced rainfall in the region, which has led to a shortage of water in the canal. According to the administrator, over the past four months rainfall in the canal basin has been 34% below the historical average, while the volume of water entering the basin has fallen 44% compared with normal levels.
Transits through the canal are normally scheduled by reservation, but a priority passage can be sold at auction. In April, one vessel paid as much as $4 million in such an auction, driven by the urgent need to transport hydrocarbons amid rising demand linked to the closure of the Strait of Hormuz. According to the Panama Canal Authority, the average auction price between October 2025 and February 2026 was around $55,000. Since then, that amount has on average tripled.
This is more than a maritime footnote. The Panama Canal remains one of the vital arteries of global trade. When it struggles, oil, gas and goods feel the pressure worldwide. Record auction prices serve as a clear warning: water is scarce, costs are soaring, and someone, somewhere, is footing the bill. As long as rainfall does not return in force, record auctions risk becoming the new normal. $5.3 million for a single passage. A figure that sounds like an alert.
canal de Panama, record passage prioritaire, 5,3 millions de dollars, gaz de pétrole liquéfié GPL, sécheresse canal Panama, bas niveaux d’eau, enchères canal Panama, trafic réduit Panama, précipitations bassin canal, Ilya Espino de Marotta, commerce mondial, hydrocarbures, détroit d’Ormuz, Autorité du canal de Panama, prix enchères maritimes
Ange NGO