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RDC : Tshisekedi s’offre un troisième mandat ? L’opposition promet un « 15 septembre » historique et met le pays au bord de la crise

Alors que la validation de la Cour constitutionnelle ouvre la voie à un référendum pour un troisième mandat de Félix Tshisekedi, l'opposition congolaise, menée par Delly Sesanga, appelle à une journée de manifestation nationale le 15 septembre. Entre la menace d'un bras de fer à Kinshasa, la mise en garde de Paul Kagame sur les FDLR et les débuts timides de la mission de paix à Minembwe, la RDC retient son souffle. Découvrez les enjeux d'un conflit qui pourrait redessiner toute la région des Grands Lacs.

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Crise constitutionnelle en RDC : L’opposition déclare la guerre à Tshisekedi et appelle à une mobilisation totale le 15 septembre


Alors que la Cour constitutionnelle a validé le mécanisme de révision de la Loi fondamentale, la coalition C64 promet de paralyser Kinshasa. Dans l’est du pays, la menace rwandaise plane, tandis qu’une fragile mission de vérification du cessez-le-feu s’installe à Minembwe.


La République démocratique du Congo (RDC) vient de plonger dans une nouvelle zone de turbulences politiques. À moins de trois semaines d’une journée de mobilisation nationale, le climat est à la tension maximale. Le 15 septembre prochain, l’opposition, regroupée au sein de la coalition C64, a promis de paralyser le pays pour dire « non » au projet de révision constitutionnelle, qu'elle dénonce comme un coup de force visant à offrir un troisième mandat au Président Félix Tshisekedi.


Le coup de semonce de l’opposition


« Une nation en guerre ne devrait pas faire de la modification de la Constitution une priorité ». La phrase est lourde de sens. Elle émane de Delly Sesanga, président du parti Envol et figure de proue de la coalition C64 . Interrogé par Africanews, ce dernier a martelé que l’opposition entendait atteindre son objectif de « renoncement » au projet de loi « à tout prix » .


La stratégie de la rue est clairement définie : bloquer le bâtiment du Parlement à Kinshasa et en paralyser les activités pour empêcher toute avancée législative sur ce texte que la coalition qualifie de « coup d’État constitutionnel » . Si l'exécutif estime que cette nouvelle loi vise simplement à combler les lacunes de la législation sur les référendums, les opposants y voient une manœuvre pour contourner l’article 220 de la Constitution, qui limite strictement la présidence à deux mandats de cinq ans .


Ce bras de fer intervient dans un contexte où les tentatives d’apaisement semblent vaines. Les médiateurs religieux, qui peinaient déjà à organiser un dialogue national, voient leur tâche compromise par cette escalade verbale .


Le spectre rwandais et le « problème FDLR »


Alors que le pays s’embrase sur la scène politique, la question sécuritaire reste le talon d’Achille du régime. Depuis Kigali, le Président Paul Kagame a adressé un message sans équivoque à Kinshasa, cité par KT Press : « Le problème du Rwanda au Congo a toujours été les FDLR. Je peux le répéter 100 fois : si ce problème n'est pas résolu, le Rwanda restera concerné. Il n'y a pas d'autre alternative » .


Cette sortie est une réponse directe à la signature par Kinshasa d’un protocole de désarmement avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Pour Paul Kagame, cet accord n’est que la confirmation d’une « entente » entre les autorités congolaises et ce groupe composé d’anciens génocidaires rwandais . Il estime que le gouvernement congolais devrait neutraliser ce groupe sur son sol plutôt que de négocier avec lui. Le ministre congolais de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a vivement rejeté ces accusations, rappelant que ce protocole s’inscrit dans le cadre des engagements pris lors du processus de paix de Washington pour neutraliser les rebelles et non pour un dialogue politique .


La paix fragile à l’est : Mission à Minembwe


Pendant ce temps, la machine diplomatique tente de maintenir une lueur d’espoir dans l’Est meurtri. Une première mission de vérification sur le terrain du respect de la trêve entre le gouvernement et le groupe rebelle M23 a débuté son travail dans la province du Sud-Kivu, plus précisément à Minembwe .


Acheminés par hélicoptère de la Monusco, les membres de ce mécanisme conjoint de vérification (MCVE+) ont pour mission de documenter les éventuelles violations de l’accord de cessez-le-feu conclu à Doha . Ce déploiement, qui fait suite aux négociations de Suisse en août, est perçu comme un test crucial pour le processus de paix . La coalition AFC/M23 étant partie prenante de ce mécanisme, la communauté internationale retient son souffle pour voir si ce dispositif permettra de réduire les accusations mutuelles sur le terrain .




DR Congo: Opposition Declares War on Tshisekedi Over Third Term Bid, Calls for September 15 Nationwide Shutdown


As the Constitutional Court validates the mechanism for revising the Fundamental Law, the C64 coalition promises to paralyze Kinshasa. In the east, the Rwandan threat looms, while a fragile ceasefire verification mission is deployed to Minembwe.


The Democratic Republic of Congo (DRC) has plunged into a new wave of political turbulence. With less than three weeks to go before a national day of mobilization, tensions are at an all-time high. On September 15, the opposition, united under the C64 coalition, has vowed to paralyze the country to say "no" to the constitutional revision project, which they denounce as a power grab aimed at granting President Félix Tshisekedi a third term.


The Opposition's Warning Shot


"A nation at war should not make constitutional reform a priority." This heavy statement comes from Delly Sesanga, president of the Envol party and a leading figure of the C64 coalition . In an interview with Africanews, he stressed that the opposition intends to achieve its goal of "renouncing" the bill "at all costs" .


The street strategy is clearly defined: block the Parliament building in Kinshasa and paralyze its activities to prevent any legislative progress on a text the coalition calls a "constitutional coup" . While the executive argues the law aims to fill gaps in referendum legislation, opponents see it as a maneuver to bypass Article 220 of the Constitution, which strictly limits the presidency to two five-year terms .


This standoff comes as attempts at de-escalation appear futile. Religious mediators, who were already struggling to organize a national dialogue, see their mission compromised by this verbal escalation .


The Rwandan Specter and the "FDLR Problem"


As the political scene heats up, the security question remains the regime's Achilles' heel. From Kigali, President Paul Kagame sent an unequivocal message to Kinshasa, as quoted by KT Press: "Rwanda's problem in Congo has always been the FDLR. I can say it 100 times: if this problem is not resolved, Rwanda will remain concerned. There is no other alternative" .


This statement is a direct response to Kinshasa's signing of a disarmament protocol with the Democratic Forces for the Liberation of Rwanda (FDLR). For Paul Kagame, this agreement is merely confirmation of an "understanding" between the Congolese authorities and a group composed of former Rwandan genocidaires . He believes the Congolese government should neutralize this group on its soil rather than negotiate with it. Congolese Minister of Regional Integration, Floribert Anzuluni, strongly rejected these accusations, reminding that this protocol is part of commitments made during the Washington peace process to neutralize the rebels and not for political dialogue .


The Fragile Peace in the East: Mission to Minembwe


Meanwhile, the diplomatic machine is trying to maintain a glimmer of hope in the war-torn East. A first field verification mission to monitor the ceasefire between the government and the M23 rebel group has begun its work in South Kivu province, specifically in Minembwe .


Transported by MONUSCO helicopter, members of this Joint Verification Mechanism (EJVM+) are tasked with documenting potential violations of the Doha ceasefire agreement . This deployment, following the Swiss negotiations in August, is seen as a crucial test for the peace process . With the AFC/M23 coalition a party to this mechanism, the international community is holding its breath to see if this device will reduce mutual accusations on the ground .


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Didier Cebas K.

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