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Pommes de terre : -21 % de récolte en France, pourquoi la Belgique redoute déjà le pire

La France devrait récolter seulement 6,5 millions de tonnes de pommes de terre en 2026, soit 21 % de moins qu’en 2025. Chaleur, sécheresse et concurrence étrangère inquiètent la filière et la Belgique.

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Pommes de terre : la France face à une récolte en chute libre, la Belgique déjà sous pression


Une baisse de 21 % qui inquiète toute la filière


La France s’apprête à connaître une campagne particulièrement difficile pour ses producteurs de pommes de terre. Selon des données du ministère français de l’Agriculture rapportées par BFMTV, la récolte française devrait atteindre environ 6,5 millions de tonnes en 2026, soit une baisse de 21 % par rapport à 2025.


Cette chute intervient après une année 2025 exceptionnelle. La précédente campagne avait enregistré un niveau de production inédit depuis près de trois décennies, dans un contexte où la filière française avait progressivement renforcé ses volumes.


Mais en 2026, le scénario est tout autre. Chaleur, sécheresse et conditions météorologiques extrêmes viennent perturber les rendements et la qualité des tubercules.


La Belgique pourrait payer le prix fort


Le recul de la production française ne concerne pas uniquement les agriculteurs de l’Hexagone. Il pourrait rapidement se répercuter sur l’ensemble de la chaîne européenne de la pomme de terre, notamment en Belgique, premier acheteur des pommes de terre françaises.


Depuis le début des années 2000, la Belgique a développé une puissante industrie de transformation de la pomme de terre. Le pays est devenu l’un des grands acteurs mondiaux de la production de frites surgelées et de produits transformés.


Or, cette industrie dépend fortement d’un approvisionnement régulier en pommes de terre répondant à des critères précis.


La baisse des volumes français pourrait donc créer des tensions sur les matières premières. Mais le problème ne se limite pas à la quantité disponible.


Des pommes de terre plus petites, un problème pour les fabricants de frites


La météo joue également sur la qualité et le calibre des pommes de terre.


BFMTV souligne que les fortes chaleurs et la sécheresse peuvent réduire la taille des tubercules. Une difficulté importante pour l’industrie de la frite, qui privilégie généralement des pommes de terre suffisamment longues pour obtenir des produits répondant aux standards de transformation.


Autrement dit, même lorsque les récoltes arrivent dans les silos, elles ne sont pas nécessairement toutes adaptées aux besoins des industriels.


Cette situation pourrait donc accentuer la tension entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs sur le marché européen.


La concurrence chinoise et indienne se renforce


À cette pression climatique s’ajoute une autre menace : la concurrence internationale.


Les producteurs français doivent désormais composer avec la montée en puissance d’entreprises chinoises et indiennes, qui ont accru leurs livraisons sur le marché européen.


Pour les agriculteurs français, l’équation devient ainsi particulièrement délicate : produire moins dans un contexte climatique défavorable tout en faisant face à une concurrence extérieure plus agressive.


La question de la compétitivité de la filière européenne devient dès lors centrale.


Le changement climatique s’installe au cœur de l’agriculture européenne


La situation de la pomme de terre illustre plus largement les conséquences du dérèglement climatique sur l’agriculture européenne.


Selon les estimations citées dans les informations disponibles sur le sujet, les pertes annuelles du secteur agricole de l’Union européenne liées au changement climatique pourraient atteindre 40 milliards d’euros d’ici 2050.


Les données du programme européen Copernicus, consacré à la surveillance et à la cartographie de la Terre, donnent également une idée de l’ampleur du phénomène.


En juillet, plusieurs pays d’Europe occidentale ont connu des températures supérieures de 3 à 5 °C aux normales saisonnières. Juin et juillet réunis auraient constitué la période la plus chaude jamais enregistrée dans la région, avec une température moyenne quotidienne de 21,62 °C, soit 2,79 °C au-dessus de la moyenne de référence 1991-2020.


Pour les agriculteurs, ces chiffres ne sont pas seulement des statistiques climatiques. Ils se traduisent directement par des rendements plus faibles, des cultures davantage stressées et une qualité parfois dégradée.


Une alerte pour la sécurité alimentaire européenne


La pomme de terre est un produit stratégique pour l’agriculture et l’agroalimentaire européens. La baisse attendue de la production française en 2026 montre surtout à quel point les filières agricoles sont devenues vulnérables aux épisodes météorologiques extrêmes.


Avec une récolte estimée à 6,5 millions de tonnes, la France reste un producteur majeur. Mais le recul de 21 % attendu en un an constitue un sérieux signal d’alerte.


Et derrière la pomme de terre, c’est tout un modèle économique qui est concerné : agriculteurs, négociants, industriels de transformation, fabricants de frites, transporteurs et distributeurs.


Si les épisodes de chaleur et de sécheresse deviennent plus fréquents, l’enjeu pour l’Europe ne sera plus seulement de produire davantage. Il faudra surtout adapter les cultures, sécuriser les approvisionnements et préserver la compétitivité des producteurs face à une concurrence mondiale croissante.


À retenir




  • 6,5 millions de tonnes : production française de pommes de terre attendue en 2026.




  • -21 % : recul attendu par rapport à 2025.




  • Belgique : premier acheteur des pommes de terre françaises et poids lourd mondial de la transformation en frites.




  • Chaleur et sécheresse : facteurs susceptibles de réduire les rendements et le calibre des tubercules.




  • Chine et Inde : concurrence croissante sur le marché européen.




  • 40 milliards d’euros : pertes agricoles annuelles potentielles liées au changement climatique dans l’UE à l’horizon 2050, selon les estimations citées.






Potatoes: France faces a sharp production drop, putting Belgium’s fry industry under pressure


France’s potato sector is bracing for a difficult 2026 harvest. According to data from the French Ministry of Agriculture, reported by French broadcaster BFMTV, farmers are expected to harvest around 6.5 million tonnes of potatoes this year, representing a 21% decline compared with 2025.


The drop comes just one year after France recorded its largest potato harvest in around three decades. Over the past 30 years, French potato production has expanded significantly, with output almost doubling between 1995 and 2025.


But weather conditions have changed the outlook dramatically.


Heat and drought hit French potato production


High temperatures and drought are putting significant pressure on potato crops across France. The effects are being felt not only through lower yields, but also through the size and quality of the potatoes harvested.


That is particularly important for the European processing industry, where potato varieties and tuber sizes must meet specific standards.


According to BFMTV, heat and drought can lead to smaller potatoes in the fields. This could become a major problem for the french fry industry, which generally requires long tubers to produce standard-sized fries.


Belgium could be directly affected


The expected decline in French production could have consequences well beyond France.


Belgium is France’s largest buyer of potatoes and has developed a powerful potato-processing ecosystem since the early 2000s. The country has become one of the world's leading producers and exporters of frozen French fries.


A reduction in French supplies could therefore create additional pressure on Belgian processors, particularly if the available potatoes do not meet the size and quality requirements of the industry.


The problem is not simply about having fewer potatoes. It is also about having the right potatoes for processing.


Chinese and Indian competition adds pressure


French growers are also facing stronger international competition.


Companies from China and India have increased their deliveries to the European market, adding another challenge for European potato producers already dealing with declining yields and rising climate-related risks.


The combination of lower domestic production, stronger competition and growing weather uncertainty could put additional pressure on farmers’ margins.


Climate change is becoming an agricultural issue


The potato crisis is part of a broader challenge facing European agriculture.


Estimates cited in relation to the issue suggest that annual losses in the European Union's agricultural sector linked to climate change could reach €40 billion by 2050.


Data from the European Copernicus Earth observation programme also highlights the exceptional temperatures recorded across parts of Western Europe.


Temperatures in several countries were reportedly 3 to 5°C above seasonal averages in July. June and July combined were described as the hottest period ever recorded in the region, with an average daily temperature of 21.62°C, or 2.79°C above the 1991-2020 reference average.


For farmers, such figures translate into very real consequences: water stress, lower yields, smaller crops and greater uncertainty from one season to the next.


A warning for Europe’s food supply chain


France's expected potato harvest of 6.5 million tonnes in 2026 highlights the growing vulnerability of European agriculture to extreme weather.


The consequences could spread throughout the entire supply chain, from farmers and traders to processors, French fry manufacturers, transport companies and retailers.


For Belgium in particular, the situation is worth watching closely. Its global position in the frozen French fry industry makes reliable access to suitable potatoes essential.


The 2026 French harvest therefore sends a broader warning: climate change is no longer a distant threat for European agriculture. It is already influencing what farmers can produce, how much they can harvest and the quality of the food available to processors.


Key figures




  • 6.5 million tonnes: expected French potato production in 2026.




  • 21%: expected decline compared with 2025.




  • Belgium: France’s leading potato buyer and a global French fry powerhouse.




  • 3 to 5°C: temperatures above seasonal averages recorded in parts of Western Europe in July.




  • €40 billion: potential annual climate-related losses for EU agriculture by 2050, according to the estimates cited.




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Ekanga Ekanga Fernand

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