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Ebola en RDC : l’épidémie explose, 2 476 morts et une propagation plus rapide que la riposte

La RDC fait face à la plus grave épidémie d’Ebola de son histoire : 5 208 cas, 2 476 morts et une propagation exponentielle dans six provinces. L’ONU tire la sonnette d’alarme.

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Ebola en RDC : l’épidémie explose, 2 476 morts et une propagation plus rapide que la riposte


La situation devient de plus en plus préoccupante en République démocratique du Congo. L’épidémie de fièvre Ebola progresse à un rythme qualifié d’« exponentiel » par les Nations unies, alors que la maladie a déjà fait 2 476 morts pour 5 208 cas recensés. Avec une propagation dans six provinces, les autorités sanitaires et les organisations humanitaires font face à une crise d’une ampleur inédite dans l’histoire du pays.


La République démocratique du Congo est confrontée à une flambée d’Ebola qui prend des proportions alarmantes. Alors que les équipes sanitaires tentent d’endiguer la maladie, la progression du virus semble désormais aller plus vite que les moyens mobilisés pour y répondre.


À Genève, Julien Harneis, coordinateur principal du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (BCAH) chargé de la lutte contre Ebola, a dressé un tableau particulièrement inquiétant.



« L’épidémie d’Ebola croît de manière exponentielle. Au cours des trois derniers mois, 2 500 personnes sont mortes, dont la moitié au cours des 20 derniers jours », a-t-il déclaré lors d’un point de presse.



Un constat qui illustre l’accélération spectaculaire de cette flambée, devenue la 17e épidémie d’Ebola recensée en RDC, mais surtout la plus importante jamais enregistrée dans le pays.


Une épidémie qui progresse plus vite que la riposte


Selon les Nations unies, l’espace géographique touché par l’épidémie est désormais immense. La maladie affecterait un territoire dont la superficie dépasse celle de la France.


Plus préoccupant encore, la propagation du virus serait plus rapide et plus étendue que les dispositifs actuellement déployés pour tenter de la contenir.


« L’épidémie s’étend plus rapidement et plus largement que la réponse apportée », a averti Julien Harneis.


Cette situation intervient dans un contexte particulièrement difficile pour la RDC, notamment dans l’est du pays, où plusieurs décennies de conflits armés ont profondément fragilisé les infrastructures sanitaires et aggravé les besoins humanitaires.


Les déplacements de populations, l’insécurité et les difficultés d’accès à certaines zones compliquent considérablement le travail des équipes médicales et humanitaires.


Plus de 5 200 cas et près de 2 500 morts


Le dernier bilan disponible fait état de 5 208 cas d’Ebola et 2 476 décès, soit un taux de létalité estimé à 47,5 %.


Par ailleurs, 730 personnes seraient hospitalisées ou placées en quarantaine, selon les données communiquées.


Initialement détectée dans la province de l’Ituri, la flambée s’est progressivement étendue à six provinces de la République démocratique du Congo.


L’épicentre reste situé en Ituri, une région déjà confrontée à une situation sécuritaire et humanitaire particulièrement complexe.


La flambée actuelle a débuté le 15 mai, touchant la RDC ainsi que l’Ouganda voisin. Les autorités sanitaires ougandaises ont toutefois annoncé, le 28 juillet, la fin de l’épidémie sur leur territoire.


En revanche, en RDC, la dynamique reste extrêmement préoccupante.


L’Organisation mondiale de la santé a d’ailleurs classé cette flambée comme une urgence de santé publique de portée internationale, signe de la gravité de la situation et des risques liés à une éventuelle propagation régionale ou internationale.


Des nourrissons contaminés pendant l’allaitement


La crise sanitaire soulève également de graves préoccupations concernant la protection des nourrissons.


En Ituri, certains bébés auraient été contaminés par le virus Ebola au cours de la période d’allaitement, tandis que d’autres ont succombé à la maladie.


Le Programme national de nutrition (Pronanut), cité par Radio Okapi, appelle à une vigilance particulière lorsqu’une mère est infectée.


Cosma Bakemwanga, coordonnateur provincial du Pronanut, a rappelé que l’allaitement maternel devait être suspendu lorsqu’une mère est affectée par Ebola.



« Pendant l’épidémie d’Ebola, le lait maternel est contre-indiqué. Lorsqu’une maman est affectée, il faut la séparer de son enfant pour éviter la contamination. Mais une fois la maladie soignée, la mère peut reprendre l’allaitement », a-t-il expliqué.



Une problématique particulièrement sensible dans une région où la malnutrition constitue déjà un facteur majeur de vulnérabilité chez les enfants.


La souche Bundibugyo au cœur de l’inquiétude


La flambée actuelle est provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola.


Cette variante fait partie des six espèces connues du virus Ebola. Elle a été identifiée pour la première fois en 2007 en Ouganda, dans la région de Bundibugyo, qui lui a donné son nom.


Selon les données scientifiques disponibles, cette souche est généralement considérée comme moins létale que la souche Zaïre.


Mais elle pose un problème majeur : il n’existe actuellement ni vaccin homologué ni traitement spécifique approuvé contre la souche Bundibugyo.


C’est cette absence d’outil préventif directement adapté qui complique la lutte contre l’épidémie.


Le virus Ebola est transmis à l’être humain à partir d’animaux infectés. Entre humains, la transmission peut ensuite se produire par contact avec des fluides corporels d’une personne malade ou décédée, ainsi qu’avec des objets contaminés.


Les principaux symptômes peuvent inclure la fièvre, les vomissements, les maux de tête et de gorge. Dans les formes graves, la maladie peut provoquer des atteintes aux reins et au foie ainsi que des hémorragies internes ou externes.


70 000 doses d’Ervebo envoyées, malgré les incertitudes


Face à l’urgence, l’Organisation mondiale de la santé a envoyé 70 000 doses du vaccin Ervebo en RDC.


Cependant, ce vaccin est initialement homologué contre la souche Zaïre du virus Ebola et non contre la souche Bundibugyo actuellement impliquée dans la flambée.


Selon des informations rapportées par des médias locaux, l’OMS veut néanmoins étudier son éventuelle capacité à renforcer la protection des populations exposées.



« Nous ne savons pas encore si le vaccin Ervebo protège contre le virus Bundibugyo chez l’humain », a reconnu un responsable de l’OMS cité par la presse.



Sur les 70 000 doses envoyées, 20 000 seraient destinées à des essais cliniques, tandis que 50 000 doses seraient réservées aux populations les plus exposées dans les zones affectées.


Le vaccin Ervebo, également connu sous le nom de rVSV-ZEBOV, est utilisé en RDC contre la souche Zaïre depuis 2018.


Mis au point à partir de recherches scientifiques menées notamment au Canada, il est produit par le laboratoire Merck.


Un premier vaccin spécifique contre Bundibugyo en cours d’essai


L’espoir repose également sur la recherche scientifique.


L’université d’Oxford a lancé en juin des essais cliniques portant sur ChAdOx1 BDBV, présenté comme le premier candidat-vaccin spécifiquement développé dans la médecine moderne contre le virus Ebola de souche Bundibugyo.


Ce vaccin utilise une technologie de vecteur viral similaire à celle exploitée pour certains vaccins développés contre le Covid-19.


Mais les essais cliniques nécessitent du temps, alors que l’épidémie continue de progresser.


Pour les autorités sanitaires, le défi est donc double : tenter de contrôler immédiatement la flambée tout en accélérant la recherche sur des outils capables de protéger durablement les populations contre cette variante du virus.


La plus meurtrière épidémie de l’histoire de la RDC


Avec plus de 5 000 cas et près de 2 500 morts, la flambée actuelle est désormais présentée comme la plus meurtrière jamais enregistrée dans l’histoire de la RDC.


Le pays connaît pourtant Ebola depuis un demi-siècle.


Le premier cas humain identifié sur le territoire de l’actuelle République démocratique du Congo remonte à 1976.


Depuis, plusieurs flambées ont été enregistrées, faisant de la RDC l’un des pays les plus régulièrement confrontés à cette maladie.


À l’échelle du continent, la pire crise d’Ebola demeure toutefois l’épidémie qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, notamment la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone.


Cette catastrophe sanitaire avait fait plus de 11 000 morts.


Aujourd’hui, l’explosion du nombre de cas en RDC fait craindre une nouvelle catastrophe sanitaire majeure.


Entre l’extension géographique de l’épidémie, les difficultés liées à la souche Bundibugyo et la fragilité des infrastructures dans les zones touchées, la bataille contre Ebola entre dans une phase critique.


Le message lancé par les Nations unies est sans ambiguïté : la vitesse de propagation du virus dépasse actuellement celle de la riposte.


Et dans une région déjà épuisée par des décennies de conflits et de crises humanitaires, chaque jour de retard peut coûter des centaines de vies.




Ebola in DR Congo: Outbreak Explodes as Virus Spreads Faster Than the Response


The Ebola outbreak in the Democratic Republic of Congo is escalating at an alarming pace. With 5,208 reported cases and 2,476 deaths, United Nations officials warn that the epidemic is growing exponentially and spreading faster than the humanitarian and health response. The outbreak has now reached six Congolese provinces and is being described as the largest Ebola epidemic in the country's history.


The Ebola crisis in the Democratic Republic of Congo is entering a critical phase.


United Nations officials have raised the alarm over the speed at which the virus is spreading, warning that the outbreak is expanding faster than the response designed to contain it.


Speaking at a press briefing in Geneva, Julien Harneis, the senior coordinator for Ebola response at the UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs, described the situation as extremely serious.



“The Ebola epidemic is growing exponentially. Over the last three months, 2,500 people have died, with half of those deaths occurring during the past 20 days,” he said.



The outbreak is the 17th Ebola epidemic recorded in the Democratic Republic of Congo, but it is now being described as the largest in the country's history.


Ebola outbreak spreads faster than the emergency response


According to UN officials, the geographical area affected by Ebola has already grown to a territory larger than France.


Even more worrying, the epidemic is reportedly expanding more quickly and across a wider area than the current humanitarian and public health response.


“The epidemic is spreading faster and more widely than the response,” Harneis warned.


The crisis is unfolding in a region already weakened by decades of armed conflict and a severe humanitarian emergency.


Insecurity, population displacement and limited access to health facilities are making it increasingly difficult for medical teams to trace contacts, isolate patients and break chains of transmission.


More than 5,200 cases and 2,476 deaths


The latest figures put the toll at 5,208 Ebola cases and 2,476 deaths, representing a case fatality rate of approximately 47.5%.


An additional 730 people are currently hospitalized or under quarantine.


The outbreak was initially detected in the northeastern province of Ituri before spreading to six provinces across the Democratic Republic of Congo.


Ituri remains the epicentre of the crisis.


The current Ebola outbreak began on May 15 and initially affected both DR Congo and neighbouring Uganda.


Ugandan authorities announced on July 28 that the outbreak had ended in their country.


However, the situation remains critical in DR Congo.


The World Health Organization has classified the Ebola outbreak as a Public Health Emergency of International Concern, underlining the seriousness of the crisis and the potential risk of further international spread.


Infants infected during breastfeeding


Health authorities are also facing serious concerns over the transmission of Ebola to infants.


In Ituri, some babies have reportedly contracted the virus during the breastfeeding period, while others have died from the disease.


The National Nutrition Programme, known as Pronanut, has warned that breastfeeding must be carefully managed when a mother is infected.


Cosma Bakemwanga, the provincial coordinator of Pronanut, explained that infected mothers should be temporarily separated from their children to reduce the risk of transmission.



“During an Ebola outbreak, breast milk is contraindicated. When a mother is infected, she must be separated from her child to avoid contamination. However, once she has recovered, breastfeeding can resume,” he said.



The issue is particularly sensitive in areas where child malnutrition already represents a major threat to infant survival.


The Bundibugyo strain presents a major challenge


The current outbreak is being driven by the Bundibugyo strain of the Ebola virus.


Bundibugyo is one of the six known species of Ebola and was first identified in 2007 in western Uganda, in the Bundibugyo region from which it takes its name.


Scientific studies generally suggest that the Bundibugyo strain may have a lower fatality rate than the Zaire strain.


However, it presents a major challenge for public health authorities because there is currently no licensed vaccine or specific approved treatment targeting this strain.


Ebola is initially transmitted to humans through contact with infected animals.


Human-to-human transmission can then occur through direct contact with the body fluids of infected or deceased individuals, as well as contaminated objects.


Common symptoms include fever, vomiting, headaches and sore throat. Severe cases can lead to kidney and liver damage and, in some cases, internal and external bleeding.


WHO sends 70,000 doses of Ervebo to DR Congo


In response to the growing crisis, the World Health Organization has sent 70,000 doses of the Ervebo vaccine to DR Congo.


However, Ervebo was developed and licensed specifically against the Zaire strain of Ebola, not the Bundibugyo strain currently driving the outbreak.


Health officials are therefore seeking to determine whether the vaccine could still provide some level of protection.


“We do not yet know whether the Ervebo vaccine protects humans against the Bundibugyo virus,” a WHO official was quoted as saying.


According to the reported plan, 20,000 doses will be used for clinical trials, while 50,000 doses will be allocated to people at the highest risk of exposure in affected areas.


Ervebo, also known as rVSV-ZEBOV, has been used in DR Congo against the Zaire Ebola strain since 2018.


The vaccine was developed from research involving Canadian scientists and is manufactured by pharmaceutical company Merck.


A new Bundibugyo vaccine candidate under clinical trials


Scientific research is also offering a potential source of hope.


Oxford University launched clinical trials in June for ChAdOx1 BDBV, a vaccine candidate designed specifically against the Bundibugyo strain of Ebola.


The vaccine uses viral vector technology similar to that used in some vaccines developed against Covid-19.


However, clinical trials take time, while the outbreak continues to spread.


Health authorities are therefore facing a race against the clock: containing the current epidemic while accelerating research into vaccines capable of protecting populations against this particular Ebola strain.


DR Congo's deadliest Ebola outbreak


With more than 5,000 reported cases and nearly 2,500 deaths, the current outbreak is being described as the deadliest Ebola epidemic in the history of the Democratic Republic of Congo.


The country has been dealing with Ebola for decades.


The first known human Ebola outbreak in what is now the Democratic Republic of Congo was recorded in 1976.


Since then, the country has experienced numerous outbreaks.


The deadliest Ebola epidemic in Africa, however, remains the 2014–2016 West African outbreak, which devastated Guinea, Liberia and Sierra Leone and claimed more than 11,000 lives.


Today, the rapid increase in cases in DR Congo is raising fears of another major health disaster.


The combination of a fast-spreading epidemic, the lack of a specifically licensed vaccine against the Bundibugyo strain, ongoing conflict and fragile health infrastructure has created an extremely difficult environment for the response.


The warning from the United Nations is clear: the Ebola outbreak is currently spreading faster than efforts to stop it.


In a region already battered by conflict and humanitarian crises, the coming days and weeks could prove decisive in determining whether the epidemic can be brought under control.


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Didier Cebas K.

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