Après près de 300 jours à New Bell, André Blaise Essama retrouve la liberté : « non coupable »
Douala, mercredi 19 août 2026. Le Tribunal militaire de Douala a déclaré ce mercredi André Blaise Essama non coupable des faits d'apologie d'atteinte à la sûreté nationale qui lui étaient reprochés. Au terme de quatre audiences, l'activiste camerounais retrouve la liberté après près de 300 jours passés à la prison centrale de New Bell.
Un dossier qui aura duré neuf mois
L'affaire remonte au 7 novembre 2025, au lendemain de la prestation de serment du président Paul Biya. André Blaise Essama est interpellé sans mandat par les services de police du Littoral, dans le contexte tendu des manifestations qui ont suivi l'élection présidentielle contestée d'octobre 2025. Il est placé en garde à vue administrative avant d'être écroué à la prison de New Bell, puis renvoyé devant le Tribunal militaire de Douala — une juridiction que sa défense a toujours jugée incompétente pour juger un civil.
Pendant ces mois de détention, plusieurs voix, dont celle du député Cabral Libii, avaient alerté sur la dégradation de son état de santé, réclamant une prise en charge médicale urgente. Ce mercredi, après quatre audiences devant le tribunal militaire, le verdict tant attendu est tombé : non coupable. L'homme surnommé « le combattant », connu de longue date pour son engagement contre les symboles de la colonisation française, va pouvoir sortir de prison.
Une défense saluée par le barreau
Le verdict a été obtenu par le collectif de défense conduit par Me Fabien Kengne, qui représentait également Nzepang Scotty Winner, jugé dans le même dossier et lui aussi déclaré non coupable.
Sur les réseaux sociaux, sa consœur Me Félicité Zeifman lui a rendu un hommage appuyé, saluant dans un texte personnel l'engagement d'un avocat qu'elle décrit comme une sentinelle des sans-voix, de ceux que la nuit carcérale finit souvent par effacer. Elle y rappelle une conviction qui a guidé sa plaidoirie : « un homme reste un homme, même privé de tout ». Un hommage à un confrère qu'elle présente comme de ceux qui tiennent bon quand la justice semble n'être qu'une illusion, plaidant sans relâche, souvent sans être rémunéré, pour des détenus que la société a choisi d'oublier.
Qui est André Blaise Essama ?
Né en 1976, André Blaise Essama s'est fait connaître au Cameroun depuis le début des années 2000 pour son combat contre la mémoire coloniale française, notamment en décapitant à plusieurs reprises la statue du général Leclerc à Douala. Ce militantisme lui a valu, au fil des années, plus d'une trentaine d'arrestations, des amendes et plusieurs séjours en prison, avant son incarcération la plus longue, liée à la crise post-électorale de 2025.
Et maintenant ?
La libération d'André Blaise Essama intervient dans un climat où plusieurs organisations de défense des droits humains continuent de s'inquiéter du recours à la justice militaire pour juger des civils au Cameroun, notamment dans les dossiers liés aux manifestations d'octobre 2025. Cette décision du Tribunal militaire de Douala sera scrutée de près par les avocats et les défenseurs des droits humains, qui y voient un signal dans un contexte judiciaire jusque-là marqué par plusieurs reports et rejets de demandes de libération.
After Nearly 300 Days in New Bell Prison, André Blaise Essama Walks Free: "Not Guilty"
Douala, Wednesday, August 19, 2026. Douala's Military Tribunal ruled on Wednesday that Cameroonian activist André Blaise Essama is not guilty of glorifying an attack on state security, the charge that had kept him behind bars. After four hearings, the activist regains his freedom following nearly 300 days in detention at Douala's New Bell prison.
A Nine-Month Ordeal
The case dates back to November 7, 2025, the day after President Paul Biya's swearing-in. André Blaise Essama was arrested without a warrant by police in Cameroon's Littoral region, amid the tense aftermath of protests following the disputed October 2025 presidential election. He was placed in administrative custody before being jailed at New Bell prison and later referred to Douala's Military Tribunal — a court his defense team consistently argued had no jurisdiction to try a civilian.
During his months in detention, several voices, including lawmaker Cabral Libii, publicly raised concerns about his deteriorating health and called for urgent medical care. This Wednesday, after four hearings before the military court, the long-awaited verdict came: not guilty. The activist, nicknamed "le combattant" ("the fighter") for his decades-long campaign against symbols of French colonial rule, is now set to leave prison.
A Defense Praised by the Legal Community
The verdict was secured by the defense team led by lawyer Fabien Kengne, who also represented Nzepang Scotty Winner, tried in the same case and likewise found not guilty.
On social media, fellow lawyer Félicité Zeifman paid a heartfelt tribute to him, describing in a personal message an attorney she calls a sentinel for the voiceless — for those whom prison nights so often erase from memory. She recalled a conviction that guided his defense: that a person remains a person, even stripped of everything. Her tribute portrayed him as one of those who keep going when justice seems like nothing more than an illusion, pleading tirelessly, often without pay, for detainees society has chosen to forget.
Who Is André Blaise Essama?
Born in 1976, André Blaise Essama became known across Cameroon in the early 2000s for his campaign against symbols of French colonial memory, repeatedly beheading the statue of General Leclerc in Douala. Over the years, his activism has led to more than thirty arrests, fines and several stints in prison, culminating in his longest-ever detention, tied to the 2025 post-election crisis.
What Comes Next
Essama's release comes as human rights organizations continue to raise concerns over the use of military courts to try civilians in Cameroon, particularly in cases linked to the October 2025 protests. The Douala Military Tribunal's ruling is likely to be closely watched by lawyers and rights defenders, in a judicial climate that had, until now, been marked by repeated delays and rejected release requests.
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Ange NGO