RDC : à Bunia, la peur d'Ebola tue presque autant que le virus lui-même
Bunia, Ituri — Dans l'est de la République démocratique du Congo, un second drame se joue dans l'ombre d'Ebola. Ce ne sont plus seulement les malades du virus qui meurent. Ce sont aussi les femmes enceintes, terrifiées à l'idée de mettre les pieds dans un hôpital. Et le bilan donne le vertige.
Selon des informations relayées par la chaîne panafricaine Africanews, citant le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), le nombre moyen de décès maternels dans la province de l'Ituri est passé de 3,1 à 5,8 par semaine entre le 25 mai et le 19 juillet. Presque un doublement en moins de deux mois, dans une région déjà classée parmi les plus dangereuses au monde pour donner la vie.
La peur, ce tueur silencieux
Le mécanisme est aussi simple que tragique. Depuis la déclaration de l'épidémie, de nombreuses femmes enceintes préfèrent rester chez elles plutôt que de se rendre dans un centre de santé, par crainte d'y contracter Ebola. Résultat : des consultations prénatales sautées, des accouchements sans assistance qualifiée, et des complications — hémorragies, pré-éclampsie, travail prolongé — qui, prises à temps, auraient pu être évitées.
C'est à Bunia, chef-lieu de l'Ituri et épicentre de l'épidémie, que la situation est la plus critique. Les médecins sur place le confirment : beaucoup de patientes ne se présentent qu'une fois les complications déjà installées, quand la marge de manœuvre médicale s'est considérablement réduite.
Des hôpitaux à l'arrêt, une confiance à reconstruire
La riposte contre Ebola a elle-même contribué, malgré elle, à fragiliser l'accès aux soins. Plusieurs établissements de santé de la région ont dû suspendre temporairement leurs activités pour empêcher la propagation du virus. C'est le cas de l'hôpital Elikya, fermé pendant 21 jours, le temps de placer son personnel en quarantaine et de désinfecter l'ensemble des locaux.
Depuis la reprise de ses activités, les équipes médicales de l'hôpital multiplient les appels du pied auprès des futures mères de la région : ne pas attendre, ne pas retarder la prise en charge, et surtout ne pas laisser la peur d'Ebola se transformer en une menace plus mortelle encore que le virus qu'elle redoute.
Ce qu'il faut retenir
- Les décès maternels en Ituri sont passés de 3,1 à 5,8 par semaine en moyenne entre le 25 mai et le 19 juillet 2026.
- La peur de contracter Ebola pousse de nombreuses femmes enceintes à éviter les établissements de santé.
- Bunia, épicentre de l'épidémie, est la zone la plus touchée par ce phénomène.
- L'hôpital Elikya, fermé 21 jours pour désinfection et quarantaine du personnel, a repris ses activités et appelle les femmes enceintes à ne plus retarder leurs soins.
DR Congo: In Bunia, fear of Ebola is killing pregnant women almost as surely as the virus itself
Bunia, Ituri Province — In the east of the Democratic Republic of Congo, a second tragedy is unfolding in Ebola's shadow. It is no longer only patients infected with the virus who are dying. Pregnant women, too afraid to set foot in a hospital, are paying a heavy price — and the toll is staggering.
According to information relayed by pan-African broadcaster Africanews, citing the United Nations Population Fund (UNFPA), the average number of maternal deaths in Ituri Province rose from 3.1 to 5.8 per week between 25 May and 19 July. That is nearly a doubling in under two months, in a region already ranked among the most dangerous in the world to give birth.
Fear as a silent killer
The mechanism is as simple as it is tragic. Since the outbreak was declared, many pregnant women have chosen to stay home rather than visit a health facility, fearing they might contract Ebola there. The result: missed prenatal check-ups, unassisted deliveries, and complications — haemorrhages, pre-eclampsia, prolonged labour — that could have been prevented with timely care.
The situation is most critical in Bunia, the capital of Ituri Province and the epicentre of the outbreak. Local doctors confirm that many patients only seek help once complications have already set in, by which point medical options are far more limited.
Hospitals shut down, trust to rebuild
The Ebola response effort has itself, unintentionally, made access to care harder. Several health facilities in the region had to temporarily suspend operations to prevent the virus from spreading. Elikya Hospital was among them, closed for 21 days while its staff were placed in quarantine and the premises disinfected.
Since resuming activities, the hospital's medical teams have been urging expectant mothers in the region not to wait — and above all, not to let fear of Ebola become a deadlier threat than the disease itself.
Key takeaways
- Maternal deaths in Ituri rose from an average of 3.1 to 5.8 per week between 25 May and 19 July 2026.
- Fear of contracting Ebola is driving many pregnant women away from health facilities.
- Bunia, the outbreak's epicentre, is the hardest-hit area.
- Elikya Hospital, closed for 21 days for disinfection and staff quarantine, has reopened and is urging pregnant women not to delay care.
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Didier Cebas K.