Damas a parlé. Et cette fois, ce n’est pas un simple discours de plus. C’est un verdict qui résonne comme un coup de tonnerre sur les cendres de quatorze ans de guerre.
Le tribunal pénal de Damas a condamné à mort l’ancien président syrien Bachar al-Assad, son cousin Atef Najib et sept autres personnes recherchées. L’information, relayée par l’agence officielle Sana, tombe ce mardi lors de la neuvième audience d’un procès historique.
Bachar al-Assad a été reconnu « coupable de meurtre intentionnel de plus d’une personne, y compris des enfants, ainsi que de torture, de détention arbitraire et de crimes contre l’humanité ». Le juge n’a pas mâché ses mots. L’ancien maître de la Syrie, qui a fui à Moscou en décembre 2024 quand les rebelles ont balayé son régime, est jugé par contumace. Mais le message est clair : le sang versé ne restera pas impuni.
Dans la salle d’audience, le procureur général de Syrie, le directeur de l’Administration nationale de la justice transitionnelle, des représentants d’organisations juridiques et humanitaires internationales, ainsi que des proches des victimes, étaient présents. On imagine le silence lourd, les regards des familles qui ont perdu des fils, des frères, des enfants. Après des années de terreur, la justice transitionnelle syrienne commence à mordre.
Atef Najib, cousin de Bachar et ancien chef du département de la sécurité politique du gouvernorat de Deraa, a également écopé de la peine capitale. L’enquête et les témoignages ont confirmé sa participation active aux interrogatoires de plusieurs détenus dès le début des manifestations à Deraa. Le tribunal a établi que des agents de la sécurité politique, appuyés par d’autres forces de l’ordre, avaient pris d’assaut la mosquée Al-Omari. Atef Najib aurait dirigé la campagne de répression contre la population civile dans ce berceau de la révolte syrienne. Des actes qui, selon le verdict, constituent bel et bien des crimes contre l’humanité.
Deraa, 2011. C’est là que tout a commencé. Des jeunes scribent des slogans anti-régime sur un mur. La réponse du pouvoir est brutale : arrestations, torture, fusillades. Quatorze ans plus tard, le même système qui a écrasé ces voix est jugé. Et condamné.
Ce verdict marque une première. C’est la première condamnation officielle prononcée par la justice syrienne contre Bachar al-Assad depuis sa chute. Même si l’homme se terre en Russie et que l’extradition semble peu probable, le signal est fort. Les autorités de transition veulent montrer qu’elles tiennent leur promesse : rendre justice aux victimes.
Pour les Syriens qui ont vécu l’enfer des prisons, des bombes et des disparitions, ce jour est symbolique. Pour le reste du monde, c’est un rappel que les dictateurs finissent parfois par rendre des comptes, même par contumace.
La justice transitionnelle avance. Lentement. Mais elle avance. Et à Damas, ce mardi, le tribunal a frappé fort.
Bashar al-Assad Sentenced to Death in Damascus: Syrian Tyrant Convicted for Killing Children
Damascus has spoken. And this time, it is no empty speech. It is a verdict that crashes like thunder over the ashes of a 14-year war.
The Criminal Court of Damascus has sentenced former Syrian President Bashar al-Assad, his cousin Atef Najib and seven other wanted individuals to death. The ruling, reported by the official Syrian news agency Sana, was delivered on Tuesday during the ninth hearing of a historic trial.
Bashar al-Assad was found “guilty of intentional murder of more than one person, including children, as well as torture, arbitrary detention and crimes against humanity.” The former strongman, who fled to Moscow in December 2024 as rebels swept his regime from power, was tried in absentia. The message, however, is unambiguous: the blood spilled will not go unanswered.
In the courtroom sat the Syrian Prosecutor General, the head of the National Administration for Transitional Justice, representatives of international legal and humanitarian organisations, and relatives of the victims. One can picture the heavy silence and the eyes of families who lost sons, brothers and children. After years of terror, Syria’s transitional justice is beginning to bite.
Atef Najib, Assad’s cousin and former head of the Political Security Department in Deraa governorate, also received the death penalty. Investigations and witness testimonies confirmed his direct involvement in the interrogation of numerous detainees after protests erupted in Deraa. The court established that political security agents, backed by other security units, stormed Al-Omari Mosque. Najib is said to have led the repression campaign against civilians in the cradle of the Syrian uprising. These acts, the judges ruled, amount to crimes against humanity.
Deraa, 2011. That is where it all began. Young people scrawled anti-regime slogans on a wall. The regime’s response was savage: arrests, torture, shootings. Fourteen years later, the same system that crushed those voices is being judged — and condemned.
This verdict is a first. It is the first official conviction handed down by Syrian justice against Bashar al-Assad since his fall. Even though the man is sheltering in Russia and extradition appears unlikely, the signal is powerful. The transitional authorities want to show they are keeping their promise: delivering justice to the victims.
For Syrians who endured the hell of prisons, bombs and disappearances, this day carries deep symbolic weight. For the rest of the world, it is a reminder that dictators sometimes face accountability — even in absentia.
Transitional justice is moving forward. Slowly. But it is moving. And in Damascus this Tuesday, the court struck hard.
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Moussa Nassourou