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Afrique centrale en état d'alerte : l'épidémie d'Ebola la plus meurtrière frappe la RDC et inquiète ses voisins

Avec 1.657 morts et près de 3.800 cas, l'épidémie d'Ebola en RDC est hors de contrôle. L'OMS alerte sur une propagation "plus rapide que la riposte" et un manque criant de moyens. Découvrez l'ampleur de la crise en Afrique centrale.

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Article : « Ebola en RDC : L’épidémie hors de contrôle, 1.657 morts et une alerte mondiale »


Kinshasa, le 4 août 2026 – La République démocratique du Congo (RDC) vit l’une des pires crises sanitaires de son histoire. Selon les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) arrêtés au 1er août, le bilan de l’épidémie de la maladie à virus Ebola a franchi un seuil macabre : 1.657 décès pour 3.748 cas confirmés. Des chiffres qui placent cette flambée comme la deuxième plus meurtrière jamais enregistrée dans le monde, dépassant déjà celle de 2018-2020 dans l’est du pays.


Tarik Jasarevic, porte-parole de l’OMS, a tiré la sonnette d’alarme depuis Genève : « L’épidémie continue de se propager, dépassant les capacités de la riposte ». Une déclaration qui résonne comme un cri de détresse alors que le virus, de souche Bundibugyo, n’a ni vaccin approuvé ni traitement spécifique disponible, compliquant considérablement la tâche des équipes médicales.


Une propagation fulgurante et un manque de ressources criant


Partie de la province de l’Ituri, frontalière de l’Ouganda et du Soudan du Sud, l’épidémie s’est propagée à une vitesse inédite. Le ministre congolais de la Santé, Roger Kamba, avait déjà évoqué des retards dans l’alerte communautaire, freinée par des croyances locales attribuant la maladie à des origines mystiques. Aujourd’hui, c’est le système de santé qui est submergé.


Face à la presse, Jasarevic a plaidé pour un soutien international massif, bien au-delà de l’aide financière. « Nous avons besoin d’un soutien supplémentaire, non seulement sur le plan financier, mais aussi sous forme d’autres ressources pour intensifier les mesures de riposte dans tous les domaines », a-t-il martelé, citant le manque de capacités de traitement, de brigades pour les enterrements sécurisés et de personnel de recherche sur le terrain.


Un constat amer partagé par les ONG sur le terrain. Manel Rebordosa, anthropologue pour Oxfam à Bunia, confie : « La situation est critique, elle est hors de contrôle ». Selon lui, le manque de ressources est le principal facteur de cette escalade, les priorités internationales s’étant détournées vers d’autres conflits géopolitiques.


L'ombre de la désinformation


Si le virus fait des ravages, un second fléau, tout aussi mortel, sévit en parallèle : la désinformation. Comme lors de la pandémie de Covid-19, des rumeurs infondées circulent sur les réseaux sociaux et dans les villages, niant l’existence de la maladie ou accusant les autorités et les ONG de trafic d’organes.


L’ONG ActionAid estime qu’en Ituri, une personne sur trois ne croit pas en l’existence d’Ebola. Ce déni a des conséquences dramatiques : il retarde la prise en charge des malades et expose les soignants à des agressions. Des véhicules caillassés, des centres de santé incendiés, des agents « battus presque à mort » : le personnel soignant paie un lourd tribut pour sauver des vies dans un climat de méfiance historique.


Une menace régionale et mondiale


L’épidémie a déjà franchi les frontières, touchant l’Ouganda voisin qui comptait 20 cas, bien que Kampala ait réussi à éradiquer la transmission locale fin juillet. L’OMS a déclaré une « urgence de santé publique de portée internationale », craignant une propagation dans les pays voisins aux systèmes de santé fragiles . Avec une létalité actuelle de 44,2%, l’Afrique centrale retient son souffle, espérant que la communauté internationale entendra enfin l’appel à l’aide de la RDC.




Ebola in DRC: The Outbreak is Out of Control, 1,657 Dead and a Global Alert


Kinshasa, August 4, 2026 – The Democratic Republic of the Congo (DRC) is experiencing one of the worst health crises in its history. According to the latest figures from the World Health Organization (WHO) as of August 1, the toll of the Ebola virus disease epidemic has crossed a grim threshold: 1,657 deaths out of 3,748 confirmed cases. These figures make this outbreak the second deadliest ever recorded globally, already surpassing the 2018-2020 outbreak in the country's east.


Tarik Jasarevic, WHO spokesperson, raised the alarm from Geneva: "The epidemic continues to spread, outpacing response capacities". A statement that resonates as a distress call, especially as the Bundibugyo strain has no approved vaccine or specific treatment, making the task of medical teams considerably more difficult.


Rapid Spread and a Critical Lack of Resources


Originating from Ituri province, bordering Uganda and South Sudan, the epidemic has spread at an unprecedented speed
. Congolese Health Minister Roger Kamba had already mentioned delays in community alerting, hindered by local beliefs attributing the disease to mystical origins. Now, the health system is overwhelmed.


Speaking to the press, Jasarevic pleaded for massive international support, far beyond financial aid. "We need additional support, not only financial but also in other resources to scale up response measures in all areas," he insisted, citing the lack of treatment capacity, safe burial teams, and field research personnel.


A bitter observation shared by NGOs on the ground. Manel Rebordosa, an anthropologist for Oxfam in Bunia, confides: "The situation is critical, it is out of control." According to him, the lack of resources is the main driver of this escalation, as international priorities have shifted towards other geopolitical conflicts.


The Shadow of Disinformation


While the virus is wreaking havoc, a second, equally deadly scourge is at work: disinformation. As during the COVID-19 pandemic, unfounded rumors circulate on social media and in villages, denying the existence of the disease or accusing authorities and NGOs of organ trafficking.


ActionAid estimates that in Ituri, one in three people does not believe Ebola exists. This denial has dramatic consequences: it delays patient care and exposes healthcare workers to attacks. Stoned vehicles, burned health centers, agents "beaten almost to death": healthcare personnel are paying a heavy price to save lives in a climate of historical mistrust.


A Regional and Global Threat


The epidemic has already crossed borders, affecting neighboring Uganda with 20 cases, although Kampala managed to eradicate local transmission by late July. The WHO has declared a "public health emergency of international concern," fearing a spread to neighboring countries with fragile health systems . With a current fatality rate of 44.2%, Central Africa is holding its breath, hoping the international community will finally heed the DRC's call for help.


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Didier Cebas K.

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