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Or au Cameroun : le gouvernement suspend 74 permis miniers et lance une vaste offensive contre l’exploitation illégale

Le Cameroun durcit le ton contre l'exploitation minière illégale. Après la suspension de 74 permis, le gouvernement promet d'assainir le secteur de l'or, confronté à une fraude massive, des pertes fiscales colossales et des dégâts environnementaux.

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Or au Cameroun : le gouvernement suspend 74 permis miniers et lance une vaste offensive contre l’exploitation illégale


Le gouvernement camerounais passe à la vitesse supérieure dans sa lutte contre l'exploitation minière illégale. Le 29 juin, le ministre des Mines, de l'Industrie et du Développement technologique a annoncé la suspension de 74 permis miniers, invoquant des violations répétées de la réglementation en vigueur. Une décision qui marque un tournant dans la volonté des autorités de reprendre le contrôle d'un secteur minier fragilisé par la fraude, l'exploitation clandestine et les atteintes à l'environnement.


Une décision dans le prolongement des opérations menées dans l'Est


Cette vague de suspensions intervient quelques semaines après une vaste opération de contrôle conduite dans la région de l'Est, principal bassin aurifère du Cameroun. Lors de cette descente, les équipes gouvernementales avaient mis au jour l'ampleur de l'exploitation artisanale illégale.


Les inspections avaient permis d'identifier près de 200 sites d'orpaillage clandestins, exploités en grande majorité par des opérateurs étrangers. Les autorités avaient alors ordonné le démantèlement immédiat de ces installations ainsi que l'évacuation des sites concernés.


À l'issue de cette mission, le ministre avait affiché sa détermination à « nettoyer le secteur aurifère », promettant une application stricte du Code minier.


Les chiffres de l'ITIE révèlent un écart spectaculaire


L'une des principales raisons de ce durcissement réside dans les révélations publiées par l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).


Les données font apparaître un écart particulièrement préoccupant : le Cameroun n'a officiellement déclaré que 23 kilogrammes d'or produits en 2023, alors que les Émirats arabes unis affirment avoir importé environ 15 tonnes d'or en provenance du Cameroun durant la même période.


Cette différence spectaculaire met en évidence l'ampleur des circuits parallèles, de la contrebande et des pertes fiscales qui privent l'État de ressources importantes.


Des impacts environnementaux jugés alarmants


Au-delà du manque à gagner pour les finances publiques, le gouvernement met également en avant les conséquences environnementales de l'exploitation minière anarchique.


Les autorités dénoncent notamment la déforestation, la dégradation des sols, ainsi que la pollution des cours d'eau provoquée par certaines méthodes d'extraction de l'or. Ces impacts affectent durablement les écosystèmes et les populations vivant à proximité des sites miniers.


De nouvelles exigences pour les opérateurs


Afin d'encadrer plus strictement les activités minières, l'exécutif annonce plusieurs mesures destinées à renforcer les obligations des exploitants.


Parmi elles figurent l'instauration d'un bond environnemental de 100 000 dollars, l'obligation de mettre en place des unités de traitement fonctionnant en circuit fermé afin de limiter les pollutions, ainsi que la fixation de seuils minimaux de production pour toute reprise des activités.


À travers cet ensemble de mesures, le gouvernement entend assainir durablement la filière aurifère, accroître les recettes publiques et renforcer le respect des normes environnementales dans un secteur considéré comme stratégique pour l'économie nationale.




Cameroon suspends 74 mining permits in major crackdown on illegal gold mining


The Cameroonian government has intensified its fight against illegal mining by suspending 74 mining permits over repeated violations of the country's Mining Code. Announced on June 29 by the Minister of Mines, Industry and Technological Development, the move signals a major effort to restore order in a sector plagued by illegal operations, tax evasion and environmental degradation.


Large-scale operation in the East Region


The decision follows a large inspection campaign carried out in May in Cameroon's East Region, the country's main gold-producing area. During the operation, authorities identified nearly 200 illegal artisanal mining sites, most of them reportedly operated by foreign miners.


The government ordered the dismantling of these sites and instructed all illegal operators to leave immediately, while the minister pledged to "clean up the gold mining sector."


Huge discrepancy in gold export figures


The government's crackdown was reinforced by figures released by the Extractive Industries Transparency Initiative (EITI).


According to official data, Cameroon declared only 23 kilograms of gold production in 2023, while the United Arab Emirates reported importing around 15 tonnes of gold from Cameroon during the same period.


The massive discrepancy highlights suspected gold smuggling, illegal trade networks and significant tax revenue losses for the country.


Environmental concerns


Authorities also warn that illegal mining is causing severe environmental damage, including widespread deforestation, soil degradation and pollution of rivers and streams.


These impacts threaten biodiversity and the livelihoods of communities living near mining areas.


Stricter rules for mining operators


To strengthen oversight of the mining industry, the government is introducing several new requirements.


Mining operators will now be required to provide a US$100,000 environmental bond, install closed-loop mineral processing systems to reduce pollution, and meet minimum production thresholds before resuming operations.


Through these reforms, Cameroon aims to improve governance in the gold sector, recover lost public revenue and promote more responsible and sustainable mining practices.


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Didier Cebas K.

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