C’est un signal d'alarme retentissant qui a été lancé ce mardi depuis le siège de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Genève. Alors que le monde semblait avoir tourné la page des grandes épidémies, la fièvre hémorragique à virus Ebola vient de signer un come-back fulgurant en Afrique centrale. Selon Abdirahman Mahamud, le directeur des opérations d'urgence de l'OMS, la flambée actuelle qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) est la plus "foudroyante" jamais enregistrée dans le pays en termes de vitesse de contamination durant la phase initiale.
"Depuis mon dernier point-presse du 9 juin, depuis Bunia, l’épidémie continue de s’étendre," a martelé le responsable onusien, cité par l’agence Anadolu. Une déclaration qui glace le sang alors que la RDC et ses voisins tentent tant bien que mal de contenir ce qui pourrait devenir un cataclysme sanitaire régional. En l’espace d’un seul mois, les chiffres donnent le vertige : sur les 1 048 cas confirmés par le gouvernement congolais, pas moins de 267 personnes ont déjà perdu la vie.
Une propagation jamais vue
Ce qui frappe les experts, au-delà du nombre de victimes, c’est la fulgurance de la courbe épidémique. Les spécialistes s'accordent à dire qu'il s'agit de la plus importante épidémie observée en Afrique pour le premier mois, surpassant même les tristement célèbres flambées de 2014-2016 en Afrique de l'Ouest (28 616 cas) et de 2018-2020 dans l'est de la RDC (3 470 cas) en termes de vitesse d'expansion initiale.
Conscient de l’urgence, Abdirahman Mahamud a qualifié la situation épidémiologique de "compliquée". Face à cette escalade, il a plaidé pour une mobilisation sans précédent, annonçant que l’OMS sollicite un renfort budgétaire colossal de 115 millions de dollars supplémentaires. "La réaction doit devenir plus large afin de suivre l’expansion de l’épidémie. Et c’est précisément le cas," a-t-il assuré, appelant la communauté internationale à ne pas baisser la garde.
L'Ouganda en première ligne
Alors que l'épicentre se trouve dans la province congolaise de l'Ituri, frontalière de l’Ouganda, le spectre du virus franchit déjà les frontières. L'Ouganda est en état d'alerte. Un nouveau cas a été détecté dans le pays, portant le total des infections confirmées à 20. Les données publiées le 22 juin dernier font état de deux décès et de quatorze guérisons. Si la situation semble sous contrôle (seuls neuf contacts restent sous surveillance active sur les 826 recensés), la menace est bien réelle : quinze de ces cas ont été importés de RDC.
Le 17 mai dernier, le directeur général de l’OMS avait déjà déclaré cette épidémie comme une "urgence de santé publique de portée internationale". Aujourd'hui, avec la menace d'une propagation régionale et la nécessité de trouver des financements, l'heure n'est plus à l'optimisme béat, mais à une riposte chirurgicale et massive. Pour les populations de l'Est congolais, déjà meurtries par des décennies de conflits, cette épidémie est un nouveau fardeau qui s'ajoute à une liste déjà trop longue de tragédies.
Headline: Ebola in DRC: The Fastest-Spreading Outbreak in History, WHO Warns
The Ebola outbreak in the DRC is spreading at an unprecedented rate, making it the country's fastest-growing epidemic. The WHO is urgently calling for $115 million as the virus reaches Uganda. Read about the latest developments.
A stark warning has been issued from the World Health Organization (WHO) headquarters in Geneva. As the world seemingly moved past major viral outbreaks, the Ebola hemorrhagic fever has made a devastating and rapid comeback in Central Africa. According to Abdirahman Mahamud, the WHO's Director of Emergency Operations, the current outbreak in the eastern Democratic Republic of the Congo (DRC) is the fastest-spreading the country has ever experienced during its initial phase.
"Since my last press briefing on June 9, from Bunia, the epidemic has continued to expand," he stated, as reported by Anadolu Agency. The numbers are staggering: out of 1,048 confirmed cases by the Congolese government, 267 people have already died.
Unprecedented Speed
Experts note that this outbreak holds the grim record for the most confirmed cases in Africa within the first month of the epidemic, surpassing the initial spread rates of the devastating West Africa outbreak (2014-2016) and the previous DRC outbreak (2018-2020).
Describing the epidemiological situation as "complicated," Mahamud stressed the need for a broader response. He confirmed that the WHO is seeking an additional $115 million to combat the virus. "The response must become wider to follow the expansion of the epidemic, and that is precisely the case," he added.
Regional Threat: Uganda
With the epicenter in the DRC's Ituri province, which borders Uganda, the virus has already crossed borders. Uganda has confirmed 20 cases, with 15 of those imported from the DRC. As of June 22, two deaths have been recorded, while 14 patients have recovered.
Declared a "public health emergency of international concern" by the WHO Director-General on May 17, this epidemic now requires a massive surge in funding and resources to prevent a regional catastrophe.
Ebola, RDC, OMS, épidémie, fièvre hémorragique, Abdirahman Mahamud, urgence sanitaire, Ouganda, virus, Afrique centrale, santé publique, Kinshasa, Ituri, propagation, cas confirmés, décès.
Didier Cebas K.