La justice belge a émis un mandat d’arrêt européen contre l’ancien commissaire européen à la migration, Dimitris Avramopoulos, dans le cadre du scandale de corruption Qatargate. Le parquet de Bruxelles lui reproche des faits de corruption, blanchiment d’argent et participation à une organisation criminelle.
Bruxelles — Le vent de la justice belge continue de souffler sur les institutions européennes. Ce lundi, une tempête médiatique a éclaté alors que l’on apprenait que Dimitris Avramopoulos, figure influente de la politique migratoire européenne entre 2014 et 2019, est officiellement dans le viseur des juges d’instruction belges dans le cadre du vaste scandale Qatargate.
L’ex-commissaire grec, aujourd’hui député du parti conservateur Nouvelle Démocratie au Parlement hellénique, est accusé d’avoir reçu environ 73 000 euros en provenance de l’ONG Fight Impunity. Cette organisation, placée au cœur du système présumé de corruption, était dirigée par Antonio Panzeri, l’ex-député européen italien considéré comme le cerveau du Qatargate et désormais condamné.
Une immunité qui bloque la procédure
L’affaire prend une tournure diplomatique. Pour que le mandat d’arrêt puisse être exécuté, il faudra que le Parlement grec vote la levée de l’immunité parlementaire dont bénéficie Avramopoulos en tant qu’élu national. Une procédure qui pourrait prendre plusieurs mois et qui transforme ce dossier en véritable bras de fer judiciaire entre Athènes et Bruxelles.
Contacté par les autorités belges il y a un an pour témoigner, l’ancien commissaire ne s’était pas présenté, ce qui aurait contribué à durcir la position de la justice belge. Mais pour Avramopoulos, tout ceci n’est qu’un malentendu. Il clame son innocence et affirme que son travail pour l’ONG était non seulement transparent, mais qu’il avait obtenu le feu vert écrit de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour percevoir cette rémunération.
La défense Avramopoulos : un rôle honorifique et une autorisation présidentielle
Dans une déclaration à la presse, l’intéressé a tenu à mettre les points sur les i. Il assure que son rôle au sein de Fight Impunity n’était qu’honorifique, tout comme celui d’autres personnalités prestigieuses telles que l’ex-chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini ou l’ancien premier ministre français Bernard Cazeneuve.
« Ma participation était légale, contrôlée et dûment approuvée. Il n’y a eu aucune implication de ma part dans des activités répréhensibles », a-t-il martelé, ajoutant qu’il avait lui-même sollicité la levée de son immunité pour pouvoir prouver son innocence devant les juges belges.
Le Qatargate, un scandale aux ramifications infinies
Rappelons que le Qatargate, révélé en décembre 2022, avait ébranlé le Parlement européen. Les autorités judiciaires belges soupçonnent le Qatar d’avoir versé des pots-de-vin et offert des cadeaux de luxe à des eurodéputés pour influencer les positions de l’Union européenne en faveur de Doha.
Ce dossier avait notamment conduit à l’arrestation de la vice-présidente du Parlement européen, Eva Kaïli, avant sa libération faute de preuves suffisantes. L’émission de ce mandat contre Avramopoulos montre que les enquêteurs belges ne comptent pas refermer ce chapitre de sitôt.
L’Europe démocratique est à un tournant. La crédibilité de ses institutions repose sur la transparence et la rigueur de la justice. Affaire à suivre.
Former EU Migration Commissioner Targeted by Arrest Warrant: Qatargate Catches Up with Avramopoulos
Belgian justice has issued a European arrest warrant against former EU Migration Commissioner Dimitris Avramopoulos as part of the Qatargate corruption scandal. The Brussels prosecutor's office accuses him of corruption, money laundering, and participation in a criminal organization.
Brussels — The wind of Belgian justice continues to blow through European institutions. This Monday, a media storm erupted as it was revealed that Dimitris Avramopoulos, an influential figure in European migration policy between 2014 and 2019, is officially in the crosshairs of Belgian investigative judges in the vast Qatargate scandal.
The former Greek commissioner, now a member of parliament for the conservative New Democracy party in the Hellenic Parliament, is accused of having received approximately 73,000 euros from the NGO Fight Impunity. This organization, placed at the heart of the alleged corruption system, was led by Antonio Panzeri, the former Italian MEP considered the mastermind of Qatargate and now convicted.
Immunity Blocks the Procedure
The case is taking a diplomatic turn. For the arrest warrant to be executed, the Greek Parliament will have to vote to lift the parliamentary immunity enjoyed by Avramopoulos as a national elected official
. A procedure that could take several months and turns this case into a real judicial tug-of-war between Athens and Brussels.
Contacted by Belgian authorities a year ago to testify, the former commissioner did not appear, which may have contributed to hardening the Belgian justice system's stance. But for Avramopoulos, this is all a misunderstanding. He maintains his innocence and claims that his work for the NGO was not only transparent but also received written approval from the President of the European Commission, Ursula von der Leyen, to receive this remuneration.
Avramopoulos's Defense: An Honorary Role and Presidential Authorization
In a statement to the press, the interested party made it clear that his role within Fight Impunity was merely honorary, like that of other prestigious figures such as former EU foreign policy chief Federica Mogherini or former French Prime Minister Bernard Cazeneuve.
"My participation was legal, audited, and duly approved. There was no involvement on my part in any reprehensible activities," he insisted, adding that he himself had requested the lifting of his immunity to prove his innocence before Belgian judges.
Qatargate, a Scandal with Endless Ramifications
The Qatargate scandal, revealed in December 2022, shook the European Parliament. Belgian judicial authorities suspect Qatar of having paid bribes and offered luxury gifts to MEPs to influence the European Union's positions in favor of Doha.
This case notably led to the arrest of the Vice-President of the European Parliament, Eva Kaïli, before her release due to insufficient evidence. The issuance of this warrant against Avramopoulos shows that Belgian investigators are not about to close this chapter anytime soon.
Democratic Europe is at a turning point. The credibility of its institutions depends on transparency and the rigor of justice. A case to follow.
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Ekanga Ekanga Fernand