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Bois en Cemac : les prix des grumes explosent de 23,5%… mais c’est la fin d’une époque avant 2028

Les cours du bois flambent en Cemac (+2,9%) portés par les grumes (+23,5%). Mais face à l’interdiction des exportations de bois brut prévue en 2028, le Cameroun et ses voisins accélèrent la transformation locale. Décryptage d’une révolution économique en marche.

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 Bois en Cemac : les grumes font flamber les prix… avant de disparaître en 2028


 Yaoundé, 17 juin 2026 – Les cours mondiaux des produits forestiers exportés par les six pays de la Cemac affichent une progression de 2,9% entre le quatrième trimestre 2025 et le premier trimestre 2026, selon l’Indice composite des cours des produits de base (ICCPB) publié par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).


 Une embellie nettement plus vigoureuse que celle enregistrée au trimestre précédent, où la hausse n’était que de 1,5%. Le moteur de cette poussée ? Les grumes, ce bois brut dont les prix s’envolent de 23,5% sur la période, contre 12,2% pour les sciages.


Mais voilà : ce baromètre favorable pourrait être le chant du cygne d’un modèle économique en voie d’extinction. Car les États de la Cemac, rejoints par la RD Congo, ont fixé une échéance fatidique : l’interdiction totale des exportations de grumes au plus tard en 2028. Un séisme annoncé pour une filière qui pèse lourd dans les économies sous-régionales.


« Moins de grumes, plus de valeur » : la stratégie camerounaise porte ses fruits


Le Cameroun, locomotive économique de la zone, illustre parfaitement cette transition. En quatre ans, la part des grumes dans les exportations globales du pays a été réduite de moitié, passant de 8% en 2019 à 4% en 2023. Un chiffre qui reflète la volonté politique d’accroître la transformation locale du bois et de capter davantage de valeur ajoutée.


« On peut noter avec satisfaction que le bois transformé rapporte davantage que le bois en grume », soulignait le rapport d’évaluation à mi-parcours de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), publié par le ministère de l’Économie. Le pari est clair : sortir du tout-exportation de matière première pour bâtir une véritable industrie de transformation, créatrice d’emplois et de richesse durable.


2028, cap sur une nouvelle ère forestière


Pour atteindre cet objectif, le Cameroun a déjà durci la fiscalité. Le droit de sortie sur les grumes a été multiplié, passant de 17,5% à 75% de la valeur FOB entre 2017 et 2024. Le ministre des Forêts, Jules Doret Ndongo, a par ailleurs actualisé la classification des essences forestières : 91 essences sont désormais interdites à l’exportation sous forme de grumes, contre 76 auparavant. Les 23 essences encore autorisées sont soumises à des surtaxes, dans l’attente de leur intégration progressive à la liste rouge.


L’horizon 2028 se dessine donc comme un point de bascule. Si la hausse actuelle des cours des grumes offre une respiration aux exportateurs, l’enjeu est désormais de préparer l’après. La question n’est plus de savoir si les grumes cesseront de sortir des ports de Douala, Pointe-Noire ou Owendo, mais si les unités de transformation locales seront prêtes à prendre le relais pour transformer ces bois bruts en planches, placages et meubles à forte valeur ajoutée.


Un pari industriel et écologique que la Cemac semble déterminée à relever, quitte à sacrifier une partie des recettes d’exportation actuelles pour bâtir une filière plus intégrée, plus durable et plus rentable à long terme.




Congo Basin Timber: Log Prices Surge 23.5% Ahead of 2028 Export Ban


The Central African States Bank (BEAC) reports a 2.9% rise in timber export prices, driven by strong log demand. Yet the region is bracing for a historic shift toward local processing.


Yaoundé, June 17, 2026 – Global timber prices for exports from the six Cemac countries – Cameroon, Congo, Gabon, Equatorial Guinea, Chad, and CAR – rose by 2.9% between Q4 2025 and Q1 2026, according to the BEAC's composite commodity price index
. This marks a sharper increase than the previous quarter’s 1.5%. Logs, the raw wood product, are the main driver, with prices soaring 23.5% quarter-on-quarter, compared to 12.2% for sawn timber.


But this rally could be the swan song of an export model nearing its end. Cemac states, alongside the DRC, have committed to a total ban on log exports by 2028 at the latest. A seismic shift for a sector vital to the sub-region’s economies.


“Less Logs, More Value”: Cameroon’s Strategy Gains Ground


Cameroon, the region's economic powerhouse, exemplifies this transition. In just four years, the share of logs in the country’s total exports has halved, dropping from 8% in 2019 to 4% in 2023. This reflects a strategic push to boost local wood processing and capture greater economic value.


"We can note with satisfaction that processed wood generates more revenue than raw logs," states the mid-term evaluation report for Cameroon's National Development Strategy 2020-2030 (SND30), published by the Ministry of Economy. The goal is clear: move beyond raw material exports to build a robust processing industry that creates jobs and sustainable wealth.


2028: A New Era for the Forest Sector


To meet this objective, Cameroon has significantly tightened fiscal policy. Export duties on logs have surged from 17.5% to 75% of FOB value between 2017 and 2024. Additionally, Forestry Minister Jules Doret Ndongo updated the classification of exportable species: 91 species are now prohibited from being exported as logs, up from 76 previously. The 23 species still permitted are subject to surcharges, pending their gradual addition to the restricted list.


The 2028 deadline represents a critical turning point. While the current price surge offers a temporary boost to exporters, the real challenge lies in preparing for the post-ban era. The question is no longer whether logs will stop leaving the ports of Douala, Pointe-Noire, or Owendo – but whether local processing facilities will be ready to transform that raw wood into high-value planks, veneers, and furniture.


An industrial and environmental gamble that Cemac appears determined to undertake, even at the cost of short-term export revenues, to build a more integrated, sustainable, and profitable forestry sector for the long haul.


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Mouahna Divine

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