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Primes d’ancienneté : Orange Cameroun dans le viseur de la justice, le tribunal débarque dans ses comptes à Akwa

Scandale des primes d’ancienneté chez Orange Cameroun : plus de 3 milliards FCFA réclamés par le SYNTIC. Le Tribunal de Douala-Bonanjo ordonne un transport judiciaire dans les services comptables à Akwa. Report demandé par la défense : les dernières révélations exclusives.

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Primes d’ancienneté : Orange Cameroun face à une descente judiciaire explosive dans ses services comptables à Akwa


Douala, le 16 juin 2026 – Le bras de fer qui oppose le Syndicat national autonome des travailleurs des techniques de l’information et de la communication (SYNTIC) à Orange Cameroun SA entre dans une phase décisive et spectaculaire. Selon des informations exclusives recueillies par notre rédaction auprès du plumitif des audiences correctionnelles du Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo, la justice a ordonné un transport judiciaire dans les locaux comptables de l’opérateur téléphonique, au boulevard de la Liberté, quartier Akwa.


Décidée lors de l’audience du jeudi 16 janvier 2026, cette mesure inédite vise à « constater l’état des machines des comptables » et à procéder aux auditions nécessaires à la manifestation de la vérité. Initialement programmée pour le 3 février, l’opération a subi plusieurs renvois : 19 mars, puis 26 mars, 4 juin, avant d’être fixée au 18 juin 2026. À la veille de l’échéance, la défense d’Orange Cameroun SA et de son directeur général a introduit une demande de report, invoquant l’indisponibilité de responsables clés. Le cabinet SCP Ngoulla Fotso & Associés a adressé une correspondance en ce sens au président du tribunal le 2 juin 2026. Le sort de cette requête reste inconnu au moment où nous bouclons cet article.


Ce contentieux, qui relève de la procédure correctionnelle, met en cause Orange Cameroun SA et son DG pour des qualifications pénales graves : abus de confiance spéciaux, entrave à la liberté de travail, coaction d’escroquerie et rétention sans droit de la chose d’autrui. Précision importante : ces qualifications sont celles de la citation directe et ne préjugent en rien d’une condamnation. Le tribunal n’a encore statué ni sur la responsabilité des mis en cause ni sur le quantum des sommes réclamées.


Au cœur du litige : une convention collective bafouée ?


Tout part de la convention collective des télécommunications de 2010. Selon le SYNTIC, ce texte prévoit clairement une prime d’ancienneté de 4 % du salaire de base après deux ans de service, majorée de 2 % par année supplémentaire, sans plafond explicite. Or, le syndicat accuse Orange Cameroun d’avoir calculé ces primes sur l’échelon salarial le plus bas de la grille, et non sur le salaire individuel réel de chaque agent. Résultat : un préjudice estimé à plus de 3 milliards de FCFA pour 157 anciens salariés ayant quitté l’entreprise avant 2019.


En 2017, le ministère du Travail avait déjà donné raison au syndicat. L’opérateur avait reconnu une « erreur d’appréciation » et effectué un rappel partiel en octobre de la même année. Insuffisant, selon le SYNTIC, qui a enchaîné les démarches : Inspection du travail, procès-verbal de non-conciliation, Chambre d’arbitrage, avant d’opter pour la citation directe devant le tribunal correctionnel.


Un climat social tendu au sein du géant Orange en Afrique


Ce dossier intervient dans un contexte particulièrement sensible pour le groupe Orange. Plusieurs filiales africaines et du Moyen-Orient contestent la décision d’accorder une prime de partage de la valeur (entre 1 000 et 1 400 euros) uniquement aux salariés d’Orange SA en France, alors que la zone Afrique-Moyen Orient tire la croissance du groupe avec +12,2 % de revenus en 2025 et un onzième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres.


Contacté par notre rédaction, le conseil d’Orange Cameroun n’a pas souhaité faire de commentaire.


La suite de la procédure dépendra de l’exécution effective du transport judiciaire, des décisions sur les reports et de la production des pièces comptables. Les Camerounais, particulièrement attachés à la justice sociale et au respect du droit du travail, suivent ce dossier avec attention. Il pourrait créer un précédent majeur dans le paysage des relations employeur-salarié au Cameroun.


Notre rédaction continuera de suivre cette affaire avec rigueur et objectivité. Les mises à jour seront publiées dès que de nouveaux éléments seront disponibles.




Seniority Bonuses: Orange Cameroon Faces Explosive Judicial Raid on Its Accounting Services in Akwa


Douala, June 16, 2026 – The fierce legal battle pitting the National Autonomous Union of Information and Communication Technology Workers (SYNTIC) against Orange Cameroon SA has reached a critical and dramatic stage. According to exclusive information obtained by our newsroom from the criminal hearings register at the Douala-Bonanjo Court of First Instance, the court has ordered a judicial transport to the operator’s accounting offices on Boulevard de la Liberté in the Akwa district.


Decided during the hearing of January 16, 2026, this rare measure aims to “record the state of the accountants’ machines” and conduct hearings essential to establishing the truth. Originally scheduled for February 3, the operation has been postponed several times – to March 19, March 26, June 4 – and is now set for June 18, 2026. On the eve of the deadline, the defense of Orange Cameroon SA and its Managing Director requested a postponement, citing the unavailability of key executives. The law firm SCP Ngoulla Fotso & Associés sent a letter to the President of the Court on June 2, 2026. The outcome of this request remains unknown.


This case, which falls under criminal procedure, implicates Orange Cameroon SA and its CEO on serious charges including special breach of trust, obstruction of the right to work, complicity in fraud, and unlawful retention of property. Important clarification: these are the qualifications cited in the direct summons and do not constitute a conviction. The court has not yet ruled on the liability of the defendants or the amount claimed.


Core Dispute: A Collective Agreement Undermined?


The conflict stems from the 2010 Telecommunications Collective Agreement. According to SYNTIC, it provides for a seniority bonus of 4% of basic salary after two years of service, increased by 2% per additional year, with no explicit cap. The union accuses Orange Cameroon of calculating these bonuses based on the lowest salary scale rather than each employee’s actual individual basic salary, resulting in an alleged prejudice of over **3 billion FCFA** for 157 former employees who left before 2019.


In 2017, the Ministry of Labour ruled in favor of the union. The operator admitted an “error of appreciation” and made a partial back payment in October 2017. Deemed insufficient by SYNTIC, this led to further steps: Labour Inspectorate, non-conciliation report, Arbitration Chamber, and finally direct summons before the criminal court.


Tense Social Climate Across Orange’s African Subsidiaries


This dispute occurs amid heightened social tensions within the Orange group. Trade unions in several African and Middle East subsidiaries are challenging the company’s decision to grant a value-sharing bonus (between €1,000 and €1,400) only to employees of Orange SA in France, despite Africa-Middle East being a key growth driver (+12.2% revenue in 2025).


Contacted by our newsroom, Orange Cameroon’s counsel declined to comment.


The continuation of the proceedings will depend on the effective execution of the judicial transport, decisions on postponement requests, and the production of accounting documents. Cameroonians, deeply attached to social justice and labour rights, are watching this case closely. It could set a major precedent in employer-employee relations nationwide.


We will continue to monitor this matter with rigor and objectivity. Updates will be published as soon as new elements emerge.


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Mouahna Divine

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