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« Honte sur l’Afrique du Sud » : le Ghana monte au créneau contre la chasse aux Africains

Xénophobie en Afrique du Sud : le Ghana exige des comptes à l’UA après des attaques meurtrières contre des migrants africains. Évacuations, morts par balles, afrophobie… Plongée choc dans une crise qui fracture le continent.

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« C’est une honte » : le Ghana accuse l’Afrique du Sud de trahir le rêve de l’unité africaine


Alors que l’Afrique du Sud sombre dans une vague de violences xénophobes inédites, le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a lâché une bombe : « Les Africains ne doivent pas être racistes envers d’autres Africains. » Une sortie médiatique qui résonne comme un coup de gong sur le continent.


Sur la chaîne ghanéenne JoyNews, le chef de la diplomatie d’Accra n’a pas mâché ses mots. « C’est vraiment honteux qu’après toutes ces décennies de rêve d’unité africaine, nous voyions un pays africain devenir un lieu où d’autres Africains sont persécutés », a-t-il martelé.


Son réquisitoire ? Sans appel. Selon lui, les autorités sud-africaines auraient perdu le contrôle. « Ils ont d’autres migrants, d’une couleur de peau différente, mais ils ne les dérangent pas. En revanche, ils font preuve d’une haine pure envers leurs frères africains. » Et de déplorer : « Personne n’est puni. »


L’UA sommée de réagir


Le Ghana ne compte pas en rester là. Ablakwa a annoncé que son pays allait forcer l’inscription des persécutions anti-migrants sud-africaines à l’ordre du jour du Conseil exécutif de l’Union africaine, le 24 juin en Égypte. Trois jours plus tard, les chefs d’État africains se réuniront au même endroit. Accra entend hausser le ton, en dépit des réticences de Pretoria.


Car l’Afrique du Sud a officiellement tenté de bloquer ces discussions. Mais le président Cyril Ramaphosa a lui-même fini par reconnaître, le 8 juin, l’existence d’une afrophobie – du racisme de Noirs contre Noirs – dans son propre pays.


Migrants pris pour cibles, évacuations en urgence


Depuis le début de l’année, des mouvements favorables à l’expulsion des étrangers multiplient les manifestations. Leurs arguments ? Les migrants « volent » les emplois et profitent indûment des programmes sociaux. Dans les faits : magasins pillés, affrontements avec la police, et une psychose généralisée.


Résultat : le Ghana, le Zimbabwe, le Malawi, le Mozambique et le Nigeria évacuent d’urgence leurs ressortissants. Bilan provisoire : environ 1 500 personnes ont déjà quitté le territoire. Le Nigeria a affrété un vol spécial depuis Johannesburg. Le Zimbabwe a rapatrié 65 compatriotes (deuxième convoi), avec le soutien de l’OIM et de la Croix-Rouge.


Douze morts dans une fusillade à Johannesburg


L’étincelle la plus récente ? Une tuerie dans le bidonville de Jumpers, à Cleveland, banlieue de Johannesburg. Selon la police, douze personnes ont été abattues mardi soir (neuf hommes, trois femmes). Neuf blessés sont hospitalisés. Dix hommes armés à bord d’un minibus ont ouvert le feu sans sommation, avant de disparaître.


Les enquêteurs évoquent une possible guerre entre gangs de mineurs illégaux, les fameux Zama Zamas (« chercheurs de bonne fortune » en zoulou). Ils seraient environ 36 000 à exploiter clandestinement 500 mines abandonnées. Chaque année, ces réseaux criminels extrairaient 25 tonnes d’or, soit plus de 3 milliards d’euros. Avec, à la clé, des règlements de comptes sanglants.


L’Afrique du Sud, poudrière à haut risque


Le pays enregistre en moyenne 58 meurtres par jour, l’un des taux les plus élevés au monde. Dans ce climat, la xénophobie attise les braises. La police sud-africaine enquête sur plusieurs décès suspects de Ghanéens et de Nigérians. Rien n’exclut des crimes à caractère raciste.


Pendant ce temps, le Ghana a déjà recommandé à ses citoyens d’éviter tout déplacement non essentiel en Afrique du Sud. Un conseil de guerre. Et une question brûle, alors que le continent se prépare aux sommets de l’UA : l’Afrique saura-t-elle protéger ses propres enfants ?




"Shame on South Africa" – Ghana demands AU action over anti-migrant violence


Xenophobia in South Africa: Ghana forces AU talks after deadly attacks on African migrants. Evacuations, shootings, afrophobia – a continental crisis erupts.


 Ghana’s Foreign Minister Samuel Okudzeto Ablakwa has launched a stinging attack on South Africa over rising xenophobic violence. "Africans must not be racist towards other Africans," he declared on JoyNews.


"After decades of dreaming of African unity, it is shameful to see one African country persecute fellow Africans," he added. "They have migrants of a different skin colour – they leave them alone. But they show pure hatred for their African brothers."


Ablakwa accused Pretoria of losing control and failing to punish perpetrators. Ghana will now force the African Union’s Executive Council to debate the issue on June 24 in Egypt, despite South African opposition. President Cyril Ramaphosa recently admitted the existence of "afrophobia" – Black-on-Black racism – in his country.


Meanwhile, Ghana, Zimbabwe, Malawi, Mozambique, and Nigeria are evacuating citizens. Around 1,500 people have already left. Nigeria paid for a special flight from Johannesburg, and Zimbabwe repatriated 65 more nationals with ICRC and IOM support.


The trigger? A massacre in the Jumpers shantytown near Johannesburg. Twelve people (nine men, three women) were shot dead, nine injured. Ten gunmen arrived by minibus and opened fire. Police suspect a turf war between illegal mining gangs – the "Zama Zamas". Up to 36,000 clandestine miners control 500 abandoned mines, extracting 25 tonnes of gold yearly (€3 billion). Shootouts are common.


South Africa already records 58 murders per day. Police are investigating possible xenophobic killings of Ghanaians and Nigerians. Ghana has advised its citizens to avoid non-essential travel to South Africa. As AU summits loom, the continent holds its breath.



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Silognhia Edwige

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