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Le ciment s’effondre au Cameroun pendant que Dangote explose partout ailleurs : Voici le vrai problème

Dangote Cement Cameroon voit ses ventes plonger de 15,8%. Le groupe pointe un ralentissement post-électoral et des retards dans les projets d'infrastructures. Détails du rapport.

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Le leader du ciment au Cameroun, Dangote Cement, démarre l’année 2026 en net repli. Un décrochage brutal de 15,8% de ses volumes de vente, que le géant nigérian attribue sans détour au ralentissement post-électoral et à une commande publique grippée. Un signal d’alarme pour tout un secteur.


C’est une douche froide pour le secteur de la construction au Cameroun. Alors que le groupe Dangote Cement célèbre une santé financière éclatante à l’échelle du continent, sa filiale camerounaise, poumon du marché local, accuse un sérieux trou d’air. Selon le rapport trimestriel du groupe consulté par notre rédaction, les volumes commercialisés ont dégringolé de 15,8 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période en 2025, plafonnant à environ 300 000 tonnes.


Une contre-performance cinglante qui tranche radicalement avec la dynamique observée ailleurs en Afrique et qui met en lumière la dépendance maladive du BTP camerounais à la dépense publique.


Un moteur en panne : le budget de l’État


L’explication du géant industriel est aussi limpide que préoccupante : un début d’année plus lent sur le marché camerounais, directement lié au contexte post-électoral. Dans les coulisses des ministères comme sur les chantiers, le constat est sans appel : les retards dans les dépenses publiques et la mise en œuvre « plus lente » des projets d’infrastructures ont gelé la demande en ciment.


Dans un pays où les routes, les bâtiments administratifs et les programmes de logements sociaux sont le carburant principal du secteur de la construction, l’équation est brutale : arbitrages budgétaires en berne = consommation de ciment en chute.


« Cette baisse illustre parfaitement à quel point notre marché reste sensible au tempo des investissements publics, » analyse un observateur du secteur. « Quand l’État éternue, c’est tout le BTP qui s’enrhume. »


Le paradoxe de la stabilité


Ce repli sec intervient dans un environnement macroéconomique qui semblait pourtant porteur. Dangote Cement le reconnaît lui-même : l’inflation camerounaise est restée sagement contenue autour de 2,5 % en 2025 et au début de 2026. Une stabilité qui offre habituellement un horizon clair aux investisseurs. Mais cette bouffée d’oxygène macroéconomique n’a clairement pas suffi à ranimer la flamme d’un secteur de la construction à l’arrêt, privé de son principal carburant : l’argent public.


Un géant qui compense par la logistique


Pendant que les ventes s’effondrent localement, la machinerie logistique du groupe Dangote, elle, tourne à plein régime. Pour sécuriser l’approvisionnement de son broyeur camerounais, la maison-mère nigériane a massivement intensifié ses flux de clinker. Les expéditions du Nigeria vers le Cameroun et le Ghana ont bondi de 58,8 % sur le trimestre, atteignant 378 200 tonnes. Une stratégie d’intégration industrielle solide, mais qui ne peut masquer le décrochage de la consommation finale.


Le Cameroun, mouton noir de la galaxie Dangote


Le contraste continental est saisissant, signe que la panne est bien camerounaise. Pendant que le marché local plonge, les autres filiales du groupe célèbrent des croissances spectaculaires :



  •     Éthiopie : +31,5 % (657 700 tonnes)

  •     Tanzanie : +24,7 % (592 800 tonnes)

  •     Zambie : +16,2 % (210 400 tonnes)

  •     Sénégal : +15,8 % (347 300 tonnes)


Même le Ghana, en léger repli de 2,1 %, fait figure de bon élève par rapport à la dégringolade camerounaise. Une exception qui interroge sur la capacité du Cameroun à offrir un environnement des affaires prévisible à ses grands industriels.


Au niveau global, le groupe nigérian affiche une forme olympique : un chiffre d’affaires en hausse de 20,4 % (près de 479,2 milliards de FCFA) et un bénéfice net qui s’envole de 53,5 % (environ 128,4 milliards de FCFA). La filiale camerounaise, clairement, décroche.


L’urgence d’un électrochoc


La sanction est tombée. Ce premier trimestre 2026 agit comme un miroir grossissant des fragilités structurelles de l’économie camerounaise. Le message envoyé par les chiffres de Dangote Cement Cameroon est un appel pressant : sans une relance rapide et efficace de la commande publique, sans un déblocage accéléré des grands projets d’infrastructures, le secteur du BTP camerounais risque de rester durablement à l’arrêt, menaçant des milliers d’emplois indirects. Le compte à rebours est lancé.




Cameroon Cement Market in Freefall – Dangote Sales Plunge 15.8% as Post-Election Slump Hits Construction


Dangote Cement Cameroon has started 2026 on a sharply negative note. In a stark break from its performance across Africa, the subsidiary saw its sales volumes plummet by 15.8% in Q1, a direct result of what the industrial giant describes as a post-election slowdown and stalled public spending.


It’s a wake-up call for Cameroon’s construction sector. While the Dangote Cement Group celebrates stellar financial health continent-wide, its Cameroonian subsidiary is going through a severe rough patch. According to the group’s quarterly report, volumes sold slumped by 15.8% year-on-year in the first quarter of 2026, grinding down to approximately 300,000 metric tons.


The explanation is painfully clear: a slower start to the year in a post-election context, marked by what the group calls a slowdown in construction activity. Delays in government spending and the slower implementation of infrastructure projects have directly choked off cement demand. In a country where the building and public works (BTP) sector is deeply dependent on state-funded road, housing, and administrative projects, this budget inertia is immediately felt.


This poor performance is a paradox in an otherwise stable macroeconomic environment. Dangote Cement notes that inflation remained contained at around 2.5% in 2025 and early 2026, a factor that usually provides clear visibility for businesses. The lack of demand is not a monetary issue, but a political and budgetary one.


Industrially, the group’s supply chain is working overtime. To feed its Cameroonian grinding plant, clinker shipments from Nigeria to Cameroon and Ghana surged by 58.8%, reaching 378,200 tonnes. This internal trade strategy secures supply but cannot mask the plunge in local consumption.


The Cameroonian drop-out is a stark outlier. In Ethiopia, volumes soared by 31.5%. In Tanzania, they jumped by 24.7%. Zambia and Senegal both recorded healthy growth. Even Ghana, with a minor 2.1% contraction, fared far better. Against a backdrop of a 20.4% group revenue increase and a 53.5% net profit surge, Cameroon is the clear laggard. This downturn is a powerful signal: without a swift reboot of public infrastructure projects, the nation’s construction engine will remain stalled.



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Mouahna Divine

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