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Banques et startups : Afriland vise 110 milliards FCFA, la SFI injecte 13,8 milliards dans Gozem pour conquérir l’Afrique

Afriland First Bank prépare une hausse historique de son capital à 110 milliards FCFA, pendant que la SFI projette 13,8 milliards FCFA pour accélérer Gozem en Afrique centrale et de l’Ouest. Décryptage d’un tournant économique majeur.

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Afriland First Bank et Gozem : double offensive financière qui redessine le paysage économique en zone CEMAC


Le secteur financier camerounais et sous-régional entre dans une phase d’accélération stratégique. D’un côté, Afriland First Bank muscle ses fonds propres avec une augmentation de capital d’envergure. De l’autre, la start-up Gozem attire l’attention de la Société financière internationale (SFI) pour un financement structurant destiné à soutenir son expansion.


Afriland First Bank : un saut capitalistique de 60 milliards FCFA


Réunis en assemblée générale mixte le 28 avril, les actionnaires d’Afriland First Bank ont validé une augmentation du capital social de 60 milliards de FCFA. Si elle obtient le feu vert de la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), cette opération portera le capital de la banque de 50 à 110 milliards de FCFA.


À ce stade, les modalités techniques restent floues : apports nouveaux, incorporation de réserves ou montage hybride, aucune précision officielle n’a filtré. Mais une chose est certaine : par son ampleur, cette recapitalisation positionnerait davantage Afriland parmi les institutions bancaires les plus solides du Cameroun.


Cette dynamique s’inscrit dans la continuité d’un premier relèvement intervenu en 2021, où le capital était passé de 20 à 50 milliards de FCFA. Elle répond aussi à un contexte de durcissement des normes prudentielles en zone CEMAC et à une intensification des stratégies d’expansion régionale.


Cap sur la sous-région : une stratégie d’expansion assumée


Afriland First Bank ne cache pas ses ambitions. En 2025, l’établissement a obtenu l’autorisation de la COBAC pour ouvrir de nouvelles implantations au Tchad, au Congo et en République centrafricaine.


Ces projets s’appuient sur le mécanisme d’agrément bancaire unique en zone CEMAC, qui facilite l’extension des activités dans les États membres. L’objectif est clair : capter de nouveaux marchés, renforcer sa présence hors du Cameroun et profiter du faible taux de bancarisation dans plusieurs pays de la sous-région.


Cette offensive intervient après un retrait de Guinée équatoriale, et marque une volonté de reconquête progressive de l’espace communautaire.


Sur le plan domestique, Afriland First Bank conserve un poids considérable avec près de 100 agences. À fin octobre 2025, la banque affichait un total de bilan avoisinant 2 500 milliards de FCFA, avec plus de 1 600 milliards de crédits et 1 800 milliards de dépôts.


Si elle est validée, cette augmentation de capital renforcera sa capacité de financement, sa résilience et son positionnement face à une concurrence de plus en plus structurée.


Gozem : la SFI mise 13,8 milliards FCFA sur une “super-app” africaine


En parallèle, la Société financière internationale (SFI), bras armé du Groupe Banque mondiale pour le secteur privé, étudie un projet de financement de 21 millions d’euros (environ 13,8 milliards FCFA) en faveur de la start-up Gozem.


Publié le 27 avril 2026, le projet prévoit un montage financier structuré :



  • 8 millions d’euros en financement direct de la SFI (≈ 5,25 milliards FCFA),

  • 8 millions d’euros en prêt subordonné via des mécanismes concessionnels liés à l’IDA21,

  • 5 millions d’euros à mobiliser auprès d’investisseurs tiers.


Ce financement vise à soutenir l’expansion de Gozem entre 2026 et 2028 au Bénin, au Cameroun, au Togo et en République du Congo.


Une bataille féroce sur la mobilité et les services numériques


Gozem opère une plateforme intégrée combinant transport à la demande, livraison, financement de véhicules et services de paiement. Mais le terrain est loin d’être vierge.


Sur la mobilité, la start-up affronte des acteurs comme Yango, sans compter la forte présence des taxis et motos-taxis traditionnels. Sur le segment des “super-apps”, la concurrence s’intensifie avec les géants des télécoms et fintechs : Orange Max it, MTN Ayoba, M-Pesa, Vodapay, OPay ou encore Jumia.


L’enjeu dépasse donc le simple transport : Gozem doit bâtir un écosystème robuste capable de fidéliser conducteurs, commerçants et utilisateurs dans un marché fragmenté.


Une trajectoire déjà soutenue par la SFI


Ce projet s’inscrit dans une collaboration déjà amorcée. En 2022, la SFI avait accordé un financement de 10 millions de dollars pour faciliter l’accès de 6 000 conducteurs à des motos au Togo et au Bénin.


Présente au Cameroun depuis 2021, Gozem revendique aujourd’hui près d’un million d’utilisateurs en Afrique de l’Ouest et centrale, avec environ un million de trajets mensuels en 2025.


Un tournant pour l’économie régionale


Entre la montée en puissance d’un acteur bancaire historique et l’accélération d’une start-up technologique, ces deux opérations traduisent une mutation profonde du paysage économique en Afrique centrale.


D’un côté, la consolidation du secteur bancaire pour répondre aux exigences réglementaires et financer la croissance. De l’autre, l’émergence de plateformes numériques capables de transformer les usages et de capter de nouveaux marchés.


Deux dynamiques, un même objectif : structurer une économie plus intégrée, plus digitale et résolument tournée vers l’expansion régionale.




Banking Surge and Tech Expansion: Afriland Targets CFAF 110 Billion as IFC Eyes €21M Boost for Gozem


Cameroon’s financial landscape is entering a decisive phase marked by capital consolidation and digital expansion. Afriland First Bank and the startup Gozem are at the center of this transformation, each pursuing ambitious growth strategies.


Afriland First Bank shareholders approved a CFAF 60 billion capital increase on April 28, which would raise its capital from CFAF 50 billion to CFAF 110 billion, pending approval from the Central African Banking Commission (COBAC). While the structure of the operation remains undisclosed, the move would significantly strengthen the bank’s position among Cameroon’s top financial institutions.


This follows a previous capital increase in 2021 and aligns with stricter regulatory requirements and regional expansion goals. The bank has already secured authorization to expand into Chad, Congo, and the Central African Republic, leveraging CEMAC’s single banking license framework.


Meanwhile, the International Finance Corporation (IFC) is considering a €21 million (about CFAF 13.8 billion) financing package for Gozem. The funding structure includes direct financing, concessional loans under IDA21, and additional investor contributions.


The investment aims to support Gozem’s expansion across Benin, Cameroon, Togo, and Congo between 2026 and 2028. Operating as a multi-service platform, Gozem combines ride-hailing, delivery, vehicle financing, and digital payments.


However, competition remains intense. The company faces rivals such as Yango, traditional transport services, and major fintech and telecom platforms like MTN Ayoba, Orange Max it, and M-Pesa.


With nearly one million users and around one million monthly trips recorded in 2025, Gozem continues to scale rapidly. This new financing could accelerate its ambition to become a leading “super-app” in Africa.


Together, these developments highlight a broader shift in Central Africa’s economy—where stronger banks and fast-growing tech platforms are reshaping financial inclusion and regional integration.


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Ange NGO

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