Ndayishimiye rempile au Burundi – L’Égypte en guerre diplomatique contre l’Éthiopie : le spectre d’un conflit régional
À quelques mois de la présidentielle burundaise, le parti au pouvoir a déjà tranché : Évariste Ndayishimiye sera son candidat pour un nouveau septennat. Pendant ce temps, dans la Corne de l’Afrique, l’Égypte muscle son jeu diplomatique et militaire pour isoler l’Éthiopie, lui barrer la route de la mer Rouge et peser sur le dossier explosif du barrage de la Renaissance. Le Cameroun et toute l’Afrique centrale retiennent leur souffle.
C’est une nouvelle qui allume les réacteurs à Bujumbura. Le Conseil national pour la défense de la démocratie – Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), parti au pouvoir au Burundi, a désigné le président sortant, Évariste Ndayishimiye, 57 ans, comme son candidat pour l’élection prévue en 2025. Une formalité ? Pas tout à fait. L’homme qui a pris la tête du pays en 2020, après la disparition du très controversé Pierre Nkurunziza, entend graver son empreinte.
Sur le réseau social X, le chef de l’État n’a pas caché sa fierté : « Je remercie du fond du cœur les membres de notre grand parti pour leur confiance renouvelée. » La date du scrutin reste encore inconnue, mais un nouveau mandat de sept ans se profile à l’horizon. Silence radio sur l’opposition, muselée depuis des années.
Mais si Bujumbura s’agite, c’est bien plus au nord que la poudre risque de parler.
Le Caire serre l’étau autour d’Addis-Abeba
L’Égypte ne rigole plus avec le Nil. Selon des informations exclusives du journal émirati The National, les autorités égyptiennes – appuyées par plusieurs voisins – mènent une offensive tous azimuts pour isoler diplomatiquement l’Éthiopie. En cause ? Le mégabarrage de la Renaissance (GERD), que les Éthiopiens considèrent comme une question de vie ou de mort et que Le Caire voit comme une épée de Damoclès sur son approvisionnement en eau.
Et les chiffres donnent le tournis :
- Jusqu’à 15 000 soldats égyptiens de la paix déployés en Somalie.
- Prise de contrôle d’installations militaires en Érythrée et à Djibouti.
- Soutien militaire actif à l’armée soudanaise, embourbée dans une guerre civile dévastatrice.
- Accords militaires conclus avec le Kenya et l’Ouganda, deux pays situés au sud de l’Éthiopie.
Autrement dit, l’Égypte a bouclé un cercle d’acier autour d’Addis-Abeba. Et l’objectif est clair : empêcher l’Éthiopie d’obtenir le moindre accès à un port sur la mer Rouge.
Somaliland, Israël et jeu de dupes
L’affaire se corse encore davantage avec l’implication d’Israël. D’après les mêmes sources, Tel Aviv aurait reconnu l’indépendance du Somaliland l’an dernier – une décision qui a fait l’effet d’une bombe. Pourquoi ? Parce que le Somaliland possède une côte stratégique sur le golfe d’Aden. En cas de conflit armé entre l’Égypte et l’Éthiopie, Israël pourrait soutenir Addis-Abeba pour s’implanter durablement au sud de la mer Rouge.
Devant cette escalade, Le Caire joue la montre et nie toute ingérence. Mais The National révèle une condition : l’Égypte serait prête à aider l’Éthiopie à accéder à la mer Rouge… à une seule condition : qu’Addis-Abeba fasse preuve de « souplesse » sur le dossier des eaux du Nil. Dans le cas contraire, Le Caire menace d’utiliser son influence sur le Soudan, la Somalie et Djibouti, ainsi que sa marine en mer Rouge, pour verrouiller définitivement les portes de l’océan.
Et l’Afrique dans tout ça ?
Des rives du Tanganyika aux côtes camerounaises, l’onde de choc pourrait être dévastatrice. Un conflit ouvert entre la deuxième puissance démographique africaine (Éthiopie) et le phare militaire arabo-africain (Égypte) mettrait à mal la stabilité déjà fragile de l’Afrique de l’Est, de la Corne et du Sahel.
En clair : Ndayishimiye se prépare à régner sept ans de plus, mais pendant ce temps, la poudrière de l’Est africain n’a jamais été aussi proche de l’explosion.
Burundi’s Ndayishimiye to Run Again – Egypt Wages Diplomatic War on Ethiopia Over Red Sea Access
As Burundi’s ruling party picks President Évariste Ndayishimiye for a second seven-year term, Egypt is tightening its military and diplomatic grip around Ethiopia, blocking its access to the Red Sea. The Horn of Africa is on the brink.
Burundi’s CNDD-FDD party has officially designated President Évariste Ndayishimiye, 57, as its candidate for the 2025 presidential election. The former army general, who took power in 2020 after Pierre Nkurunziza’s death, thanked party members on X for their trust. The exact election date remains unknown.
Meanwhile, a far more dangerous game is playing out in Northeast Africa. According to UAE-based The National, Egypt has deployed up to 15,000 peacekeeping troops in Somalia, taken control of military facilities in Eritrea and Djibouti, and signed defense pacts with Kenya and Uganda. Cairo is also backing the Sudanese army in its civil war.
The goal? To isolate Ethiopia diplomatically and physically block its access to Red Sea ports. Egypt fears that Ethiopia’s Grand Renaissance Dam (GERD) will choke its Nile water supply. In retaliation, Cairo is building a ring of military influence around its rival.
Adding fuel to the fire: Israel reportedly recognized Somaliland’s independence last year, potentially supporting Ethiopia in any armed conflict with Egypt. Cairo denies meddling in Ethiopia’s internal affairs but has made a conditional offer: Egypt would help Ethiopia gain sea access if Addis Ababa shows flexibility on Nile water sharing. Otherwise, Egypt will use its naval and regional leverage to lock Ethiopia out.
From Bujumbura to Douala, Africa watches nervously. A full-blown Egypt-Ethiopia conflict would shatter the fragile stability of the Horn, the Sahel, and beyond.
Évariste Ndayishimiye candidat 2025, Burundi élection présidentielle 2025, barrage de la Renaissance Égypte Éthiopie, conflit Égypte Éthiopie mer Rouge, Somalie soldats égyptiens 15000, The National Égypte isole Éthiopie, Somaliland Israël reconnaissance, accès mer Rouge Éthiopie, crise du Nil Afrique, actualité Afrique journalistique camerounais, Google News Afrique, Discover trafic lourd, géopolitique Corne de l’Afrique, CNDD-FDD Ndayishimiye, guerre diplomatique Le Caire Addis-Abeba
Didier Cebas K.