Affaire Aïcha WETE : séisme judiciaire autour d’un dossier qui enflamme l’opinion
L’« affaire Aïcha Kamoise », désormais associée au nom de WETE Aïcha, expose ce que certains juristes qualifient déjà de dérives graves dans le fonctionnement de la justice camerounaise. Au cœur de la polémique : compétence juridictionnelle contestée, mandat d’amener controversé, garde à vue prolongée et soupçons d’intervention hiérarchique.
Une compétence juridictionnelle remise en cause
Selon les éléments communiqués par le cabinet de Me DJEMENI Yannick, l’affaire relèverait d’un simple délit, compétence normalement attribuée au Tribunal de Première Instance (TPI).
Pourtant, le dossier aurait initialement été traité par le Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance (TGI) du Mfoundi, juridiction considérée comme incompétente en matière délictuelle. Une situation qui soulève une première interrogation juridique majeure : pourquoi le TGI a-t-il été saisi ?
Plus troublant encore, un mandat d’amener aurait été émis à l’encontre de dame WETE Aïcha sans convocation préalable devant une unité de police ou de gendarmerie, selon ses conseils.
Revirement procédural et nouvelle audition
Après avoir finalement décliné sa compétence, le parquet du TGI aurait transmis le dossier au Parquet du Tribunal de Première Instance de Yaoundé-Centre administratif.
Le 21 avril 2026, dame WETE Aïcha y a été entendue, avant d’être reconduite à la Direction de la Police Judiciaire du Centre à Yaoundé pour une confrontation annoncée avec son ou ses accusateurs.
Problème : ces derniers résident aux Émirats Arabes Unis. Leur présence physique au Cameroun semble incertaine à court terme, rendant la confrontation hypothétique.
120 heures de garde à vue : détention abusive ?
Selon Me DJEMENI Yannick, la garde à vue de sa cliente pourrait atteindre 120 heures, malgré des requêtes formelles de mise en liberté sous caution ou sous garantie, invoquant notamment l’article 246 G du Code de procédure pénale.
Plus grave encore : le cabinet affirme que le Procureur près le TPI aurait initialement décidé de classer l’affaire sans suite le 21 avril 2026, avant qu’une intervention du Parquet Général du Centre ne conduise au maintien en garde à vue.
Ces allégations posent une question centrale : y a-t-il eu pression ou intervention hiérarchique dans un dossier délictuelle ?
Justice sous influence ?
Dans son communiqué signé à Douala le 22 avril 2026, Me DJEMENI Yannick parle sans détour de « séquestration » et dénonce une instrumentalisation des symboles judiciaires.
L’affaire dépasse désormais le cadre strictement procédural pour toucher à des enjeux plus larges :
- Indépendance de la justice
- Respect des droits de la défense
- Proportionnalité des mesures privatives de liberté
- Fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature
Dans les milieux juridiques, certains estiment qu’un débat institutionnel s’impose sur la gouvernance judiciaire et le contrôle des décisions du parquet.
Un dossier qui pourrait faire jurisprudence
L’affaire Aïcha WETE cristallise aujourd’hui un malaise plus profond autour de la confiance dans l’appareil judiciaire. Entre bataille procédurale et communication publique offensive, le dossier pourrait marquer un tournant.
Une chose est sûre : l’opinion publique suit désormais de près l’évolution de cette affaire.
Aïcha WETE Case: Judicial Controversy Rocks Cameroon
The so-called “Aïcha Kamoise case,” now centered on WETE Aïcha, has sparked serious controversy within Cameroon’s judicial system. The matter raises concerns over jurisdictional competence, contested arrest warrants, extended police custody, and alleged hierarchical interference.
Jurisdictional Dispute
According to lawyer Me DJEMENI Yannick, the case qualifies as a misdemeanor under Cameroonian law and should fall under the jurisdiction of the Court of First Instance.
However, it was initially handled by the State Prosecutor attached to the High Court of Mfoundi, which reportedly lacks jurisdiction over such offenses. This procedural irregularity has fueled criticism.
An arrest warrant was allegedly issued without prior summons to appear before law enforcement authorities.
Procedural Reversal and Extended Custody
After the High Court declined jurisdiction, the case was transferred to the Court of First Instance of Yaoundé-Centre Administratif. On April 21, 2026, WETE Aïcha was heard and subsequently referred to the Judicial Police for a confrontation with her accuser(s).
Yet, the accusers reside in the United Arab Emirates, making their presence in Cameroon uncertain.
Her lawyer claims she could reach 120 hours in police custody, despite requests for release on bail under Article 246 G of the Criminal Procedure Code.
The defense further alleges that the prosecutor had initially decided to dismiss the case before intervention from the Prosecutor General reportedly led to continued detention.
Broader Implications
The case has ignited debate over:
- Judicial independence
- Due process rights
- Proportionality of detention
- Oversight within the prosecutorial hierarchy
Observers believe the case could set an important precedent regarding prosecutorial authority and judicial governance in Cameroon.
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Viviane GEMELE