« On n’est pas une poubelle » : Washington veut délocaliser 1 100 Afghans en RDC, la polémique enfle
C’est une information qui fait l’effet d’une bombe à Kinshasa comme à Washington. Selon le prestigieux New York Times, l’administration Trump envisage de transférer en République démocratique du Congo (RDC) plus d’un millier d’Afghans ayant collaboré avec l’armée américaine pendant vingt ans de guerre. Problème : les principaux concernés disent « non », et la RDC, elle, n’a toujours pas officiellement réagi.
Des alliés de guerre devenus indésirables aux États-Unis
Ils étaient interprètes, commandos d’élite ou proches de militaires américains. Ces 1 100 Afghans, qui ont risqué leur vie aux côtés des GI’s entre 2001 et 2021, sont aujourd’hui coincés dans un camp de réfugiés au Qatar, sous contrôle américain. Une « étape temporaire » qui dure trop longtemps, depuis que Donald Trump a suspendu le programme censé les accueillir sur le sol américain.
Selon le quotidien new-yorkais, le président républicain aurait déjà entamé des discussions pour les relocaliser… en RDC. Une piste qui ressemble à un exutoire plus qu’à une solution.
« Nous refuserons de partir » : la colère gronde chez les réfugiés
Sous couvert d’anonymat, une source proche du dossier confie au NYT : beaucoup de ces Afghans ont déjà prévenu les autorités américaines qu’ils ne monteront pas volontairement dans un avion pour Kinshasa. Leur crainte ? Ne pas trouver en RDC la protection et les garanties de sécurité nécessaires.
Et ils ont des raisons de douter. La RDC, en proie à une guerre chronique dans l’Est (M23, ADF, etc.), n’est pas exactement une terre d’asile modèle. Sans oublier les tensions politiques internes et une capacité d’accueil très limitée.
Le spectre de l’attentat de Washington
Pour comprendre ce revirement américain, il faut remonter au 29 novembre 2025. Ce jour-là, un Afghan arrivé en 2021 via le programme d’accueil des alliés afghans ouvre le feu sur des gardes nationaux à 300 mètres de la Maison-Blanche. Bilan : deux gardes blessés, une militaire décédée. L’assaillant est également blessé.
Immédiatement, Kristi Noem, alors secrétaire à la Sécurité intérieure, gèle toutes les procédures d’asile. Depuis, les 1 100 Afghans du Qatar payent les pots cassés.
Et la RDC dans tout ça ?
À l’heure où nous écrivons, aucune déclaration officielle n’est venue de Kinshasa. Ni du président Félix Tshisekedi, ni du ministère des Affaires étrangères. Silence radio. Pourtant, la question est brûlante : acceptera-t-on d’être la poubelle diplomatique des États-Unis ? Ou opposera-t-on une fin de non-recevoir ?
Une chose est sûre : si le projet se confirme, il ne passera pas inaperçu. Entre opinion publique congolaise déjà sous tension et communautés afghanes potentiellement réticentes, l’équation s’annonce explosive.
En attendant, les 1 100 âmes du Qatar retiennent leur souffle. Et l’Afrique, une fois de plus, risque de servir de variable d’ajustement à une Amagne qui se dédouane.
US Plans to Relocate 1,100 Afghans to DRC – But Refugees Refuse
Trump administration eyes DR Congo as new home for Afghan allies. Refugees say no. Kinshasa silent. Read the explosive report.
“We Won’t Go”: 1,100 Afghans Face Transfer to DR Congo as US Backtracks on Promises
A bombshell report from The New York Times reveals that the United States is considering relocating more than a thousand Afghans – including interpreters, ex-commandos, and relatives of US soldiers – to the Democratic Republic of Congo (DRC).
These 1,100 individuals are currently housed in a US-run refugee camp in Qatar, meant to be a temporary stopover. But after President Donald Trump suspended the program that would have allowed them to settle in America, they remain in limbo.
An anonymous source told the NYT that many have already warned US authorities they would refuse voluntary departure to the DRC, doubting they would find adequate protection there.
The decision follows a November 2025 attack near the White House, where an Afghan national – who had entered the US under the same ally program – opened fire on National Guards, killing one soldier. In response, then-Homeland Security Secretary Kristi Noem froze all asylum procedures.
Now, Washington eyes the DRC as a potential destination. But with ongoing conflict in eastern Congo and no official word from President Félix Tshisekedi’s government, the plan faces huge uncertainty.
For now, the Afghans in Qatar refuse to go. And the DRC remains silent.
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Didier Cebas K.