Ghana – UE : l’accord qui fait peur – Accra dit « non » aux bases militaires étrangères
Ils ont signé un pacte de défense avec Bruxelles fin mars. Mais ce mardi 14 avril, le gouvernement ghanéen a remis les pendules à l’heure : pas question d’accueillir des soldats ou des bases militaires d’aucun pays étranger sur son sol. Un avertissement clair, alors que l’UE promet drones et systèmes anti-aériens au Ghana.
« L’accord ne prévoit ni bases militaires étrangères, ni stationnement de troupes sur le territoire ghanéen. » La formule du ministère ghanéen des Affaires étrangères, publiée mardi, est sans ambiguïté. Traduction : Accra veut bien l’aide de l’Europe, mais pas au prix de sa souveraineté.
Pourquoi ce coup de sang ? Officiellement, ce partenariat défense-sécurité signé le 24 mars dernier répond à des menaces bien réelles : les groupes radicaux qui déstabilisent le Sahel, et l’insécurité maritime qui gangrène le golfe de Guinée. Mais dans les couloirs du pouvoir à Accra, on ne plaisante pas avec l’indépendance.
L’UE doit livrer des drones de reconnaissance et des systèmes antiaériens. Le tout financé par la Facilité européenne pour la paix (FEP). Montant de l’enveloppe ? Secret. Ce qui ne l’est pas : le renforcement prioritaire de la frontière nord du Ghana, directement exposée aux turbulences sahéliennes.
Afrique du Sud : un super-centre de renseignement pour protéger la souveraineté
Pendant qu’Accra joue la carte de la fermeté, Pretoria muscle sa maison. La ministre à la Présidence, Khumbudzo Ntshavheni, a annoncé la création d’un Centre national de coordination des renseignements (NCIC).
Objectif : centraliser toutes les infos venues des différents services de renseignement sud-africains. « Pour protéger notre souveraineté et soutenir nos valeurs démocratiques », insiste la ministre. Une réorganisation qui fait suite aux amendements voulus par le président Ramaphosa il y a près d’un an.
Traduction : l’Afrique du Sud veut anticiper, réagir plus vite, et ne plus subir les crises les doigts dans le nez.
Kenya : l’essence flambe, les taxis aussi – et l’opposition menace
À Nairobi, ce sont les prix à la pompe qui explosent. Entre le 15 avril et le 14 mai, le litre d’essence passe de 1,17 à 1,36 euro (+16%). Le gazole grimpe de 24%, à 1,36 euro également.
Cause officielle : les tensions autour de l’Iran qui étranglent le détroit d’Ormuz. Conséquence immédiate : les taxis collectifs et l’Association des automobilistes du Kenya ont déjà augmenté les transports en commun de 25%.
L’opposition, elle, ne rigole pas : elle exige une révision de la politique d’achat de carburant, sous peine de « manifestations de masse ». Résultat : le Kenya affiche désormais les prix du carburant les plus élevés de la région, devant l’Éthiopie, la Tanzanie et l’Ouganda.
Soudan : 11.000 disparus, une « crise silencieuse » qui ronge le pays
Trois ans de guerre. 40.000 morts. 11 millions de déplacés. Et un drame qu’on ose à peine nommer : celui des disparus. Selon Daniel O’Malley, chef de la délégation du CICR au Soudan, 11.000 personnes ont contacté l’organisation pour retrouver un proche. Et ce n’est que « la partie émergée de l’iceberg ».
L’an dernier, les demandes ont bondi de plus de 40%. Le CICR a aidé à retrouver un millier de personnes. Mais la majorité des dossiers restent ouverts. « C’est un grave problème humanitaire qui détruit le tissu social », alerte O’Malley.
Ajoutez à cela 560.000 appels facilités avec les pays voisins, des experts médico-légaux sur place, et vous obtenez une guerre où l’on meurt, certes, mais où l’on disparaît aussi, sans laisser de traces.
En résumé : Le Ghana pose un acte de souveraineté assumé. L’Afrique du Sud se réorganise en profondeur. Le Kenya subit de plein fouet une crise énergétique mondiale. Et le Soudan pleure ses disparus dans l’indifférence quasi générale. L’Afrique bouge. Parfois pour se protéger. Parfois parce qu’elle n’a plus le choix.
Ghana – EU: Agreement Sparks Fear – Accra Says "No" to Foreign Military Bases
They signed a defence pact with Brussels in late March. But on Tuesday 14 April, the Ghanaian government set the record straight: no foreign soldiers or military bases on its soil. A clear warning, as the EU promises drones and anti-aircraft systems to Ghana.
"The agreement provides for neither foreign military bases nor the stationing of foreign troops on Ghanaian territory," the Ministry of Foreign Affairs said on Tuesday. Translation: Accra wants Europe’s help, but not at the cost of its sovereignty.
Why this firm stance? Officially, the defence and security partnership signed on 24 March responds to real threats: radical groups destabilising the Sahel, and maritime insecurity plaguing the Gulf of Guinea. But behind closed doors, Ghana is not joking about independence.
The EU will deliver reconnaissance drones and anti-aircraft systems, funded by the European Peace Facility (EPF). The amount? Undisclosed. What is clear: the reinforcement of Ghana’s northern border, directly exposed to Sahelian turbulence.
South Africa: A New Intelligence Hub to Protect Sovereignty
While Accra plays hardball, Pretoria is strengthening its internal security. Minister in the Presidency Khumbudzo Ntshavheni announced the creation of a National Coordination Intelligence Centre (NCIC).
Goal: centralise intelligence from all national services. "To protect our sovereignty and support our democratic values," the minister said. A reorganisation following amendments signed by President Ramaphosa nearly a year ago.
Kenya: Fuel Prices Soar, So Do Taxis – Opposition Threatens
In Nairobi, fuel prices are exploding. Between 15 April and 14 May, petrol rises from €1.17 to €1.36 per litre (+16%). Diesel jumps 24% to €1.36.
Official cause: tensions around Iran squeezing the Strait of Hormuz. Immediate consequence: public transport fares have already increased by 25%.
The opposition is demanding a review of fuel procurement policy, threatening mass demonstrations. Kenya now has the highest fuel prices in the region, ahead of Ethiopia, Tanzania, and Uganda.
Sudan: 11,000 Missing Persons – A "Silent Crisis" Eating Away at the Country
Three years of war. 40,000 dead. 11 million displaced. And a tragedy rarely named: the missing. According to ICRC’s Daniel O’Malley, 11,000 people have contacted the organisation to find a loved one. "This is only the tip of the iceberg."
Last year, requests jumped over 40%. The ICRC helped locate 1,000 people. Most cases remain open. "This is a serious humanitarian problem destroying the social fabric," O’Malley warns.
With 560,000 facilitated calls to neighbouring countries and forensic experts on the ground, Sudan’s war is one where people not only die – they vanish.
In short: Ghana makes a sovereign stand. South Africa reorganises. Kenya faces a global energy crisis. And Sudan mourns its missing in near silence. Africa is moving – sometimes to protect itself, sometimes because it has no choice.
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